vendredi 9 mai 2008

ENTRE STUPEUR, INDIGNATION ET COLERE

Il se confirme que le Gouvernement a levé la mesure interdisant aux transporteurs aériens et maritimes d’accepter dans leurs liaisons entre Mayotte et ses îles sœurs, les comoriens taxés de « clandestins » et expulsés de Mayotte par la France. Mesure fondamentale qui plonge le pays dans le désarroi et qui n’a donné lieu à aucune information officielle. Car le communiqué étrange du MIREX laissait deviner une préparation de l’opinion comorienne à avaler la couleuvre mais rien n’indiquait que le pas avait été franchi.
Une telle mesure aurait-elle pu être prise sans l’aval du Président Sambi en personne ? On peut en douter car la mesure s’était imposée comme mesure phare, sans précédent dans l’Histoire récente du pays et donnait lieu à une bataille sans merci entre les Comores et la France. Personne n’aurait osé sans la bénédiction du Président qui a toujours la latitude de rétablir la situation. D’où la stupeur et l’indignation qui débouchent vers une colère qui gronde. Les interrogations sont multiples : pourquoi Sambi a-t-il cédé ? L’espoir suscité par Sambi n’était-il qu’illusion ? Ses déclarations sur la question de l’Ile comorienne Mayotte n’étaient-ils que du vent, destiné à tromper le peuple ? Les Présidents successifs du pays sont-ils de la même moule ? Y a-t-il eu marchandage entre les Comores et la France ou simple capitulation comorienne ? On avait menacé de fermer ou tout au moins réduire les activités de l’ambassade de France aux Comores ! Puis ce fut la suppression de l’aide française aux Comores doublée d’un chantage sur les négociations avec le FMI autour de la suppression de la dette que la France se proposait de saboter. On en est même arrivé à évoquer des coups d’Etat, comme au bon vieux temps des années 70-80. En réalité la France se trouvait dans une position de faiblesse, pourquoi n’a-t-on pas fait traîner les choses, laissant passer l’orage pour aboutir à des vraies négociations sur la question de l’île comorienne Mayotte.
Et voilà que l’on nous annonce des échanges sur le rituel co-développement, sur l’assouplissement du visa. Comme si les dirigeants comoriens ne comprenaient pas que discuter de visa pour aller à Mayotte, c’est accepter que Mayotte n’est pas comorienne. Et cela est inacceptable, et cela est une violation de la Constitution et cela mérite d’être traité de trahison nationale.
Idriss 08/05/08

