jeudi 2 juillet 2009
Réagir face à la catastrophe nationale
lundi 15 juin 2009
EL MAAROUF : un chancre sur le visage du pays !
D'abord les dirigeants qui se sont succédés à la tête du pays. Tous sans exception, ceux qui sont passés et ceux qui terminent leur mandat. La situation d'EL MAAROUF illustre leur incurie, leur irresponsabilité et les condamnent sans réserve. Et pourtant l'argent a coulé à flots ! Durant ces vingt dernières années les soutiens des partenaires bi et multilatéraux sont innombrables. Des beaux bâtiments entrain de tomber en ruines ! Les experts se sont bousculés au chevet d'EL MAAROUF. Rien, rien de rien ! On a eu droit comme il est d'usage, à ces fameux "séminaires-défoulement" si onéreux et si infructueux qui font la "une" de l'actualité et durant lesquels les consultants se congratulent sur la qualité de leurs rapports. Ensuite les médecins. Réduits à la misère dans la fonction publique, ils se sont tout naturellement retrouvés sur le terrain du privé. Et là les brebis galeuses se sont imposées, elles multiplient les dérives, d'autant plus que l'Etat impotent est incapable d'exercer le moindre contrôle. Il est de notoriété publique que des médecins qui ont pignon sur rue, pratiquent des prix exorbitants, recrutent leurs clients à EL MAAROUF même, usant parfois de pratiques ignobles, parvenant même à réduire EL MAAROUF à un mouroir pitoyable. Enfin les citoyens, tout un chacun. Fatalisme d'un autre âge, perte de confiance en l'avenir du pays ! Comme dans l'enseignement, chacun se satisfait de la situation et cherche des solutions personnelles : partir à l'étranger. Il y a ceux qui vont en France à la plus petite douleur, ceux qui vont à Maurice/la Réunion quand ça va mal, ceux de plus en plus nombreux qui vont en Tanzanie ou à Madagascar et la multitude qui à défaut se consolent sur la puissance du bon Dieu, maître de tous les destins.
Comment en sortir !? Un cadre de grande envergure du pays, professionnel de la santé, s'était proposé de prendre la Direction d'EL MAAROUF, il a formulé pour cela un plan de sauvetage de l'établissement, mais bien évidemment il y avait des conditions à accepter (lui laisser les mains libres pour diriger) et des conditions à remplir (lui donner des moyens et lui laisser les ressources générées par EL MAAROUF) mais les portes lui furent fermées par le pouvoir. Ce qu'il ne s'est pas engagé politiquement, Il n'appartient pas à la Mouvance du Chef de l'Etat. Alors on lui a préféré Razida qui a l'immense mérite d'être un activiste proche du pouvoir. Un an après, résultat catastrophique, l'hôpital a encore fait du chemin… vers l'arrière. On a reculé. Les "en-haut-de-en-haut" de USTADH accoucheraient, avec la bénédiction de leur Imam, d'une nouvelle Commission. Re belote donc. Ainsi va la vie sous les "cocotiers"
Mais je vous assure, un jour viendra où les simples gens se révolteront et exigeront le respect de leurs droits. Et alors les discours mielleux ne passeront pas, les arguties juridiques d'apprentis sorciers seront hués publiquement; et le pays changera de base. Aucun peuple ne courbe l'échine éternellement face à ces oppresseurs de l'intérieur comme de l'extérieur.
Idriss 15/06/09
mercredi 10 juin 2009
Lettre ouverte au Président de la République Française
Veuillez considérer notre lettre comme un hommage à votre noble fonction à la tête d’un grand peuple auquel nous sommes très attachés. Elle est ouverte malgré nous puisque nous ne disposons d'aucun autre moyen pour nous assurer qu'elle vous parvienne, merci infiniment de ne pas nous en tenir rigueur.
Permettez que nous commencions par vous adresser nos compliments et par formuler des vœux de réussite pour vous, votre peuple et votre pays.
