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REFORMER OU REVOLUTIONNER

 La guerre israélo américaine contre l’Iran n’est pas qu’un conflit régional : elle révèle la faillite d’un ordre mondial où les puissants imposent la loi de la force. Pour les Comores, la flambée des prix et les perturbations maritimes pèsent lourd dans la vie quotidienne. Comment en sortir, par la réforme ou par la révolution ? Telle est la question essentielle qui se pose aux acteurs politiques et économiques.

Un monde régi par la loi du plus fort

L’ordre mondial issue de la Seconde Guerre mondiale, s'est drapé dans des valeurs universelles, égalité des pays, démocratie, paix, droits de l'homme, etc. Mais en réalité les gagnants de la deuxième guerre mondiale ont construit un monde fondé sur leurs intérêts érigés en lois, en pratique sur le rapport de force.

La structure de l’'Organisation des Nations Unies le révèle crument. Un Conseil de Sécurité placé au-dessus de l’Assemblée générale, un droit de véto qui permet à un de ses cinq membres de tout bloquer, voire même piétiner la Charte de l’ONU.

Puis la loi sur la détention de l’arme nucléaire. Seuls les cinq pouvaient en disposer puisque le traité de non-prolifération était censé interdire aux autres pays de s’en doter. Sauf que certains membres du CS ont subrepticement aidé certains à s’en doter comme l’atteste le cas d’Israël.

Ainsi donc au lieu de pousser vers le désarment l’ordre mondial a cheminé vers une course à l’armement nucléaire. Résultat durant des décennies la « paix » reposait sur un « équilibre de la terreur » entre deux clans, celui des USA et celui de l’URSS

L'Afrique sous tutelle et la continuité coloniale

Cet ordre mondial s’exprime avec une brutalité particulière sur le continent africain. Les grandes puissances occidentales, la France en tête, ont installé des dirigeants dociles au service de leurs intérêts quitte à recourir à des mercenaires, assassiné en masse les patriotes africains.

L'exemple des Comores illustre ce néocolonialisme agressif.

Un putsch moins d’un mois après la déclaration d’indépendance. Plus d’une dizaine d’années de règne des mercenaires dirigés par Bob Denard.

Malgré des dizaines de résolutions de l'ONU (1975 – 1995) confirmant son appartenance à l'Union des Comores, l'île de Mayotte reste occupée par la France. Le visa Balladur instauré en 1995 par la France entre Mayotte et les autres îles, tue des milliers de Comoriens chaque année, sans susciter la moindre réaction internationale. Et pourtant on compte aujourd’hui plus de trente mille Comoriens morts et/ou disparus sur le bras de mer Anjouan – Mayotte pour une population de près d’un million de personnes, cela représente près de trois pour cent, un quasi génocide ignoré.

Un monde en pleine déliquescence

L’implosion de l’URSS en 1989 inaugura un règne sans partage de l’occident. Aucune entrave aux pires exactions pour piller les pays. Les deux poids deux mesures devinrent la règle. Les exactions ne se limitaient plus aux petits pays. Le système des sanctions s’amplifia étouffant tout pays non docile. Les terroristes succèdent aux mercenaires.

Dans un premier temps, les impérialistes occidentaux se paraient de mandat de l’ONU. Le gros mensonge des USA qui servit de prétexte à envahir l’Irak ainsi que la destruction de la Lybie par l’OTAN pour y défendre la démocratie restent en travers de la gorge des peuples.

Avec Trump et Netanyahou il n’est même pas question de masque. Leur alliance a contribué à banaliser une gouvernance mondiale fondée sur la loi de la puissance militaire. Génocide du peuple palestinien. Bombardements israéliens du Liban. Enlèvement du président du Venezuela. Blocus qui étrangle Cuba. Menaces de ramener l’Iran à l’âge de la pierre. Une logique de domination, de punition et de chantage stratégique. La diplomatie a cédé le terrain à l’intimidation impériale

Par ailleurs, la guerre contre l’Iran a engendré une montée des prix de l’énergie et frappe les échanges internationaux. Une crise économique accentuée par les menaces de blocage du détroit d’Ormuz. Pour de nombreux pays, cette nouvelle flambée des tensions signifie une hausse du coût de la vie, une pression accrue sur les importations, un avenir économique plus incertain voire même une menace de famine

Refonder ou réformer l’ONU ?

La voie la plus crédible n’est pas de renoncer à l’ONU, mais de la refonder de l’intérieur en commençant par ce qui bloque toute justice internationale, à savoir le veto, la représentativité et l’impunité des puissants.

Difficile pourtant d’envisager une refonte fondamentale de l’ONU. Les détenteurs du droit de véto la bloqueront. L’exemple de l’élargissement du Conseil de sécurité à des membres permanents africains, asiatique et sud-américains s’est heurté à la condition imposée par les cinq de les priver du droit de véto.

Le changement pourrait-il venir du Sud Global ? Les BRICS pourraient-ils constituer une alternative ? Mais alors il faudrait que les pays échappent à la politique d’influence des impérialistes occidentaux, s’unissent et pèsent fortement sur la gouvernance de l’ONU. Sans cette rupture, pas de salut.

Une voie de souveraineté pour les Comores

Dans l’environnement actuel, un petit pays comme les Comores se trouve pris au piège d'une dépendance totale. Sans pétrole, sans agriculture capable de nourrir la population, la plus légère perturbation du commerce mondial menace directement la survie économique et alimentaire du pays.

L’issue d’une telle situation dramatique peut-elle venir de gouvernants comoriens inféodés à l’impérialisme français.

Incontestablement, la voie de la révolte populaire et de la reconstruction économique autonome apparaît comme la seule voie de salut du pays. Il faut révolutionner la base matérielle de la société comorienne. Il faut mobiliser la paysannerie, redonner un sens productif à la terre, et garantir la sécurité alimentaire. Le pays importe près de 70% des denrées alimentaires (FAO 2025), ne dispose pas d’infrastructure de stockage. La suspension prolongée de transport maritime fera peser au pays un risque de famine. Il est urgent de sensibiliser le pays et de mobiliser pour une stratégie agricole volontariste.

Malheureusement cette orientation n’est portée par aucune force politique.

Les élites nationales singent les partis occidentaux, reproduisent des formes politiques hors sol. Comment croire que des propositions d’aménagement du budget au pouvoir Azali mènera quelque part. Cela détourne la jeunesse de la question essentielle : comment vivre libre, produire et décider par soi-même.

L’alternative est claire. Réformer sans toucher aux structures de domination, c’est prolonger la dépendance. Se saisir de la crise actuelle pour nourrir la révolution, c’est redonner au peuple la maîtrise de ses ressources, de ses choix et de son avenir. Dans un monde qui se durcit, cette rupture n’est pas une idée abstraite : elle devient une condition de survie.

Idriss (09/04/2026

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