MIREX : un communiqué étrange

Etrange par les circonstances ! selon Alwatwan numéro 1062 du 01/05/08, le communiqué serait le « résultat d’une mission conjointe Elysée – Quai d’Orsay qui a récemment séjourné aux Comores ». Bizarre, bizarre, puisque la mission s’est déroulée il y a plusieurs semaines. Bizarre, bizarre puisque la mission ne semblait pas avoir abouti à un résultat concret tangible.
Etrange par son contenu ! Non seulement le « lest » obtenu n’est pas nouveau, constitue un minimum (puisque sont principalement visés les hauts fonctionnaires et les détenteurs de passeport diplomatique) mais aussi le « lest » français ne s’accompagnerait d’aucune contre partie (générosité française s’il vous plaît).
Comment dès lors ne pas s’interroger sur les vraies motivations de ce fameux communiqué ? Ne s’agirait-il pas d’une tentative maladroite de redorer l’image de la France aux yeux d’une opinion comorienne excédée par la politique inamicale de la France ? Et / ou assiste-t-on à une stratégie camouflée visant à faire accepter le fait accompli français à Mayotte et des marchandages autour du criminel visa Balladur ? Et cela d’autant plus que l’on nous annonce dans ce même communiqué la venue prochaine (mi-mai) d’une délégation française de haut niveau dont on imagine aisément l’objectif : accroître les pressions pour obtenir la levée de l’interdiction d’expulser vers Moroni ces comoriens taxés de « clandestins » dans leur propre pays.
Dans les relations comoro-françaises, la donne a manifestement changé au profit de notre pays. C’est la France qui a désormais le dos au mur. Pour renverser la tendance, la France ne dispose que d’un moyen : le chantage. Survolté Jego, ministre français de l’outre-mer réclame des fermes mesures diplomatiques contre les Comores. Dans cette veine, on nous annonce, la fermeture de l’ambassade de France aux Comores ou la réduction de ses activités, etc. En somme rien de bien méchant et il n’y a rien à craindre au niveau de la diaspora car ceux qui sont en règle ont des droits en France. On menace de suspendre l’aide, comme si l’aide française compensait le maintien de l’Ile comorienne Mayotte sous administration française et les 5000 comoriens morts suite au visa Balladur. On menace de torpiller les négociations du pays avec les Institutions de Bretton Woods et empêcher notre pays de bénéficier d’une suppression de sa dette, soit si la France est toute puissante pour emporter la décision mais le pays est peut être prêt à payer ce prix pour recouvrer son intégrité territoriale. Il reste à la France d’user des moyens violents. Manigancer, comme certains comoriens le laissent entendre, un coup d’Etat contre Sambi, mais ce n’est plus aussi simple car la revendication nationale est populaire, car l’armée commence à prendre forme, car Sambi peut mobiliser autour de lui. Faire disparaître les 3 îles de la surface de la terre, sa puissance militaire le lui permettrait, reste à savoir si elle peut le faire dans le contexte mondial actuel ?.
Le point clé, décisif : l’unité du peuple derrière Sambi, c’est la condition d’une victoire comorienne. Mais cela suppose au moins deux conditions 1) que les dirigeants comoriens comprennent que c’est notre pays qui est en position de force, qu’il faut simplement laisser passer l’orage, le blocage actuel amènera inévitablement les vrais dirigeants français à se saisir du dossier Mayotte et comme ce sont des hommes intelligents et raisonnables, des négociations sérieuses se noueront et 2) que les Comores formulent une proposition de résolution de la question de Mayotte, une proposition qui doit être raisonnable, qui prend en compte les spécificités maoraises et l’implication de la France à Mayotte, une proposition sur la lignée un ETAT DEUX ADMINISTRATIONS comme l’a avancé le Comité Maore. Cela permettrait de barrer la route aux diverses formes de trahison nationale qui pointent leur hideux visages et d’ouvrir une nouvelle page pour notre pays.
Idriss 02/05/08

jeudi 1 mai 2008

Le pays se trouve à un tournant

La victoire militaire contre Mohamed Bacar qui incarnait le séparatisme à Ndzuani, a enclenché une nouvelle dynamique. Dynamique positive appréciable au renouveau du patriotisme comorien. L’amour du pays est redevenu une valeur comme l’illustre le slogan des casquettes distribuées le 25 avril dernier : « fier d’être comorien ». Rappelons-nous la situation d’il y a à peine deux mois où c’est la dislocation du pays qui se profilait, où comorien paraissait une damnation de Dieu, où .... Malheureusement rien n’indique que le tournant sera opéré, au contraire, les nuages s’amoncellent ! Loin de prendre de la hauteur pour s’attaquer aux problèmes cruciaux de l’heure en s’appuyant sur le soutien populaire massif, le pouvoir semble grisé par l’euphorie de la victoire, multiplie les célébrations et distribue des médailles. Les thuriféraires de Sambi ne sont préoccupés que de pouvoir. Et l’on retombe dans les dérives politiciennes connues qui tournent la plupart du temps sur la modification de la Constitution quand ce n’est pas la rédaction d’une autre, sur mesures. N’a-t-on pas déjà annoncé une table ronde ?
Reste à savoir quelle sera l’attitude de Sambi qui semble animé par une volonté sincère de sortir le pays du gouffre dans lequel il l’a trouvé. Le Président de l’Union saura-t-il faire face aux forces obscures de l’intérieur et de l’extérieur qui agissent pour torpiller la victoire de mars 2008 et maintenir le pays dans la misère et donc dans l’instabilité, toujours sous la menace de la balkanisation ? Nous le verrons dans les jours à venir à travers le traitement des questions suivantes : le séparatisme, les relations avec la France, la situation économique et la modification de la Constitution, des questions fondamentales qui décideront du devenir du pays et sur lesquelles tous les avis seraient les bienvenus pour contribuer à l’élaboration par les dirigeants du pays de positions conséquentes au service du pays et du peuple.