Excellence, Monsieur le Président,
Deux événements apparemment anodins mais à notre avis significatifs nous ont amené à prendre l’initiative de vous écrire :
§ Un jeune artiste plasticien qui assurait des cours à l’école française de Moroni a été "remercié" pour avoir participé à une manifestation qualifiée d'anti français
§ Un autre artiste est interdit d'Alliance franco-comorienne à Moroni pour la même raison
La manifestation en question tire sa source dans les traditions culturelles comoriennes utilisées dans le temps, avant la colonisation, pour dénoncer les contrevenants aux mœurs et coutumes, une sorte de bannissement. En mars 2009, la manifestation cibla bien évidemment la consultation référendaire que l'Etat français s'apprêtait à organiser à Mayotte, loin d'être "une manifestation politique violente" (comme l'a caractérisé le directeur de l'Alliance), le GUNGU fut "un charivari de protestations" (comme l'a décrit un écrivain comorien). En tout état de cause, personne n'a été violentée et on ne signale aucun dégât matériel.
Voilà, Monsieur le Président, une illustration presque banale de ce que vivent les Comoriens au quotidien dans leurs relations avec les autorités françaises aux Comores.
Les réactions comoriennes contre le maintien de Mayotte dans la République Française constituent un droit imprescriptible. Dans votre communication aux élus maorais le 16 décembre 2008 au Palais de l'Elysée, vous avez prouvé que vous mesuriez bien la dimension de ce combat national pour recouvrer l'intégrité territoriale de l'Archipel des Comores et l'unité de la nation comorienne. Vous avez indiqué avec pertinence dans votre discours : "les Comoriens ne renonceront jamais à leur revendication sur Mayotte". Malheureusement les autorités françaises aux Comores ne l'ont pas compris. Elles misent sur une répression qui confine à de la mesquinerie pour endiguer toute protestation contre la politique française aux Comores. Imaginez Monsieur le Président que l'on propose à un Comorien bi national de renoncer à sa nationalité française parce qu'il s'opposait à la Consultation du 29 mars, que l'on veuille retirer la bourse à ses enfants, etc. Imaginez, Monsieur le Président, que l'on s'appuie sur des "pseudo" amis de la France pour opposer les Comoriens les uns aux autres, on a même vu une association comorienne "vraie-fausse" amie de la France constituer une milice, tentative insensée d'importer à Moroni, les pratiques des "pro français" de Mayotte. Négation grossière des libertés fondamentales des personnes qui donne une piètre image de la France !
Cette attitude, Monsieur le Président, ne peut que créer et nourrir des sentiments anti-français aux Comores. Cette situation perdure en s'aggravant. Ami véritable de la France, il nous apparaissait comme étant de notre devoir de tirer la sonnette d'alarme, d'en souligner l'extrême urgence en essayant de toucher le sommet de l'Etat français.
Excellence, Monsieur le Président,
Il est illusoire de croire pouvoir faire fi du sentiment national comorien; on peut ne pas le partager ou ne pas le trouver légitime, on peut le considérer comme vain au regard du rapport de force Comores / France. Mais ce sentiment est irrépressible, il est conforté par des nombreuses résolutions de l'Organisation des Nations Unies, seule voix autorisée de la Communauté Internationale que personne ne peut ignorer sous quelque prétexte que ce soit. Il est conforté par la condamnation quasi universelle (Union Africaine, Ligue des Etats Arabes, Mouvement des non alignés, au total plus de deux cents pays) de la consultation française à Mayotte du 29 mars dernier. La défense de l'intégrité territoriale d'un pays est une cause juste et l'expérience historique universelle montre s'il en était besoin qu'elle finit toujours par l'emporter.
Certes les circonstances sont aujourd'hui, extrêmement défavorables aux Comoriens et c'est peu dire, mais vous savez qu'il se trouvera toujours des Comoriens des quatre îles, y compris et peut être surtout à Mayotte, qui continueront le combat national. Ces circonstances évolueront inévitablement en faveur des Comores. Notre vœu et notre espoir serait de parvenir à arrêter les frais, à inscrire les relations entre nos deux pays dans le sens de l'Histoire, d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les Comores et la France.
