Incompréhension, ambigüité, manœuvre de divisions ? La question du dialogue mérite d’être clarifiée car manifestement elle conditionne le rassemblement national contre la balkanisation du pays par la France.
Tous les Comoriens sont convaincus que la question de l’Ile comorienne de Mayotte se résoudra par le dialogue. Dialogue avec ceux qui sont les responsables de la séparation, ceux qui agissent pour la sécession de Mayotte, à savoir le gouvernement français et ceux qui dirigent Mayotte.
Le problème vient du fait que la France ne veut discuter que de coopération entre voisins et que les dirigeants maorais posent un préalable à toute discussion : accepter le choix de Mayotte à demeurer dans la République française. Inacceptable ! Dialogue impossible pour l’instant. Dans ces circonstances le dialogue se ramène au comment amener la France et les dirigeants maorais à des négociations sur la question de fond : l’indépendance inachevée des Comores. C’est à cette question que doit répondre la stratégie comorienne.
Et de ce point de vue, les seules armes dont disposent le pays, ce sont les instances internationales. Que les résolutions de l’ONU, les condamnations de la politique française aux Comores par des nombreuses organisations internationales Union Africaine, Ligue arabe, diverses conférences n’aient pas permis d’arriver au but recherché ne signifie nullement que ces prises de position soient improductives. Loin de là. N’est ce pas là que résident la base des principaux arguments relatifs à l’unité du pays ! On devrait plutôt s’interroger sur l’usage de cette arme ? Depuis 1995, la question de l’île comorienne Mayotte ne figure plus à l’ordre du jour des AG de l’ONU par la faute de dirigeants comoriens, résultat la « départementalisation » de Mayotte n’a pas été formellement condamnée comme il se devait par la communauté internationale ! Comment ne pas faire le rapprochement avec l’instauration du visa Balladur à la même période et l’initialisation du processus de départementalisation de Mayotte? La participation des jeunes maorais en tant qu’entité distincte des Comores aux jeux des Iles de l’Océan Indien a lézardé la solidarité des pays de l’Océan Indien envers notre pays et favorisé la départementalisation de l’île comorienne. Depuis bien longtemps, le pays a baissé les bras. Le président Sambi s’est illustré par ses déclarations mais la pratique ne suivait pas.
La départementalisation réussie sans dommage, la France engage une autre bataille anti comorienne : faire de Mayotte une Région Ultra Périphérique de l’Europe. Le gouvernement aurait commencé la riposte puisque le ministre de l’éducation nationale dans une émission à l’ORTC du 11 novembre 2011 a révélé que les autorités du pays ont saisi par lettre le président de la Commission Européenne et chaque pays de l’UE. Des lettres qui n’ont rien de secret et qui devraient être publiées pour accroître leur impact. La diplomatie combine judicieusement le secret et le public.
Le pays dispose d’un formidable moyen de pression sur la France. Face à la disparition tragique dans le bras de mer Anjouan – Mayotte de plus de 1% de la population comorienne, le Comité Maore a proposé au Gouvernement de porter plainte contre le Gouvernement français devant la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’Humanité. Une initiative qui mettrait en émoi la France entière.
Comment exercer des pressions sur la France pour faire échec au RUP, obtenir l’abrogation du visa Balladur, voilà la question qui se pose au pays et ce ne sont pas des lapalissades générales sur le pragmatisme d’une diplomatie secrète qui permettront d’enjamber la question ou pire encore de cacher une capitulation honteuse.
Idriss (19/11/2011)
Une de ces grandes messes dont le pouvoir Azali a le secret. L’objectif est toujours le même : s’autocongratuler, méthode Coué classique et, peut-être surtout, mystifier la population. Rapprocher la situation du pays en 1975 à celle de 2025, conférait une « fierté nationale », une glorification du chemin parcouru. Penser donc, à peine une dizaine de médecins en 1975 et plusieurs centaines aujourd’hui. Un progrès indéniable mais pour quels résultats. La sanction ne se trouve-t-elle pas dans les multiples voyages sanitaires des citoyens, en commençant par les gouvernants eux-mêmes. 100% de scolarisation, une prouesse mais sabotée par la politique éducative, programme formant des étrangers (voir la Thèse de l’éminent anthropologue comorien Damir Ben Ali ( http://www.damirbenali.com ), par les établissements publics délabrés, par la place et le rôle du privé dans le système éducatif. Tout y est passé pour illustrer des grandes avancées : électricité, eau, infrast...
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