Le séparatisme.
L’effondrement sans coup férir du pouvoir de Mohamed Bacar, un pouvoir présenté comme inexpugnable avec sa force de gendarmerie de huit cent hommes ouvre la possibilité de porter un coup fatal au séparatisme. Mais comment y parvenir si la situation à Ndzuani est considérée comme normale, susceptible d’être traitée avec les dispositions de la loi fondamentale de l’Ile sur les transitions ? Mais comment y parvenir si Fundi Abdala Ibrahim et Abeid ne sont nullement inquiétés ? Mais comment y parvenir si on ne procède pas à une analyse fine des responsabilités des principaux dirigeants des pouvoirs séparatistes qui se sont succédés à Ndzuani ? Mais comment y parvenir si d’anciens séparatistes convaincus se délectent dans les allées du pouvoir de l’Union ? Il faut libérer de toute urgence les simples gens arrêtés depuis mars, traiter avec équité la situation de tous ceux qui à un titre ou un autre, ont servi en toute conscience les pouvoirs séparatistes qui se sont succédés à Ndzuani depuis 1997. Il faut trouver les moyens d’un débat national sur le séparatisme pour permettre à ceux qui doivent seulement se repentir publiquement de se laver de l’opprobre séparatiste et aux autres d’être jugés. Il faut un vrai mouvement de réconciliation nationale. Il faudra un arsenal juridique percutant contre le séparatisme. Si le pouvoir continue comme si de rien n’était, le mal séparatiste sera intact, juste une période de sommeil et des lendemains autrement plus douloureux risquent d’endeuiller encore notre pays. Il faudrait s’inspirer de l’expérience sud africaine et créer un haut comité de réconciliation qui rassemblerait des personnalités reconnues pour leur droiture.

La France.
Les relations avec la France peuvent changer dans un sens favorable au pays. Jusqu’au débarquement et particulièrement l’exfiltration de Mohamed Bacar vers Maore et la Réunion, le pays semblait complètement désarmé, obligé d’avaler couleuvres sur couleuvres. Des souvenirs douloureux comme ce vain voyage officiel à Maore destiné à amener la France à appliquer les sanctions de l’Union Africaine contre les personnalités séparatistes, « l’accord du rocher » n’a pas empêché la France de transformer Maore en issue de secours des séparatistes, auteurs de crimes innommables contre la population comorienne. Des souvenirs honteux comme la signature fin 2006 du capitulard document cadre de coopération entre le ministre comorien Jaffar et la ministre française Girardin, document dont nombre de dispositions présupposaient une acceptation implicite de l’appartenance de Mayotte à la France. Eh bien aujourd’hui, les choses ont changé, la population a pris la mesure de la politique inamicale de la France envers les Comores, la non acceptation des expulsions des « clandestins » met la France le dos au mur. Face aux menaces, parfois grotesques comme celle du ministre français de l’outre-mer Jego, quelle va être l’attitude du gouvernement comorien. Capitulation et retour à la case départ comme l’annonce le même Jaffar qui déclare à la radio française RFI que « Mayotte est considérée (je souligne considérée) comme comorienne par la Constitution du pays » pour calmer Jego qui paradoxalement, s’indigne que les comoriens osent réclamer Mayotte !? Ou bien va-t-on assister à un sursaut comorien et voir les dirigeants du pays allier judicieusement la fermeté à la souplesse. La France, telle une bête féroce qui se sent en danger, va sortir dehors toutes ses griffes. Mais il faut que nos dirigeants comprennent que c’est là un signe d’une faiblesse réelle. Il faut donc résister patiemment, laisser passer l’orage et les négociations nécessaires et inévitables s’ouvriront. Mais pour cela, il faut se doter d’une proposition raisonnable de sortie de crise, dans le sillage de l’ouverture prônée par le Comité Maore : UN ETAT DEUX ADMINISTRATIONS, il faut une proposition pour unir le gouvernement, la population comorienne toute entière, pour rallier tous les pays susceptibles de l’être. En tout cas « lever l’interdiction d’expulser les comoriens de Maore » dans le cadre de marchandages, accepter de discuter avec un comité français dite de haut niveau sans aller au fond de la résolution de la question de l’île comorienne de Mayotte sera perçu par le pays comme une haute trahison, constituera une faute lourde dont les Comores ne se sortiront qu’au prix de larmes encore plus amères. Il faut que le Président Sambi comprenne qu’il n’a pas le droit de rater le coche, qu’il doit encore déployer ses talents pour sortir d’une confrontation Comores France pour aller vers des négociations internationales dans le cadre de l’ONU en impliquant l’Union Africaine .