Excellence, Monsieur le Président,
Les liens entre les Comores et la France sont en effet sans pareils dans le monde:
§ Plus de 10% de Comoriens ont la double nationalité
§ Plus de 10% de Comoriens vivent en France métropolitaine
§ Une des plus grandes villes comoriennes se trouve en France
§ La culture française domine largement (pour combien de temps encore !?) aux Comores
§ Les mariages mixtes se multiplient etc.
Comment préserver et développer ces acquis historiques ?
Le maintien de Mayotte dans la République Française vaut-il leur destruction ? N'est-il pas évident que "l'attachement" maorais envers la France est plus un rejet de ce qui se passe dans la partie indépendante qu'un renoncement à la "comorianeté" de l'île, ce qui se perçoit bien dans la vie de tous les jours des Maorais. Quels sont les intérêts français qui seraient menacés par l'unité des quatre îles comoriennes, n'est ce pas plutôt le contraire ? Comment balkaniser les Comores et créer dans notre Région Océan Indien, une zone de paix et de coopération ? Quelle image la France donne-t-elle d'elle-même au monde en s'acharnant contre un petit pays ami, qui continue, malgré les vexations, à parler amitié avec cette France qui le mutile ?
Excellence, Monsieur le Président,
Hier 6 juin, lors des cérémonies commémoratives du débarquement de 1944 en Normandie, d'importants discours ont été prononcés par vous même, les Premier Ministre de Grande Bretagne et du Canada et par le Président Obama. Vous y avez souligné, avec talents, les valeurs qui furent à la base du sacrifice suprême des jeunes de l'époque qui n'ont pas hésité à partir à l'assaut de la forteresse nazie et qui l'ont finalement vaincu malgré un rapport de force pour le moins très défavorable. Il fut question hier en terre française d'un grand rêve planétaire de justice et de paix. On y a même parlé d'une société mondiale.
Le monde, Monsieur le Président, est-il limité à l'occident ? Ou bien les petites îles Comores ne font-ils pas partie du monde ? Le monde sera-t-il celui des beaux discours ou celui des réalités que les peuples vivent ou subissent ?
Bien sûr la situation comorienne est complexe, beaucoup d'éléments doivent être pris en compte mais il n'en reste pas moins Monsieur le Président, que la nation comorienne est une réalité Historique tangible que l'on peut percevoir à cette unité culturelle que près de 35 ans de séparation n'ont pas gommé. Les Maorais vivent comme leurs compatriotes des autres îles. Sans la puissance française les contradictions inter comoriennes de 1975 n'auraient pas abouti à la balkanisation de l'unique et singulier Archipel des Comores, les contradictions entre Mayotte et ses sœurs ne seraient pas si vives
Enfin, Monsieur le Président, de quel monde est-il question lorsque la France persiste à briser les Comores en opposition frontale avec les principes, les usages et les résolutions de toutes les Organisations de la Communauté internationale ?
Permettez une question : face aux grands pays qui appliquent la loi du plus fort quelle peut être la riposte des faibles ? Aucun peuple, même le plus pacifique, ne peut courber l'échine éternellement.
Excellence, Monsieur le Président,
Depuis 1975, une dynamique infernale mine les Comores et sape les relations entre nos deux pays. Le terrain est propice à l'émergence et au développement des extrémismes de tout genre. Une situation pleine de dangers qui méritent de retenir l'attention des dirigeants comoriens et français. Nous croyons que le génie de nos deux peuples est capable d'inventer une solution juste et judicieuse à la question de Mayotte. Votre idée de "dépassement" du conflit entre nos deux pays, mérite d'être creusé dans le sens de l'équité; pour des retrouvailles progressives d'un peuple, le Comorien, qu'un accident de l'histoire a momentanément divisé à l'instar d'autres peuples qui ont connu des vicissitudes bien pires encore; pour un renforcement effectif des liens entre pays, les Comores et la France, que l'Histoire a indissolublement uni.
Excellence, Monsieur le Président,
C'est avec la détermination de continuer à œuvrer pour l'unité de la nation comorienne et pour des relations équitables et fortes entre les Comores et la France que nous vous prions, Monsieur le Président, de bien vouloir agréer, l'expression de nos sincères sentiments respectueux.
