Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...
MAORE : RECONSTRUIRE L’UNITE NATIONALE Comme chaque île de l’Archipel des Comores, Maore possède ses propres singularités. Sa proximité avec Madagascar en a fait une cible privilégiée des invasions malgaches du XIX° siècle. D’où une communauté parlant un malgache maorais. D’où aussi l’usurpation du pouvoir dans l’île comme ce fut le cas d’Andrianatsoli, celui qui a « vendu » Maore aux français. La population maoraise porte aussi l’empreinte d’une forte migration de Saint Mariens et de réunionnais, intervenue après la colonisation française sur l’île. Des « citoyens » français espérant des positions privilégiées face aux indigènes. Ils finirent par s’intégrer tout en gardant leur « nationalité » française. Il n’en reste pas moins que la greffe a pris et l’homogénéité du peuple comorien n’en a pas souffert. Avant et pendant la colonisation l’unité de l’Arch...