La situation économique.
Une embellie incontestable se dessine. Des nouvelles banques ouvrent leurs portes, l’hôtel Itsandra sera bientôt inauguré, les projets Galawa – Maludja comme NyamaUyi prennent petit à petit formes, les routes sont en chantier, même la fourniture d’électricité, tout au moins à Ngazidja, connaît ces derniers jours une nette amélioration. Des questions taraudent pourtant les esprits les plus avertis. Maîtrisons-nous ces investissements ? N’allons-nous pas vivre les mêmes expériences (ou des pires encore) que celles déjà connues à Galawa et ailleurs, des opérateurs économiques étrangers qui viennent s’enrichir et plier bagages quand ils le souhaitent laissant des centaines de gens sur les carreaux sans aucune forme de compensation ? On souhaiterait un peu plus de transparence, une implication plus conséquente des opérateurs comoriens malgré leurs faibles capacités d’investissement. Et puis comment ne pas s’interroger face à des opérateurs étrangers qui s’immiscent aussi ouvertement dans la politique comorienne. Ces immenses affiches, inconnues jusqu’ici dans le pays suscitent les pires inquiétudes : ces investissements sont-ils liés au pouvoir en place ? partiront-ils à la fin du mandat de Sambi ? Une autorisation a-t-elle été demandée pour la pose de ces affiches ? Si oui qui l’a autorisé et sinon comment cela est-il possible que des étrangers, fussent-ils des gros investisseurs, puissent agir ainsi en terrain conquis ? On souhaiterait que les autorités comoriennes soient plus circonspectes, suivent de plus près les agissements des opérateurs, que l’expérience BIC / NICOM nous instruisent.
Enfin, comme l’a souligné avec pertinence le Président de l’Assemblée de l’Union Bounou, le quotidien du comorien de base empire de jour en jour, il faut s’y attaquer. Les investissements sont porteurs d’avenir, ils ne doivent pas faire oublier le présent.
Il s’ensuit que la clarification de la politique d’édification économique devient une nécessité majeure pour éviter les improvisations, déblayer la route et mobiliser les énergies nationales et internationales.

La Constitution.
La Constitution de l’Union des Comores est le produit d’un compromis qui a fait la part belle aux séparatistes. Elle est donc nuisible. Chacun le reconnaît. Mais cela ne suffit pas pour l’abandonner. Il faut prendre en compte le contexte. Malgré le soutien massif au Président Sambi, la majeure partie de la population reste fortement influencée par l’idéologie séparatiste. Comment ignorer les nombreux signaux qui indiquent que Mwali peut rapidement dériver vers une autre forme de séparatisme, que les pouvoirs des Iles semblent prêts à sortir leurs griffes et qu’il suffira d’un rien pour se retrouver dans la guéguerre Union – Iles. Il faut donc faire preuve de doigté, parvenir à réaliser des reformes de la Constitution en respectant scrupuleusement les dispositions de la Constitution. Il nous faut donc résister à la pression des choses et attendre la Présidence de Mwali pour changer de Constitution. Persister dans la convocation de la table ronde pour changer de constitution ou modifier la durée du mandat du Président Sambi mènera le pays dans une autre zone de turbulence et Sambi ne pourra pas, comme il l’a toujours dit, se préoccuper principalement d’économie, de lutte contre la pauvreté. Le politicien l’emportera et notre pays poursuivra sa descente aux enfers. D’où le vœu de voir Sambi résister aux innombrables griots qui tenteront de l’enivrer de compliments.
Le pays est à la croisée des chemins, une situation exceptionnelle qui ne surgit qu’à des moments particuliers de l’Histoire de tout pays, un situation qui offre des opportunités exceptionnelles mais aussi une situation qui exige une tension exceptionnelle des forces, tension éclairée par une vision pointue de la voie à suivre. Sambi aura-t-il la force et l’intelligence de se hisser à la hauteur de ce qu’il a déclenché et entrer avec brio dans l’Histoire du pays ou y entrera-t-il comme le Président le plus populaire, celui qui a eu le plus de chance de sortir le pays du gouffre mais qui les a raté ; Sambi se mettra-t-il en réserve du pays à la fin de son mandat ou cédera-t-il aux chants de sirène de ceux qui n’ont que le pouvoir en vue ? Le présent et l’avenir du pays en dépendent fortement.
Idriss (28/04/08)

