Accéder au contenu principal

Apaiser pour des Assises nationales fécondes

Le pays est incontestablement entré dans une zone de turbulences !

Situation confuse lourde de danger sur la sphère religieuse.
Les dirigeants musulmans et politiques comoriens semblent suivre la voie qui a conduit le monde musulman à des affrontements fratricides insensés. Chez-nous, les différents rites musulmans cohabitent en paix depuis des siècles. Cette liberté du culte couvrait même les autres religions. Pourquoi créer des troubles avec des lois et des « fatwa » qui enveniment les relations entre les citoyens ? Ne faudrait-il pas prendre en compte les différentes sensibilités religieuses pour réconcilier, pour consolider un vivre ensemble apaisé et cordial ? Comment traduire dans la pratique une situation complexe : notre pays est profondément musulman mais notre Etat est laïc ?
Et viennent s’y greffer des luttes autours des prétendues bonnes mœurs sans qu’il soit clair que c’est l’Etat qui légifère et assure la sécurité de tous. Peut-on laisser des gens, quel que puisse être leur bonne volonté et leur érudition religieuse ériger leurs opinions en règles et à les faire appliquer par la force ? Est-il tolérable qu’un prêcheur d’une mosquée soit libre de toute contrainte et puisse se permettre de dénoncer nommément des gens ? Où cela peut-il mener ?

Danger séparatiste aussi.
Sur le terrain politique la rupture de l’alliance CRC-JUWA risque de polariser le combat politique avec une coloration séparatiste insidieuse. Ce qui aurait pu constituer un élément de stabilité et de développement d’une démocratie responsable va-t-il virer à la catastrophe.
Le danger séparatiste est aussi nourri par tous ceux qui veulent focaliser les assises nationales sur la question de la tournante. Et Dieu sait s’ils sont divers, nombreux et puissants. Toutes les arrière-pensées politiciennes s’y arcboutent.

Force est donc de souligner le véritable enjeu des assises : tourner la page des premières quarante années de l’indépendance.
Avant la colonisation, nous avions un pays même si, comme d’autres pays dans le monde, il ne s’était pas doté d’un Etat. On semble oublier que nombre d’Etats occidentaux se sont édifiés au XIX° siècle. Nous avions donc notre pays, notre nation, nos valeurs. Les bases de l’émergence d’un Etat se posaient. A l’époque aucun Comorien n’oserait voler l’argent des villages et encore moins des mosquées. Depuis l’indépendance, nous avons peu à peu tout perdu. Le pillage des deniers publics est devenu la norme. Nous singeons la France en tout et pour tout ; perdant du même coup nos repères, nos valeurs ; ouvrant ainsi la voie aux coups d’Etats, au règne des mercenaires ; prêtant le flanc aux manœuvres de balkanisation du pays et de destruction de notre nation.
Il s’agit donc d’un enjeu fondamental qui exige une large participation. Il faut mener des études scientifiques autour de l’organisation d’un Etat comorien ancré dans des réalités nationales singulières ; autour de l’émergence de la nation comorienne et de son évolution ; autour d’une orientation économique et sociale susceptible de sortir un petit pays insulaire de la pauvreté ; autour des questions cardinales de la période comme la question de Maore. Il faut détendre l’atmosphère pour espérer un large débat apaisé dont le pays attend une nouvelle ère d’unité et de prospérité.

Notre espoir et notre vœu est de voir le Président Azali qui a fait sien le projet des assises nationales, œuvrer sincèrement dans le sens de l’apaisement, de la concorde, du respect et de la prise en compte de toutes les tendances pour que ces assises remplissent les espoirs de notre pays et de notre nation.
Idriss (23/07/2017)

Commentaires

Pablo (yo) a dit…
Super blog!

J'ai aussi un blog, et j'essaie d'obtenir une visite de tous les pays. J'aimerais vraiment faire une visite des Comores.

Si vous le pouvez, revenez et visitez le mien:
http://albumdeestampillas.blogspot.com


Merci,
Pablo d'Argentine

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

𝐐𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄

(Un article proposé à " La Gazette des Comores qui n'a pas été publié) Je réagis, comme s’il s’agissait d’un droit de réponse, à l’important article de mon proche ami, Mohamed Djalim Ali, publié dans la Gazette du 15/01/2026 et dont le titre : « ce que doit être la diplomatie comorienne : le réalisme comme boussole ». Dans notre monde gouverné par les lois de la jungle, où les puissants agissent à leur guise pour défendre leurs intérêts, s’interroger sur l’orientation de la diplomatie de notre tout petit Etat mérite d’être salué. Djalim a bien raison de lancer le débat. Malheureusement l’objectif poursuivi semble être la défense d’une France qui perd pied en Afrique. La position de Djalim est explicitée clairement. « La coopération franco-comorienne, malgré ses limites et ses déséquilibres, s’inscrit dans une temporalité longue. Elle concerne des domaines structurants : formation des cadres, appui institutionnel, éducation, santé, sécurité, culture, gestion de la diaspora et ...

𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥'é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

L’école constitue le socle d’une société Il me semble utile de souligner avec force l’importance de l’école même si l’on peut considérer cela comme des banalités que l’on rabâche à tout bout de champs. Il s’agit d’œuvrer pour une large prise de conscience de la population comorienne.   L’école occupe une place centrale dans la construction du futur d’une société. Elle ne se limite pas à la simple transmission de savoirs : elle façonne les citoyens de demain, leur transmet des valeurs, des compétences et des outils essentiels pour s’insérer dans la vie sociale, économique et culturelle. Une éducation de qualité est l’un des leviers les plus puissants pour lutter contre la pauvreté, améliorer la santé, promouvoir l’égalité hommes-femmes, renforcer la cohésion sociale et assurer la stabilité politique. Elle favorise aussi la compréhension des enjeux politiques et sociaux, encourage la participation citoyenne et contribue à la réduction des inégalités. En somme, l’école est le socl...