mercredi 22 février 2012

LA CORRUPTION SUR LES ROUTES


Elle progresse sur les infrastructures routières à visage découvert et défi le pays non sans arrogance. Il faut dire qu’il y a de quoi faire saliver ses adeptes de tout poil. Selon les informations qui circulent dans la presse (AlWatwan- Magazine n°12 a délivré un bon dossier) il faut compter 12 milliards du fonds de la citoyenneté, 5 milliards de la conférence de Doha, 11 milliards du fonds saoudien, 13 milliards du 10ème FED. Soit 41 milliards sans inclure l’hypothétique contribution de la mystérieuse Fondation Fatma.
Il faut dire aussi que le flou artistique qui prévaut dans la gestion de cette manne financière ouvre toutes les portes à toutes les magouilles possibles et imaginables. Comme circule la rumeur, des étrangers vont amasser des fortunes et s’en aller alors que les Comoriens haut placés recevront quelques miettes.
Comment peut-on sérieusement lancer un investissement supérieur au budget de la nation sans appel d’offre international ? Comment peut-on faire face aux projets envisagés sans des structures projets nationaux, bien identifiés, responsables devant le pays de l’usage de l’argent et de la qualité des routes qui seront livrées ? Et il paraîtrait que Colas emporterait tous les marchés en étant trois fois plus cher qu’une entreprise turque ; que la SECMO serait l’unique bureau d’étude élu, etc. ? On a l’impression que chez nous, il n’y a aucune limite à la concussion et à la prévarication.
Autre aspect, tout autant important dans la gestion de ces projets : les retombées nationales à travers l’implication des sociétés nationales du domaine qui doivent pouvoir s’enrichir, grandir, gagner en compétences et les travailleurs comoriens qui doivent pouvoir trouver du travail. C’est ainsi que des pas concrets seront franchis dans la lutte contre la pauvreté.
La lutte contre la corruption, loin de prendre corps, semble s’ankyloser dans les intentions (démagogiques pourrait-on supputer). Après plusieurs mois d’existence, rien n’indique que la fameuse Commission de lutte contre la corruption est entrain de devenir une arme efficace contre la corruption. Au contraire elle apparaît de plus en plus comme un nuage de fumée autour des corrupteurs et des corrompus. La corruption poursuit donc son bonhomme de chemin, tranquillement. Elle surfe librement, au vu et au su de tous, sur les routes du pays. Idriss (22/02/2012)

mardi 24 janvier 2012

Le satisfecit du Gouvernement !?