lundi 21 avril 2008

Ouvrir les présidentielles de Ndzuani

A suivre les propos du Président intérimaire de Ndzuani, la liste des candidats aux présidentielles est close depuis plus d’un an (la gazette du 21 avril). Il ne se serait donc rien passé depuis mars 2007. On reste dans le cadre du report des élections d’une semaine, report qui a fait couler tant d’encre depuis mars 2007 ! Suivant cette logique, pour le moins curieuse, les listes électorales ne devraient pas bouger non plus. Cette logique absurde a conduit le Président de Ndzuani à examiner la candidature de Mohamed Bacar, un non sens aujourd’hui.
On dirait que certains ne veulent pas reconnaître que le pouvoir de Mohamed Bacar a été renversé par la force, il s’ensuit qu’il n’y a pas de transition dans la continuité du séparatisme mais rupture avec le séparatisme. On s’entête à rejeter le caractère exceptionnel de la situation de Ndzuani et on s’en mêle les pieds. Prenons l’exemple de l’article de la loi fondamentale utilisée pour imposer le Président de la Cour d’Appel de Ndzuani, à la tête de l’Ile, on a ignoré que ce même article interdit au Président de modifier la composition du gouvernement de l’Ile, et pourtant... On ne peut pas et on ne doit pas appliquer les dispositions d’une loi, qui plus est fondamentale, quand on en a envie, on ne peut pas saucissonner ainsi la loi dans son application. Ces aberrations montrent s’il en était encore besoin que les circonstances à Ndzuani ne permettent pas de suivre la loi fondamentale de cette île dans la gestion de la transition. Que faut-il faire alors pour ne pas sombrer dans l’arbitraire ? Il faut sen remettre à la représentation nationale, à l’Assemblée de l’Union, que le Gouvernement soumette des propositions de lois adaptées aux circonstances exceptionnelles.
On est conduit à se poser des questions : s’agit-il de tentatives maladroites de néo-séparatistes encore attachés au « shisiwa miliki » ou de manœuvres grotesques pour ouvrir la voie à une nouvelle forme d’autocratie, un système qui a fait tant de mal au pays.
En tout état de cause, il faut arrêter la machine infernale avant qu’elle ne s’emballe. S’agissant des élections présidentielles de Ndzuani, des questions se posent et l’opinion est en droit d’attendre des réponses respectueuses des lois : qui va décider que les listes électorales à Ndzuani sont closes ? Et au nom de quoi va-t-il le faire ? Qui va décider de la révision ou non des listes électorales à Ndzuani, de la composition de la Commission électorale de l’Ile, de la Commission Nationale, etc.
Sans apporter des réponses appropriées aux questions brûlantes de l’heure, Sambi risque de casser la dynamique positive qui pointe son nez et donnera raison à ceux qui craignent des dérives despotiques de son pouvoir. Puisse le pays avoir renoué avec un patriotisme éclairé, avec une pratique démocratique respectueuse des lois, les vraies bases d’un réel développement économique du pays. Ainsi verra-t-on « ce-qu’on-n’a-jamais-vu » dans ce pays qui nous est cher.