Idriss Mohamed
Responsable du Comité pour le rassemblementdes patriotes et démocrates comoriens
lundi 1 juin 2009
RESPECT DES TEXTES DE LOI
Il faut appliquer la nouvelle Constitution, il faudrait mettre un terme à cette tendance lourde dans le pays qui fait que personne ne respecte réellement les textes, même ceux dont la profession est la loi, même des institutions nationales stratégiques. Il faudrait pour cela commencer par Sambi, lui signifier fortement son obligation à respecter honnêtement les textes. En premier lieu, il faut qu’il comprenne que les élections législatives, députés et conseillers des îles, ne peuvent pas avoir lieu avant l’adoption des lois statutaires. Il faudrait que l’Etat clarifie le calendrier électoral dans l’ordre qu’impose la Constitution du 17 mai : référendum dans chaque île pour adopter les lois statutaires puis les légilatives, tout cela avant la fin du premier trimestre 2010.
L’échéance paraît lointainne mais est-il sérieusement possible de faire autrement à moins de bâcler le processus électoral au profit de ceux qui détiennent le pouvoir ! Bien sûr que les inconvénients d’une telle situation sont considérables mais il me semble plus dangereux de s’installer dans cette absence de respect des textes de loi de ce pays, de poursuivre sur la dynamique quasi autocratique qui a présidé au référendum. Les regressions en terme de gouvernance démocratique, de tenue d’élections ne sont contestées que par ceux qui en ont bénéficié. Et puis il ne faut pas se surestimer encore une fois en croyant pouvoir faire échec facilement à la mouvance présidentielle durant les législatives. Ceux qui misent sur la Communauté internationale ne cernent pas la complexité des positions de cette dernière, le rôle central joué par la France sur tout ce qui concerne les Comores, etc.
L’éveil qui se dessine avec cette disposition de nombreux jeunes de l’intelligentsia démocratique à briguer des mandats législatifs est de bonne augure. Puisse-il résister aux tendances politiciennes et parvenir à imposer une nouvelle donne sur la scène politique nationale. Il faut commencer par le respect des lois.
Idriss 01/06/09
vendredi 29 mai 2009
Bâtir un destin au pays
Que va devenir le pays après le « référendum » du 17 mai 2009. Question essentielle pour ceux qui ont à cœur les intérêts du pays. Le Président Sambi et les siens chantent victoire, versent dans la demesure et travertissent les faits sans la moindre pudeur. Comme si le verbe pouvait transformer le rêve en réalité ; comme si il ne s’était rien passé depuis mai 2006 !? Les « Midjidjengo » pour leur part semblent désarmés. Coupés des masses qui leur reprochent, non sans raison, de ne rien voir venir, ils subissent, victimes et coupables à la fois. Le Président Sambi, seul maître à bord, a-t-il conscience de mener le pays droit vers un mur ?
Car les questions induites par les réformes constitutionnelles sont lourdes et tout indique que les réponses qui y seront apportées ressembleront plus à des coups de force qu’à une gestion apaisée et raisonnée. Le ton est donné par ceux qui pensent que le 3ème Vice Président pourrait être nommé, et contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, il ne s’agit pas d’un Vice Président originaire de Mayotte, une île comorienne qui figure pourtant dans la Constitution au même titre que les autres, non, il est question d’un Vice Président originaire d’Anjouan.
Même veine dans le discours présidentiel à la nation de l’après 17 mai. Le Président Sambi conforte ce qui paraît être une stratégie fondée sur des « coups de force ». A l’entendre le pays est redevenu un (sans Mayotte bien sûr), un trait sur le séparatisme insulaire pourtant si vivace chez nombre de nos compatriotes, un trait sur les aspirations légitimes à une autonomie de gestion des îles, pensez donc chaque Gouverneur sera encadré par le Vice Président originaire de son île.
Poursuivant sur le même terrain, le Président Sambi veut disposer d’assemblées à sa dévotion, ce qui donnera aux « coups de force » un semblant de légitimité, le scandale de la loi sur la citoyenneté économique est passé par là. Il faut donc, insiste-t-il, choisir des bons Députés au parlement national et des bons Conseillers dans les îles. Mais bien sûr aucune échéance et encore moins de date n’est avancée. Les délices de se retrouver seul à la tête du pays mérite bien quelques silences sur des questions clé. Le pire ou le mieux, c’est selon, Sambi semble avoir oublié la clé de voûte essentielle de l’actuelle Constitution : la tournante. 2010 ou 2011 ou 2013 ou 2014 ou … ! Un signe tangible annonciateur de tempêtes sous le ciel des Comores.