Séminaire gouvernemental à la fin de la semaine dernière pour apprécier l’activité menée durant les premiers six mois du Président Ikililou. Démarche louable qui malheureusement a tourné court. Car même si, comme le Président l’a reconnu dans son intervention télévisée de clôture du séminaire, les indicateurs de mesure des résultats obtenus manquaient, le gouvernement s’est néanmoins félicité et revendiquerait plus de 90% de réalisation de son « programme », un secret (le programme n’a pas été publié) bien gardé !
Ceux qui nous gouvernent seraient-ils des sourds-muets-aveugles ou vivraient-ils dans une bulle hors de l’espace et du temps comorien !? Comment un Gouvernement peut-il se satisfaire d’une situation marquée par des multiples pénuries (carburants, riz, sardines, eau minérale, etc.), par une production d’énergie insignifiante qui pénalise le pays, par ces innombrables difficultés de déplacements inter îles, etc. etc.
Quels résultats tangibles obtenus en six mois dans l’éducation, la santé ? Sait-on que Mitsamihuli, une des dix premières villes du pays n’a pas d’école primaire ? Ignore-t-on qu’une personne est décédée à El Maarouf faute de soins aux urgences, etc. etc. Le pays continue à tout importer et aucune unité de production dans quelque secteur que ce soit n’a vu le jour malgré les proclamations d’intentions de l’Agence Nationale de Promotion des Investissements. Le ministre de l’intérieur, homme éduqué sous la dictature des mercenaires, s’est permis de menacer la liberté de la presse dans ses vœux sans que cela choque qui que ce soit ! La France est entrain de faire de Mayotte une Région Ultra Périphérique européennes sans que le pays sache la réaction comorienne à la politique anti comorienne de la France ?
Un Conseiller du Président, s’est déployé à la télévision nationale pour nous convaincre des résultats obtenus. Et il n’y est pas allé de main morte en matière de réalisations. Mise en place de la Cour Suprême, de la Commission contre la Corruption, du Conseil d’Administration d’El Marouf, promesse d’un avion pour assurer les déplacements inter îles ! Et puis des dizaines de kilomètres entrain d’être goudronnées, un port de plaisance sorti de nulle part, en plein centre de la capitale, une signature avec un opérateur arabe qui aurait mis sur la table quelques 75 milliards pour renflouer MAMWE. Et cerise sur le gâteau, découverte de pétrole et de gaz qui auraient commencé à nous rapporter « mwashintru ». Une rengaine bien connue chez nous que le « relais qui rassure » continue à faire entonner. Il y a néanmoins une nouveauté : on ne parle plus de Mayotte et notre Conseiller a « oublié » de faire le bilan de la nouvelle orientation sur cette question fondamentale pour notre pays. Le Président Ikililou donne l’impression de s’attacher à la démarche en oubliant le contenu. Pire le sentiment de sincérité qu’il dégageait au début de sa prise de fonction s’effiloche au fil des nominations aux postes de responsabilité; car non seulement il ne respecte pas la loi en matière de désignation des DG des sociétés publiques mais aussi parce qu’il s’appuie sur les mêmes critères clientélistes et/ou de proximité. Et comment appréhender le manque d’énergie et de célérité dans le traitement des multiples affaires de détournement de fonds publics, et ces peines qui laissent perplexe : on substitue des centaines de millions et on est puni d’une amende de quelques dizaines de millions même s’il y a emprisonnement ! Résultats : désillusion généralisée. Reste à savoir si le Président Ikililou a les capacités d’ouvrir les yeux sur la catastrophe nationale qui s’annonce et s’il pourra redresser la barre. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter au pays. Idriss (23/11/2012)

lundi 16 janvier 2012

Les vœux du COMITE MAORE

Le Comité MAORE adresse à tous, ses meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2012 ; puisse notre pays accomplir des pas conséquents dans la voie de son unité et de son édification nationales. L’année 2012 s’annonce difficile. Le nécessaire large front uni national de tous les Comoriens derrière le pouvoir pour défendre l’intégrité territoriale du pays a du mal à prendre forme. L’attitude du gouvernement devient de plus en plus illisible. Le Président a soutenu le 12 novembre 2011 mais les membres du gouvernement ont boycotté la célébration officielle du Palais du Peuple. A la télévision nationale le 11 novembre 2011, le ministre de l’éducation nationale a dénoncé la politique française visant à faire de Mayotte une Région Ultra Périphérique (RUP) de l’Europe, il a même annoncé que le gouvernement comorien avait saisi les dirigeants de l’Union Européenne et les pays européens et depuis rien. Certains émettent même des doutes sur la véracité de la déclaration publique du ministre. Pire encore, dans ses vœux 2012, le Chef de l’État a oublié nos compatriotes maintenus sous domination coloniale, ce qui a choqué bien de Comoriens. Des rumeurs persistantes spéculent sur l’accord de coopération Comores France qui n’est toujours pas rendu publique. Elles font état de manœuvres françaises de transformation de la Commission de l’Océan Indien en un regroupement d’îles afin de faire une place à son 101ème département dans notre Région car Mayotte « française » peine à intégrer la COI, on l’a encore vu aux Seychelles, lors des derniers jeux des îles. Face à l’activisme français, nos gouvernants restent étrangement de marbre. Diplomatie secrète ou capitulation que l’on cherche à couvrir du sceau de la diplomatie ? Une chose est en tout cas clair, sans un combat vigoureux qui combine judicieusement toutes les voies, les dirigeants français et leurs affidés maorais ne viendront pas à la table de négociation. Au contraire, ils ont les coudées franches pour progresser dans la voie de la séparation. C’est dans ce contexte que le panneau central du Comité Maore, place de l’indépendance, a été démoli. « MAYOTTE EST COMORIENNE ET LE RESTERA A JAMAIS », un panneau devenu un monument, un panneau qui a fait le tour du monde, qui nargue les prétentions française à annexer l’île comorienne, un panneau qui souligne la fierté nationale des Comores. Eh bien, des nervis l’ont mis à terre. Ce n’est pas la première fois. Il avait été arraché sous Azali. Il l’est encore aujourd’hui sous Ikililou. Ceux qui ont accompli ces forfaits sont connus. Ce ne sont pas les mêmes, mais ce sont toujours des nervis, en service commandé par des sous fifres des régimes en place. L’Histoire du monde nous enseigne que lorsqu’un pays est dominé par un autre, il se trouve toujours des traîtres pour travailler avec l’ennemi. Mais l’Histoire nous enseigne aussi que ces collaborateurs finissent mal. Les traîtres et collabos comoriens connaîtront le même sort que leurs prédécesseurs français qui s’étaient acoquinés avec les nazis. Le panneau « refleurira ». Nous le remettrons en place. Nous allons en fabriquer plusieurs pour orner notre capitale et narguer les « faux amis » de la France et les français antis comoriens. « MAYOTTE EST COMORIENNE ET LE RESTERA A JAMAIS », qu’ils se le disent. Moroni le 12 janvier 2012

