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Déclaration N°22| AZALI DOIT PARTIR

 "Déclaration numéro 22 de l'organisation UKOMBOZI"
publication intégrale

1999-2006 soit 7 ans, 2016-2024 soit 8 ans. Au total 15 ans au pouvoir. Record battu. Aucun président comorien n’a passé autant de temps au pouvoir. Cela seul suffirait pour demander son départ.

Mais Azali a battu un autre record : aucun président comorien n’a fait autant de mal au pays depuis l’indépendance.

·        Une situation économique et sociale désastreuse.
« Pays à revenu intermédiaire » s’autoglorifie le pouvoir ! Un tour de passe – passe incompréhensible pour ceux qui vivent aux Comores. Il est évident que ce classement est vicié dans la mesure où le pays ne dispose pas de données complètes et fiables dans aucun domaine économique et social. Ce qui inévitablement fausse les critères d’évaluation du pays.
En tout cas chacun peut constater l’ampleur des délestages d’eau et d’électricité, y compris dans la capitale ; le délabrement avancé de l’éducation nationale et de la santé ; le pourrissement effroyable de la justice. D’où viendrait un tel bond des revenus des Comoriens, même s’il ne s’agit que de la « tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire » (Banque Mondiale)

·        Une autocratie qui se croit tout permis
Depuis la dissolution arbitraire et arrogante en 2018 de la Cour Constitutionnelle, l’institution faîtière du pays, Azali croit pouvoir agir à sa guise. Il a adapté la Constitution à ses désiderata en 2018, s’est emparé de la présidence en 2019 et s’est assujetti les pouvoirs législatifs et judiciaires. Ce qui lui a permis d’organiser une mascarade électorale en 2024 qui s’apparente à un putsch constitutionnel. Il a cru pouvoir rééditer le putsch électoral de 2019 ?
La répression abattue sur le pays rappelle le temps des mercenaires. Des assassinats de militaires et de civils non élucidés. Réveil d’une cour de sureté de l’Etat pour embastiller ses principaux opposants dont l’ancien président Sambi. Arrestations massives de jeunes et détention dans des camps militaires dans des conditions épouvantables.
Musellement de l’Opposition, y compris l’interdiction de tenir des meetings dans des lieux privés, pendant que le parti du président dispose de la télévision nationale et du journal national, organise allègrement des rassemblements sur les places publiques.

·        Une capitulation frisant la trahison nationale
L’indépendance de notre pays est incomplète puisque Mayotte demeure encore sous administration française. Cela seul suffit à formuler une appréciation négative des pouvoirs qui se sont succédés à la tête du pays depuis 1978.
Sous ce prisme, Azali a, encore une fois, battu tous les records.
C’est lui qui, en 2005, a rompu l’encerclement régional de l’île de Mayotte et ouvert la porte à la « départementalisation » en concédant à la France la participation de Mayotte, en tant qu’entité indépendante des Comores, aux jeux des jeunes des îles de l’Océan Indien.
C’est lui qui en 2019, a signé un « accord de partenariat avec la France », accord consacrant la collaboration d’Azali avec l’Occupant, en particulier en réduisant les forces de sécurité comoriennes en supplétifs de la Police de l’occupant de Mayotte dans leur lutte contre les déplacements entre Anjouan et Mayotte.
Azali n’a jamais manifesté la moindre compassion envers les dizaines de milliers de Comoriens victimes du visa mortifère Balladur.
Azali a pris sa part dans l’opérations spéciale Wambushu, il a accueilli les expulsés de Mayotte sans le moindre scrupule.
Face à la perspective d’un Wambushu 2, à la multiplication des pogroms et des destructions des habitats, Azali met en avant la suppression du droit sol comme si le sol maorais serait français.

·        Une image internationale du pays écornée.
Le président comorien choisi pour diriger l’Union Africaine, c’est incontestablement un honneur fait à notre petit pays insulaire, une visibilité internationale inconnue jusque-là. Malheureusement la personnalité d’Azali ne convenait pas à la fonction. Même son « ami et frère » Maky Sall a observé, non sans rire, que cette promotion relevait du maraboutage. Et la suite allait lui donner raison.
Face aux multiples conflits, y compris armées comme au Soudan, l’UA n’a pris, sous sa direction, aucune initiative d’envergure pour éteindre les feux qui ravagent l’Afrique. Pire, Azali fut interdit de se rendre dans les trois pays du Sahel, Mali, Burkina Faso et Niger, là où il fallait précisément trouver des voies d’apaisement des tensions au sein de la CEDEAO. En somme, Azali a finalement joué un rôle improductif pour ne pas dire négatif pour l’Afrique.
Azali se congratule d’avoir fait entrer l’Afrique dans le G10. Oubliant que c’est le fruit d’une bataille engagée depuis plusieurs années par des dirigeants africains qui rampent devant l’Occident. Quelle indignité que de mettre sur le même niveau un continent entier et un pays, fut-il un pays occidental ! 
Summum de la déchéance, Azali n’a pris aucune initiative sur la « question de l’île comorienne de Mayotte » suivant la formule onusienne ! la question principale pour son pays. Dans aucun de ses nombreux discours en tant que président de l’UA, Azali n’a jamais prononcé le mot Mayotte. A l’entendre il lui fallait éviter un piège, une fumisterie : qui piégeait qui et dans quel but.

Azali doit donc partir.

Ses « prouesses » lors des élections de 2024, rendent ce départ urgent. Jamais, au grand jamais, au niveau mondial, on a vu une fraude à une si grande échelle d’un bout à l’autre du processus électoral. Azali et son clan n’ont même pas cherché à maquiller leur forfait. Un président -candidat qui jusqu’à la dernière minute change les compositions des organes chargés des élections, des urnes ramassées avant la clôture du scrutin, des proclamations de résultats fantaisistes par la CENI. Une validation des résultats encore plus suspects par la Cour Suprême qui n’a même pas pris la peine d’examiner en séance les recours des candidats.

On comprend la révolte spontanée de la jeunesse comorienne qui s’est insurgée contre ce qu’il faut bien appeler un coup d’état institutionnel, des citoyens responsables qui ont affronté l’armée durant plus de deux jours. Une situation inédite dans le pays depuis l’indépendance.

Toutes les couches de la population comorienne, jeunesse, notabilité, imams sont vent debout contre le régime. Azali ne peut plus diriger le pays sans aucune légitimité, avec un tel rejet populaire, uniquement par la force.

Le mot d’ordre qui rassemble presque tous les Comoriens est désormais :

Azali dégage.

 

Comité National
contact@ukombozi.net
01/03/2024

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