mercredi 16 avril 2008

TENIR BON

Les français ne peuvent plus expulser de Mayotte les « clandestins ». Une décision courageuse, saluée par l’opinion comorienne, mise au crédit du régime Sambi et qui prolonge la libération d’Anjouan. Coté français, c’est la stupéfaction et l’embarras. Interpellé par un sénateur mahorais, le ministre français de l’outre-mer a du user de tous ses talents oratoires pour expliquer que la France ne peut pas expulser par la force des gens de chez eux, qu’il fallait donc trouver une entente avec l’Union des Comores. L’opinion mahoraise « départementaliste » est activée : manifestations anti-comoriennes à Mayotte, les délégations d’associations se bousculent auprès des institutions de l’Etat français, y compris à l’Elysée, pour dénoncer l’imposture et exiger que Moroni accepte ses clandestins ! Comme l’on pouvait s’y attendre, la France sort ses griffes, menaces de toutes sortes, chantages à la coopération, etc. Il y a fort à parier que la délégation dépêchée n’a pas du lésiner sur les moyens pour contraindre à peu de frais, Sambi et son Gouvernement à obtempérer. Il y a fort à parier aussi que certains dignitaires comoriens prendront peur et brandiront les grandes capacités de nuisance de la puissante France. La rumeur d’un coup d’Etat ne circule-t-elle pas déjà, comme si elle était apportée par la délégation française.
Pour l’opinion comorienne, la décision comorienne est hautement symbolique, elle revêt un caractère de principe. Elle ne doit pas faire l’objet de marchandage comme le souhaiterait sans doute la France. Lever l’interdiction sans une négociation sérieuse qui conduit au minimum à la suppression du visa Balladur serait une capitulation comorienne, une nouvelle qui disqualifierait Sambi et son régime, réduirait à néant la dynamique nationale engendrée par le succès de l’opération « démocratie aux Comores ».
Sambi et les siens doivent rassembler leurs forces autour d’une position fondamentale, faire front avec cohérence et fermeté et le peuple suivra avec enthousiasme. Rien ne peut arriver à un pouvoir qui traduit les aspirations de son pays et de son peuple. Il faut se rendre compte que la France n’a pas toute latitude pour faire ce qu’elle a envie même si elle peut piétiner les lois de l’ONU. La France ne peut pas se livrer à une épuration régionaliste à Mayotte sans se mettre au banc de l’humanité. Cette mesure d’interdiction ne doit pas être considérée comme ponctuelle ni provisoire, elle demande à être considérée comme une disposition qui pousse la France dans ses derniers retranchements.
En tenant ferme, en informant l’Union Africaine et le Secrétariat Général de l’ONU, en se dotant d’une proposition raisonnable qui concilie autant que faire se peut les positions de nos compatriotes mahorais, celles de la France avec celles du pays, une nouvelle page s’ouvrira avec en perspective la restauration de l’unité de notre pays.
La délégation française présente en ce moment dans le pays est venue tâter le terrain. Elle doit comprendre que les comoriens ne céderont pas à coup de pressions. Elle doit partir avec un message clair. les Comores maintiennent leur position :
Il n’est pas possible de cautionner ni de collaborer à des dispositions françaises qui traitent des comoriens à Mayotte comme des étrangers
Il faut libérer les échanges entre les îles et on s’apercevra que les problèmes induits par le visa Balladur disparaîtront au bout de quelques mois
Il faut engager des négociations internationales (Comores, France, Union Africaine, ONU) sur le règlement de la question de l’île comorienne de Mayotte comme le stipule l’ONU.
Idriss 16/04/08