samedi 31 décembre 2011

2012 : L’ANNEE DU SURSAUT NATIONAL !?


Les salaires sont payés mais le spectre des mois impayés n’a pas disparu pour autant. Car les problèmes ne sont pas réglés, tant s’en faut. Le patron des finances n’est préoccupé que par les critères du FMI car à ses yeux la suppression de la dette du pays passe avant tout.

Le président IKILILOU déconcerte. Il innove avec les lettres de missions adressées à chaque ministre mais l’orientation fut tellement générale, aucun objectif précis, aucun indicateur de mesure de l’activité des départements et bien évidemment tout cela est vite oublié. On aimerait croire à la lutte contre la corruption. Mais il y a tellement d’incohérences et cette justice comorienne qui se noie dans ses difficultés de tous ordres et qui inspire si peu de confiance. Le pouvoir semble désorienté face à la complexité du redressement du pays et les choses « vont comme ils vont », comme d’habitude !

Le président IKILILOU inquiète. « Le relais qui rassure » a complètement changé d’orientation sur la question fondamentale de l’île comorienne de Mayotte. Le pouvoir a poussé son aveuglement jusqu’à boycotter la célébration de la journée nationale MAORE, le 12 novembre dernier. La France s’en est réjouie et n’a pas manqué de féliciter le nouveau pouvoir et continue, les mains libres, à travailler pour faire de l’île comorienne une Région Ultra Périphérique (RUP) européenne. La déclaration à la télé nationale du Ministre de l’Éducation Nationale le 11/11/2011 suivant laquelle, le pouvoir avait adressé des lettres aux autorités européennes et aux dirigeants des pays européens apparaît comme une fable, une simple déclaration circonstancielle à usage interne. D’autant qu’elle est restée secrète et qu’elle n’est suivi de rien.

Et le pays s’enfonce de plus en plus dans la misère et le désarroi. On a sauvé la « rentrée scolaire » mais les problèmes sont là, l’enseignement public est sinistré et sans perspectives tandis que le privé, livré à lui-même, est miné par l’appât du gain. On a changé les Directeurs Généraux sans aucune sanction et on en a nommé d’autres suivant les mêmes critères clientélistes et on est réparti pour un tour, comme d’habitude. Et la galère quotidienne des « en-bas-de-en-bas » contraste avec le luxe insolent des « en-haut-de-en-haut ».

Quels vœux donc pour l’année qui commence sinon espérer un sursaut national. Que ceux qui sont dégoutés par une classe politique qui cherche le pouvoir pour le pouvoir et/ou pour le gérer à la petite semaine pour remplir leurs poches se rassemblent ; qu’émerge enfin une vraie opposition constructive, une alternative à ces pouvoirs qui se succèdent depuis plus de 30 ans au détriment de notre pays. Il faut construire un large rassemblement des progressistes sur une plateforme claire et un programme de gouvernement crédible pour sortir notre pays du gouffre. Alors l’année 2012 sera une bonne et heureuse année pour le pays.
Idriss (31/12/2011)

samedi 24 décembre 2011

ADRESSE AUX CANDIDATS AUX PRESIDENTIELLES FRANCAISES

Adresse aux candidats aux présidentielles pour les sensibiliser sur l'ampleur de la catastrophe humanitaire qui se déroule sur le bras de mer Anjouan - Mayotte et qui a vu 1% de la population comorienne disparaître à cause du visa Balladur. Ci-dessous le texte de présentation du dossier qui est composé de plusieurs documents d'origines diverses.