Face à des perspectives aussi sombres, il faut que les forces patriotiques et démocratiques relèvent la tête, il ne convient pas de désespérer du pays. Le mensonge et le pillage des deniers publiques ne sont pas l’avenir. Le fatalisme et la capitulation ne sont pas la solution. Chaque fois que le pays s’est trouvé désarmé, des nouvelles forces ont surgi pour porter le flambeau du patriotisme démocratique.
Il faut nous retrouver autour d’un vrai programme politique cristallisant les aspirations des masses à une vie meilleure et de statuts consacrant un fonctionnement réellement démocratique.
NON A TOUT POUVOIR AUTOCRATIQUE, RESPECT DE LA TOURNANTE DE 2010
NON AU MAINTIEN DE MAYOTTE DANS LA FRANCE
POUR UNE CONSTITUTION COMORIENNE EQUILIBREE
POUR UNE LUTTE RESOLUE ET EFFECTIVE CONTRE LA PAUVRETE
Comité pour le Rassemblement des patriotes et démocrates comoriens
Idriss Mohamed 25/05/2009
jeudi 14 mai 2009
APPEL A UN LARGE RASSEMBLEMENT DES PATRIOTES ET DEMOCRATES COMORIENS
Le séparatisme mayottais n’a pas permis au pays d’accéder à l’indépendance dans l’unité et dans une ambiance relativement apaisée, condition indispensable à l’élaboration d’une Constitution équilibrée base d’un Etat stable. Le pays bascula dans les putsch et les Constitutions taillées sur mesures présidentielles.
Le séparatisme anjouanais mena le pays au bord de l’abîme. La Constitution de 2001 devait éviter l’éclatement du pays à un moment où le séparatisme anjouanais pouvait imposer ses désiderata. D’où le caractère fondamentalement séparatiste de la Constitution actuelle. Fédéraliste dans l’esprit, elle dériva vers une confédération, les Exécutifs des îles s’affirmant comme des Etats dans l’Etat.
La question institutionnelle principale, mais aussi politique et sociétale, réside donc dans le combat contre le séparatisme. Il faut le déraciner. Et malheureusement, malgré ses proclamations mielleuses, le Président Sambi n’en prend pas le chemin. Pire, on doit constater que sa proposition de réforme est viciée :
1. Le point de départ de la réforme de Sambi serait la victoire sur le séparatisme anjouanais. Or l’écrasement du rebelle Mohamed Bacar n’a pas conduit à l’écrasement du venin séparatiste dans le pays, et encore moins à Anjouan. Les principaux Chefs séparatistes ont fui et coulent des jours paisibles à l’étranger, menaçant même de revenir en force. Les dirigeants politiques de premier plan qui avaient rallié par cupidité le pouvoir séparatiste ont simplement passé quelques jours de prison. Il n’y a eu aucun procès retentissant, personne n’a eu à répondre de ses actes anti nationaux. On voit les premiers « Présidents de l’Etat d’Anjouan » se glorifier de leur passé sans être nullement inquiétés. De quelle victoire s’agit-il donc ?
2. Les modifications proposées ressemblent à du rafistolage. Suffit-il de changer des désignations pour modifier le fonctionnement des institutions ? Peut-on considérer la Constitution actuelle comme un cadre à améliorer ou faut-il en faire table rase pour en élaborer une nouvelle ?
3. La modification de la durée du mandat présidentiel, avec l’éventualité de prolonger le mandat de Sambi, est vecu par les mohéliens comme une sorte de provocation qui risque de replonger cette île dans une nouvelle forme de séparatisme
4. L’absence de respect des principes républicains soulèvent les pires inquiétudes. Que sont ces éléctions sur des listes datant de plus de 2 ans, listes toujours non affichées ? A analyser la campagne des partisans de Sambi, l’enjeu n’est pas précisé, on se contente de lapalissades du genre un micro pays de 4 présidents, etc.