samedi 5 avril 2008

GARE A L’EUPHORIE

Oui le pays a remporté une victoire précieuse, d’autant que l’opération militaire de rétablissement de l’ordre à Ndzuani n’a pas produit les dégâts humains et matériels attendus. Oui, il convient de saluer le Président Sambi, l’ Armée Nationale de Développement et les pays frères d’Afrique. Oui, il faut que les Comoriens se félicitent, s’encouragent et fassent le plein d’optimisme.
Mais il ne faut pas tomber dans le triomphalisme, il ne faut pas sombrer dans l’euphorie.
Car Il faut faire immédiatement face à certains proches du pouvoir (et ceux qui voudraient s’y infiltrer) qui veulent surfer sur la victoire pour assouvir leur soif de pouvoir, ce qui peut ramener le pays vers d’autres impasses. L’Histoire du pays doit nous instruire. Les parrains du « PERE DE L’UNITE NATIONALE » nous rappellent étrangement ceux du « PERE DE L’INDEPENDANCE » et ceux du « PERE DE LA DEMOCRATIE », chaque fois le pays s’est fait voler sa victoire et s’est mordu les doigts.
Car même s’il a reçu un « coup sur le nez » et qu’il saigne abondamment, le séparatisme n’est pas totalement écrasé, loin s’en faut. Sa mère nourricière, en soustrayant Mohamed Bacar de la justice comorienne, manifeste clairement sa détermination a poursuivre sa sale besogne. Tant qu’une issue ne sera pas trouvée à la question de l’Ile comorienne de Mayotte, la France, l’officielle comme l’autre, complotera contre l’unité et le développement des Comores. Et il se trouvera toujours des comoriens prêts à servir les intérêts étrangers comme cela a toujours été le cas dans le passé et dans tous les pays dominés. D’un autre coté les sentiments insulaires se sont renforcés depuis 1997 et offrent un terrain propice aux manipulations de toutes sortes.
Car le combat politicien qui perd de vue les intérêts du pays et met en avant l’esprit partisan est encore vivace dans le pays. N’est-il pas inconcevable de constater que certaines organisations politiques, craignant à juste titre une vague pro-Sambi, n’hésitent pas à soutenir Mohamed Bacar quitte même à saboter les manifestations comoriennes réclamant l’extradition du Chef séparatiste de la France vers les Comores.
Il s’ensuit que ceux qui ont la charge de conduire les affaires de ce pays doivent bien mesurer la portée toutes les décisions qu’ils prennent dans un contexte aussi délicat.
L’Ile de Ndzuani ne se trouve pas dans une transition ordinaire qui permet une application des dispositions de la Loi Fondamentale de l’Ile. Comment éviter de tomber dans une « chasse aux sorcières » tout en veillant à ce que la transition ne donne pas un nouveau souffle aux séparatistes anjouannais ? Dans la liste des personnalités sanctionnées, diffusée dans le monde entier, certains sont arrêtés alors que d’autres sont promus !? Considérer la situation à Ndzuani comme exceptionnelle n’est pas un argument tiré par les cheveux.
Dans une telle situation, ou bien on tombe dans l’arbitraire de ceux qui sont portés par la vague de la victoire ou bien on imagine des voies plus adaptées.
Dans son discours d’ouverture de la 1ère session ordinaire 2008 du Parlement, un discours de haute tenue, un discours d’Homme d’Etat mû par un patriotisme éclairé et des fortes convictions démocratiques, le Président Said Dhoifir Bounou indique le chemin à suivre : un rapprochement sincère et effectif de l’Exécutif et du Législatif. Ce qui permettrait de mettre au point les lois adaptées à la période de transition exceptionnelle à Ndzuani, de respecter réellement les principes d’un véritable Etat de droit et d’ouvrir la voie à une véritable stabilité institutionnelle et prouverait au monde que la raison française aux Comores n’est que la loi du plus fort, la loi d’un grand pays, membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui peut se permettre de fouler au pieds les résolutions de l’ONU qui le dérangent.

Idriss 05/04/08

vendredi 21 mars 2008

Respecter et Faire respecter notre pays !

Ces derniers jours l’actualité est fortement marquée par l’histoire rocambolesque de l’ hélicoptère qui se serait accidentellement écrasé à Ndzuani le 19 mars dernier. Bien sûr il y a matière à supputations mais il y a aussi ce que, nous, citoyens comoriens sommes en droit d’attendre de ceux qui ont la charge de diriger le pays.
L’hélicoptère appartient à Comores Aviation, société installée dans le pays. Cet hélicoptère serait celui là même qui aurait violé les sanctions prononcées par l’Union Africaine en transportant une proche de Mohamed Bacar de Maore vers Ndzuani. Comores Aviation est une société privée qui mène ses activités sans état d’âme, comme par exemple transporter dans les conditions que lui impose son client français les expulsés de Maore, comme louer son hélicoptère à son client français qui nargue la nation comorienne de toutes les façons possibles, comme louer son hélicoptère à un privé se rendant d’une île à l’autre sans se soucier de « politique ». Mais l’Etat comorien n’a-t-il aucun droit de regard sur l’activité commerciale dans le pays ? Comment comprendre et tolérer la passivité de ceux qui sont censés incarnés l’Etat ?
Laisser-aller, irresponsabilité, veulerie, mesquinerie, …
Ces derniers temps, le patriotisme comorien est entrain de retrouver des couleurs. Même l’esprit mercenaire qui régnait dans l’armée bat de l’aile. De plus en plus de gens osent s’interroger à voix haute sur les pratiques anti-comoriennes de la France.
Est-ce rêver les yeux ouverts que d’espérer un sursaut comorien qui verra les dirigeants du pays se respecter, se faire respecter et du même coup faire respecter le pays. Petit pays insulaire aux faibles moyens, les quatre Iles Comores n’en constituent pas moins un pays jaloux de sa dignité.
Idriss 21/03/08