AUX COMORES, « LE VISA BALLADUR » TUE !

Une situation extrême
Le maintien de Mayotte sous administration française crée une instabilité chronique dans la sous-région de l’Océan indien, tout particulièrement dans l’Archipel des Comores. Une instabilité aggravée par l’érection de Mayotte en département français. Ainsi, par un spécieux tour de passe-passe, de victimes, les Comoriens non originaires de Mayotte, y ont mué par le bon vouloir du « visa Balladur », en immigrés clandestins, objets d’expéditions punitives, de rafles, suivies d’expulsions abusives et au mieux taillables et corvéables à merci. Des Comoriens qui ont pourtant en partage, le même peuplement, la même culture,les mêmes traditions, la même religion… le tout scellé par des liens familiaux tissés, bien avant la colonisation, d’un bout à l’autre de l’archipel.

Le « visa Balladur » semeur de trouble
Avant l’instauration du visa Balladur en 1995 (une décision du Gouvernement Balladur sous la présidence de M. Mitterrand), les Comoriens se déplaçaient sans encombre entre les 4 îles, à bord de plus frêles embarcations que celles d’aujourd’hui, en arrivant à bon port sains et saufs. . Il en va tout autrement depuis que les Comoriens non maorais, doivent obtenir, avant de se rendre à Mayotte, un hypothétique visa français, délivré au compte goutte, après être passés sous les fourches caudines des tracasseries de l’administration française Dans cette crispation sécuritaire à tout crin, l’application à Mayotte du « visa Balladur » se révèle être une mesure anxiogène génératrice de troubles. Ceux qui y vivaient ensemble dans l’harmonie, avant l’instauration du « visa Balladur », se trouvent aujourd’hui divisés, noyés dans une campagne de haine, de xénophobie et d’ostracisme qui ne semble gêner personne.

Le « visa Balladur » provoque une catastrophe humanitaire
Selon des sources officielles françaises, chaque année, les effectifs des expulsions sont en constante augmentation, jusqu’à dépasser les 20 000 par an, en violation de l’Article 7 du Statut de Rome, qui qualifie de « crime contre l’humanité », tout déplacement forcé de population à l’intérieur d’un même territoire. Et qui plu est, dans des conditions épouvantables, sans aucune forme de respect des lois françaises. Une incongruité doublée d’un déni de justice qui ont conduit des journaux français, à qualifier le Centre de rétention administrative de Mayotte, de honte de la République. A ce sujet, aussi bien la presse locale que nationale n’ont pas manqué de faire écho aux rapports des associations de la société civile et de la commission parlementaire française sur les vedettes de la police de l’air et des frontières de Mayotte, qui tous feux éteints, n’hésitent pas parfois, à couler les rafiots en grandes surcharges, avec tous les risques encourus. Toujours est-il, que l’on dénombre plus de 10.000 morts et disparus sur le bras de mer Anjouan/Mayotte, devenu le plus grand cimetière marin au monde, ayant donc englouti plus d’un Comorien sur 100 depuis l’instauration du « visa Balladur ». Un drame humanitaire qui ne peut laisser indifférent !

Abrogation du « visa Balladur »
Il serait conforme à la stature et à l’image de la France, le pays des Déclarations des droits de l’Homme et de surcroît, membre permanent du Conseil de sécurité, que les personnes qui aspirent à occuper les plus hautes fonctions de ce pays, veuillent bien se pencher sur ce drame humain induit par le « visa Balladur » et qui interpelle la conscience du monde. Plus de 10 000 morts en mer à cause d’un visa illégal qui fait entrave à la libre circulation entre les îles de l’archipel des Comores, c’est intolérable. Il est du devoir de toute personne éprise de paix, de liberté et de justice de bien se garder d’attiser les ressentiments, les dissensions ni les divisions, mais plutôt de favoriser l’entente, le rapprochement, la solidarité et le vivre ensemble, entre Comoriens des 4 îles. Et la levée du « visa Balladur » mortifère est un préalable ! Ce 20 / 12 / 2011
Le Collectif des Associations Comoriennes
- à Paris, SAID HASSANE JAFFAR < shjaffar@yahoo.com >
- à Moroni, IDRISS MOHAMED < idriss@comoresinformatique.com>
- à Dzaoudzi, MOHAMED NABHANE < nabhanell@yahoo.fr >

dimanche 20 novembre 2011

Quel dialogue sur Mayotte ?

