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Bâtir un destin au pays

Que va devenir le pays après le « référendum » du 17 mai 2009. Question essentielle pour ceux qui ont à cœur les intérêts du pays. Le Président Sambi et les siens chantent victoire, versent dans la demesure et travertissent les faits sans la moindre pudeur. Comme si le verbe pouvait transformer le rêve en réalité ; comme si il ne s’était rien passé depuis mai 2006 !? Les « Midjidjengo » pour leur part semblent désarmés. Coupés des masses qui leur reprochent, non sans raison, de ne rien voir venir, ils subissent, victimes et coupables à la fois. Le Président Sambi, seul maître à bord, a-t-il conscience de mener le pays droit vers un mur ?
Car les questions induites par les réformes constitutionnelles sont lourdes et tout indique que les réponses qui y seront apportées ressembleront plus à des coups de force qu’à une gestion apaisée et raisonnée. Le ton est donné par ceux qui pensent que le 3ème Vice Président pourrait être nommé, et contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, il ne s’agit pas d’un Vice Président originaire de Mayotte, une île comorienne qui figure pourtant dans la Constitution au même titre que les autres, non, il est question d’un Vice Président originaire d’Anjouan.
Même veine dans le discours présidentiel à la nation de l’après 17 mai. Le Président Sambi conforte ce qui paraît être une stratégie fondée sur des « coups de force ». A l’entendre le pays est redevenu un (sans Mayotte bien sûr), un trait sur le séparatisme insulaire pourtant si vivace chez nombre de nos compatriotes, un trait sur les aspirations légitimes à une autonomie de gestion des îles, pensez donc chaque Gouverneur sera encadré par le Vice Président originaire de son île.
Poursuivant sur le même terrain, le Président Sambi veut disposer d’assemblées à sa dévotion, ce qui donnera aux « coups de force » un semblant de légitimité, le scandale de la loi sur la citoyenneté économique est passé par là. Il faut donc, insiste-t-il, choisir des bons Députés au parlement national et des bons Conseillers dans les îles. Mais bien sûr aucune échéance et encore moins de date n’est avancée. Les délices de se retrouver seul à la tête du pays mérite bien quelques silences sur des questions clé. Le pire ou le mieux, c’est selon, Sambi semble avoir oublié la clé de voûte essentielle de l’actuelle Constitution : la tournante. 2010 ou 2011 ou 2013 ou 2014 ou … ! Un signe tangible annonciateur de tempêtes sous le ciel des Comores.
Face à des perspectives aussi sombres, il faut que les forces patriotiques et démocratiques relèvent la tête, il ne convient pas de désespérer du pays. Le mensonge et le pillage des deniers publiques ne sont pas l’avenir. Le fatalisme et la capitulation ne sont pas la solution. Chaque fois que le pays s’est trouvé désarmé, des nouvelles forces ont surgi pour porter le flambeau du patriotisme démocratique.
Il faut nous retrouver autour d’un vrai programme politique cristallisant les aspirations des masses à une vie meilleure et de statuts consacrant un fonctionnement réellement démocratique.

NON A TOUT POUVOIR AUTOCRATIQUE, RESPECT DE LA TOURNANTE DE 2010
NON AU MAINTIEN DE MAYOTTE DANS LA FRANCE
POUR UNE CONSTITUTION COMORIENNE EQUILIBREE
POUR UNE LUTTE RESOLUE ET EFFECTIVE CONTRE LA PAUVRETE


Comité pour le Rassemblement des patriotes et démocrates comoriens
Idriss Mohamed 25/05/2009

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