Au total, loin de contribuer à l’apaisement et à la stabilité, ce qu’il faut bien appeler, la mascarade référendaire de Sambi, fait peser sur le pays des gros risques. Déjà, l’esprit partisan a pris le pas sur la raison, on assiste même à des affrontements violents avec des blessés graves. La victoire annoncée du OUI dans un contexte de vide institutionnel (fin du mandat des assemblées, Union comme île) fait craindre le pire et en face aucune perspective, mettant en avant les intérêts du pays, ne prend forme.
D’où l’initiative de cette conférence de presse du Comité pour un large rassemblement des patriotes et démocrates comoriens. Les circonstances imposent de lever la voix du pays. En l’état actuel de la situation :
§ Nous mettons en garde le Président Sambi contre la tentation de s’éterniser au pouvoir et l’invitons à respecter l’échéance de 2010.
§ Nous appelons le peuple à ne pas se rendre aux urnes, à rester chez eux. Le dimanche 17 mai doit devenir une journée ville morte dans tout le pays
§ Nous invitons tous ceux qui sont déterminés à apporter une contribution positive à l’émergence d’une force politique capable de porter les intérêts du pays et de constituer une véritable alternative aux divers pouvoirs qui se sont succédés à la tête du pays, à se joindre à nous.
GARDER L’ESPOIR DE BATIR UN PAYS DEMOCRATIQUE où IL FERA BON VIVRE
mercredi 22 avril 2009
Petit déjeuner de Mayotte Hebdo
Mahamoud Azihazy (MA) et Rivomalala Rakotondravelo (RR)
SYNTHESE PAR THEME
La consultation référendaire
RR: "Le problème à Mayotte, c'est que dès qu'on se pose des questions sur ce sujet de statut, on est taxé d'être anti-Mahorais, indépendantiste, etc…. c'est un combat de plusieurs décennies…on ne peut pas dire que finalement nous n'en voulons pas. En parallèle il faut voir ce qu'y gagnent les Mahorais concrètement et à ce niveau là il y a confusion… tous les requins et les piranhas sont pour le oui, ça me fait peur, comment peut-on être tous d'accord ?"
MA: "..le département doit exister, il faut solder 50 ans d'histoire….il faut qu'on arrive à ce statut de département, ça mettra les gens devant leurs responsabilités et la France devra tirer les leçons de plus de 50 ans d'erreurs…Je pense à ces élus qui parlent du combat des Mahorais pour rester dans la France, je pense qu'on peut parler aussi du combat de la France pour rester à Mayotte….Si la France n'avait pas voulu de nous, les Mahorais auraient toujours pu se battre.."
Mayotte française
RR: " ce qui se joue à Mayotte c'est le colonialisme… tous les français sont convaincus que la France, c'est l'hexagone et qu'au delà ce sont des gens qui veulent profiter. D'ailleurs on voit bien que ces gens qui ne sont pas des français de souche et qui vivent en métropole ont des problèmes d'intégration et qu'on considère qu'ils devraient rentrer chez eux… "
MA: " ici les gens se plaisent à dire que Mayotte n'a rien à voir avec les Comores, moi je reste persuadé qu'il y a un peuple qui est le peuple comorien. On ne peut pas changer ça…on a tendance à dire que l'histoire de la région a commencé en 1841 or elle a commencé des siècles avant…ce n'est pas parce que la France a pris d'abord Mayotte que c'est un peuple à part…Il y a un problème dans l'idée qu'on parle d'un peuple pour Mayotte et pas pour les Corses…(si c'était vrai ils seraient) un peuple au sein du peuple français …Jusqu'en 1976, on se sentait colonisé par la France et en même temps par les Comores…un colonisateur très puissant et un autre qui est notre frère mais nous domine trop…. Ici nous avons mené en permanence une politique de Mayotte contre les Comores…on veut être français pour ne pas être Comorien"
La problématique du développement
RR: "Aujourd'hui on a un vrai problème identitaire. A coté de cela il y a un problème de développement économique et social… en se comparant à nos voisins, oui, il y a eu un développement. Mais quand on regarde bien, ce n'est que du paraître qu'on a fait à Mayotte…quand je vois les intellectuels comoriens, quand je vois ceux de Madagascar, leurs syndicats, leurs artistes, je me demande avec tous les moyens que nous avons à Mayotte comment se fait-il qu'on n'atteigne pas ce niveau…"