Incompréhension, ambigüité, manœuvre de divisions ? La question du dialogue mérite d’être clarifiée car manifestement elle conditionne le rassemblement national contre la balkanisation du pays par la France. Tous les Comoriens sont convaincus que la question de l’Ile comorienne de Mayotte se résoudra par le dialogue. Dialogue avec ceux qui sont les responsables de la séparation, ceux qui agissent pour la sécession de Mayotte, à savoir le gouvernement français et ceux qui dirigent Mayotte. Le problème vient du fait que la France ne veut discuter que de coopération entre voisins et que les dirigeants maorais posent un préalable à toute discussion : accepter le choix de Mayotte à demeurer dans la République française. Inacceptable ! Dialogue impossible pour l’instant. Dans ces circonstances le dialogue se ramène au comment amener la France et les dirigeants maorais à des négociations sur la question de fond : l’indépendance inachevée des Comores. C’est à cette question que doit répondre la stratégie comorienne. Et de ce point de vue, les seules armes dont disposent le pays, ce sont les instances internationales. Que les résolutions de l’ONU, les condamnations de la politique française aux Comores par des nombreuses organisations internationales Union Africaine, Ligue arabe, diverses conférences n’aient pas permis d’arriver au but recherché ne signifie nullement que ces prises de position soient improductives. Loin de là. N’est ce pas là que résident la base des principaux arguments relatifs à l’unité du pays ! On devrait plutôt s’interroger sur l’usage de cette arme ? Depuis 1995, la question de l’île comorienne Mayotte ne figure plus à l’ordre du jour des AG de l’ONU par la faute de dirigeants comoriens, résultat la « départementalisation » de Mayotte n’a pas été formellement condamnée comme il se devait par la communauté internationale ! Comment ne pas faire le rapprochement avec l’instauration du visa Balladur à la même période et l’initialisation du processus de départementalisation de Mayotte? La participation des jeunes maorais en tant qu’entité distincte des Comores aux jeux des Iles de l’Océan Indien a lézardé la solidarité des pays de l’Océan Indien envers notre pays et favorisé la départementalisation de l’île comorienne. Depuis bien longtemps, le pays a baissé les bras. Le président Sambi s’est illustré par ses déclarations mais la pratique ne suivait pas. La départementalisation réussie sans dommage, la France engage une autre bataille anti comorienne : faire de Mayotte une Région Ultra Périphérique de l’Europe. Le gouvernement aurait commencé la riposte puisque le ministre de l’éducation nationale dans une émission à l’ORTC du 11 novembre 2011 a révélé que les autorités du pays ont saisi par lettre le président de la Commission Européenne et chaque pays de l’UE. Des lettres qui n’ont rien de secret et qui devraient être publiées pour accroître leur impact. La diplomatie combine judicieusement le secret et le public. Le pays dispose d’un formidable moyen de pression sur la France. Face à la disparition tragique dans le bras de mer Anjouan – Mayotte de plus de 1% de la population comorienne, le Comité Maore a proposé au Gouvernement de porter plainte contre le Gouvernement français devant la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’Humanité. Une initiative qui mettrait en émoi la France entière. Comment exercer des pressions sur la France pour faire échec au RUP, obtenir l’abrogation du visa Balladur, voilà la question qui se pose au pays et ce ne sont pas des lapalissades générales sur le pragmatisme d’une diplomatie secrète qui permettront d’enjamber la question ou pire encore de cacher une capitulation honteuse. Idriss (19/11/2011)

