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Interrogations sur le dialogue politique Comores-Union Européenne

Jeudi 9 février 2017 rencontre Comores-Union Européenne dans un grand hôtel de Moroni. On apprend que c’est la deuxième session du dialogue politique entre les deux parties, après celle de 2015. Une réunion importante donc. Pour le Ministre comorien des Affaires étrangères, il s’agissait « d’aboutir à une vision et à une action commune sur les enjeux qui préoccupent le monde » (Alwatwan numéro 3113 du 10/02/2017). Plusieurs thèmes ont été abordés : « processus électoral, la lutte contre la corruption, les droits de l’homme et la justice, la décentralisation et les réformes de l’Etat, le développement socioéconomique et la vision de développement du gouvernement, les accords de pêche, la lutte contre le terrorisme, sécurité et coopération régionale, etc. » (op.cit.) Tout cela en quatre heures !

Est-ce que la question de Mayotte se trouve dans le etc. ? Il faudrait être stupide pour le croire ! Il est fort probable qu’elle n’a pas été évoquée !

Pour l’Union Européenne qui a changé de position pour s’aligner derrière la France, la question de Mayotte est définitivement tranchée, il ne s’agit que d’un leurre dont les autorités comoriennes successives se servent pour duper l’opinion comorienne. Pour les Comores, c’est une question qui fâche qu’on évite comme le diable quand on se trouve devant la France.

Se trouve-t-il aux yeux des Comoriens, un enjeu qui passe devant les milliers de morts du bras de mer Anjouan-Mayotte ? Le principe de réalité devrait s’imposer. D’abord à la France : Mayotte n’est pas une île française, c’est une île de l’Archipel des Comores. Les échanges entre les quatre îles ne peuvent pas être arrêtées par la force policière ni par des mesures administratives arbitraires. Ensuite aux Comores : Mayotte est administrée par la France ; en attendant un règlement de la question, il faut trouver une façon de libérer la circulation des biens et des hommes entre les quatre îles. Cela passe par la suppression immédiate du visa Balladur et par un contrôle de l’exode rural.

On peut enfin s’interroger sur les thèmes abordés. On a l’impression d’une supervision ! Car il est difficile de croire que les Comores vont dire un mot sur le respect des droits de l’homme dans cette Europe qui se barricade contre l’immigration ; dans cette Europe qui envoie devant les tribunaux, les européens solidaires des immigrés. Car il est difficile de comprendre que dans le « dialogue », soit soulevée la question de la « vision de développement du gouvernement » ! Ce qui sous-entend que le gouvernement comorien va soumettre à l’UE, sa vision du développement pour validation !?

S’agissant de la question de Mayotte, on a du mal à cerner les stratégies comoriennes. Les gouvernants semblent ne pas comprendre que la France ne négociera que contrainte et forcée. Or la seule façon de faire ce sont les pressions internationales. A chaque rencontre internationale, il faut se servir du droit pour mettre la France le dos au mur, il faut obtenir des condamnations de sa politique aux Comores. En rampant devant elle, en louant sa coopération et en la caractérisant de principal ou premier partenaire des Comores, on la renforce dans son annexion de Mayotte et on se ridiculise aux yeux du Monde.

Idriss (11/02/2017)

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