MA: "Des gens ont dit avant : il faut d'abord se développer pour être département, finalement d'autres ont dit on nous a leurré, il faut d'abord être département pour se développer…nous nous sommes trompés une fois en 1976 en pensant que ce sont les Comoriens qui nous empêchaient de nous développer et au bout de 32 ans on s'est rendu compte que ce n'est pas à cause d'eux qu'on n'a pas pu avancer mais plutôt parce que nous n'étions pas département…je n'aime pas voir des gens qui sont censés être intelligents comparer le développement de Mayotte avec le développement des Comores. Prenez l'île Maurice, si elle avait subi autant de coups d'état que les Comores, pensez-vous qu'elle serait à ce niveau ? …"
Les obstacles au développement
RR: "on a des vrais intellectuels qui n'osent pas faire part de leurs analyses alors que ce sont des analyses très justes ….il va falloir sortir de ce que j'appelle la colonisation mentale….pourquoi n'enseigne-t-on pas le shimaore alors que partout ailleurs ils enseignent les langues locales ou régionales…l'éducation ce n'est pas parler français, c'est apprendre qui on est et à partir de ce moment là apprendre à réfléchir…on disait la jeunesse, la jeunesse, mais elle est arrivée puis on a repris les vieux renards qui ont même certaines casseroles derrière eux"
MA: "il y a beaucoup de gens qui sont lucides ici mais les prises de parole publiques ne sont pas les mêmes que dans les discussions privées….il n'y a pas eu ce développement humain, pas de développement économique…il y a eu un aspect positif le développement social….A Mayotte, la structure de l'emploi est faite de telle façon que chaque personne a peur de quelqu'un qui est plus puissant que lui….on est dans une société d'assistanat où on a toujours cette idée que c'est celui qui donne l'argent qui doit décider…quand vous cherchez les acteurs qui doivent prendre des décisions, vous leur courrez après…ce coté patient, on se le donne pour ne pas répondre à l'urgence …nous prenons le temps, …nous ne bousculons pas les choses assez vite…quand je vois des gens boucher les trous sur une route, je sais qu'il y aura exactement le même trou au même endroit à la prochaine pluie. On va reboucher 6 mois après et ainsi de suite…cela durera 50 ans et nous ne dirons rien…"
Que faire ?
RR: "il faut que tout ce qui compte de dirigeants ou responsables politiques, administratifs ou syndicaux se prennent une claque magistrale …
MA: " le développement ce sont des gens qui ont une technique, un projet et un financement…on doit s'attaquer au chantier des infrastructures….A défaut d'une université de l'océan indien, il faudrait avoir une université de l'archipel des Comores…"
Cette escapade, quoique limitée, dans la presse maoraise témoigne s'il en était besoin de l'unité profonde de nos 4 îles. Partout les mêmes craintes, les mêmes espoirs, des difficultés tellement similaires. Alors j'ai envie de reprendre l'image de MA "chaque fois nous nous inspirons du passé, nous regardons dans le rétroviseur et nos références sont dans le passé. " il n'y a pas de peuple maorais, il n'y a qu'un peuple comorien et personne "ne peut changer ça". Pourquoi ne serait-il pas possible de dépassionner le débat, d'échanger en mettant en avant le développement de l'Archipel des Comores avec pour perspectives les retrouvailles des frères et sœurs que les vicissitudes de l'Histoire ont séparé. Avec pertinence RR et MA ont étendu leurs réflexions sur le développement à toute la Région indo-océanique. Mais cela peut-il être envisageable avec un archipel balkanisé ? Il y a là un chantier passionnant et fructueux qui mériterait de la part de la France, une stratégie nouvelle, volontariste et généreuse, dans ses relations avec les Iles de l'Océan Indien.
Idriss (16/04/09)