vendredi 4 novembre 2011

REVOLUTIONNER L’EDUCATION NATIONALE

La grève perdure et semble se durcir. Le temps s’écoule sans reprise des cours, près d’un mois après la rentrée des privés, le public reste fermé. Cela, bien évidemment, suscite l’émoi, chacun y va de son commentaire sur l’éducation, des notables s’en mêlent. Entre d’un coté un ministère qui n’a rien de bien tangible à proposer et qui n’a pas respecté des engagements antérieurs et de l’autre coté des syndicalistes campés sur leurs positions et qui exigent des garanties impossibles à fournir, le dialogue de sourds risque de durer longtemps, voire de conduire à des situations difficiles à imaginer à priori. Les choses sont bien mal engagées du fait de l’étroitesse des revendications des enseignants. Bien sûr que le salaire est important, bien sûr qu’il faut se bagarrer pour se faire payer, surtout quand on voit la gabegie des « en-haut-de-en-haut ». Mais limiter les revendications au seul salaire ferme les horizons, ne permet d’appréhender l’ampleur de la question de l’éducation nationale, isole la corporation enseignante indexée de gagner sa vie dans le privé au détriment des enfants du public qui eux n’ont aucun recours. Il faudrait à l’occasion de cette grève légitime poser sérieusement la question de l’enseignement aux Comores, il ne s’agit pas de ces messes dont sont friands les experts internationaux, spécialistes de l’aide au développement. Non, il faut une approche uniquement comorienne qui s’inspirera des acquis de toute l’Humanité. L’enseignement aux Comores est une véritable catastrophe nationale. Le tableau de bord 2006-2007 qui nous sert de référence dans tous les chiffres de cet article est parlant. Premier indicateur : de 94,8% de scolarisation au primaire, on tombe vertigineusement à 40,1% pour le collège et à 30,7% au lycée. Plus de 50% rejetés par le système. Deuxième indicateur lié au précédent : les taux de réussite aux examens. 1996 2007 6ème 44% 47% BEPC 23% (1997) 29% BAC 21,37% 21,2% Et pourtant le nombre et la qualité des enseignants progressent Enseignants du primaire Qualification 1996 2007 CAP 184 1611 CAE 483 525 BAC-BEPC 517 837 CG ( ?) 305 201 Autres 19 379 Et c’est encore plus vrai dans le secondaire où le nombre de DEA est passé de 22 à 51 alors que les maitrises ont bondi de 45 à 418. Pourquoi donc cette descente aux enfers ? La grève montre que les enseignants sont réellement démotivés par leur situation matérielle, par l’absence de considération du noble métier d’enseignant, par l’inadéquation de l’enseignement au contexte national, etc. La société ne les entend pas. Ces grèves qui ont coulé l’enseignement public devraient être considérées comme des cris de détresse d’une profession en danger. C’est cette mise en avant du seul salaire qui empêche le pays d’entendre. A la décharge des enseignants, il faut dire qu’il y a de quoi se révolter, pas seulement pour l’irrégularité. Ci-dessous le tableau des salaires moyens Public Privé Primaire 35 700 66 676 Collège 88 200 104 380 Lycée 114 212 162 966 Comment, avec un tel niveau de salaire, le pays peut-il croire un seul instant, se payer un enseignement de qualité. Comment ne pas comprendre l’acharnement des enseignants sur cette question des salaires. Il n’y a pas si longtemps un article révéla qu’un simple directeur à Comores Télécom gagnait presqu’un million !? Pendant que notre enseignant est loin de cent mille francs. Un scandale dans un pays sans boussole. Il faut vraiment avoir la foi pour enseigner dans ce pays. En 2001, le budget de l’éducation nationale était de six milliards. Si on gérait bien cet argent, si on se fixait des objectifs réalistes, on pourrait déjà renverser la tendance à l’irresponsabilité et à la prime à l’incurie. Sans oublier que ce budget pourrait être augmenté de façon volontariste en fonction des priorités du pays. Il faudrait des vraies assises nationales avec des experts comoriens. C’est à nous de définir le parcours de l’enfant comorien, le niveau de connaissances à acquérir à chaque étape. C’est à nous de définir le contenu de l’enseignement. Non aux feuilles de route générales remplies de lieux communs, il faut une politique concrète qui fixe des objectifs précis pour des périodes spécifiées, qui recueille l’adhésion pour ne pas être soumis aux aléas politiciens. Il ne faudrait pas calfater, obtenir l’ouverture des écoles et continuer cette dynamique infernale qui condamne les jeunes générations. Un vœu, une prière : puisse cette grève si douloureuse conduire à un sursaut national, il faudrait révolutionner l’éducation nationale. Idriss (04/11/2011)