Il est permis de célébrer un demi-siècle d'existence étatique ; il est même nécessaire de se souvenir de ceux qui ont lutté pour la liberté. Mais comment fermer les yeux sur la réalité que nous vivons lorsque nous entamons le deuxième demi-siècle d’indépendance ? En réalité la célébration officielle ressemble davantage à une mise en scène du pouvoir qui rassemble ses courtisans. Il est loin le temps où les trois îles dites indépendantes, célébraient dans la communion le 6 juillet, où le président parcourait l'archipel pour partager la fête. La désunion institutionnalisée affaiblit l'idée même de nation. L’absence d’enthousiasme populaire souligné par les journalistes à Moroni en est une traduction frappante. Le clou de la « fête » fut incontestablement le discours du président Azali. Comment peut-il brosser un tableau rassurant : paix, quiétude, progrès économique ? Se peut-il qu’il ignore la réalité ? 𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐩𝐚𝐢𝐱 𝐨𝐮 𝐪𝐮𝐢é𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭-𝐢𝐥 ê𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞...
A la veille de la célébration du 51 ème anniversaire de l’indépendance, il est manifeste que l’état du pays est déplorable voire calamiteux. Ces interminables files d’attente devant les stations en donne un aperçu saisissant. De plus chacun mesure l’impact des pénuries de carburant sur tous les aspects de la vie des citoyens. Mais il ne s’agit pas d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Car chacun vit douloureusement dans son quotidien les coupures intempestives d’électricité, y compris dans la capitale ; le manque général d’eau courante, y compris et peut-être surtout, dans la capitale ; le système de santé défaillant à l’origine de ces innombrables voyages sanitaires ; l’enseignement public sacrifié ; les routes dégradées malgré les réfections effectuées ; l’unique aéroport international d’un autre âge sans oublier l’absence de connexion directe avec les pays de la région ; Les liaisons inter îles, par mer et par air, rares, irrégulières et coûteuse...