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LEGISLATIVES : LA QUESTION

La campagne a démarré, timidement mais le processus est lancé. La « Communauté internationale » qui semblait traîner les pieds » se serait rangé aux désirs de Sambi et certains pays ont commencé à mettre la main à la poche. En tout cas, le budget est loin d’être bouclé. Il manquerait plus de 130 millions.
On est en droit alors de se demander si le pays pourra financer les présidentielles de 2010 après des législatives qui auront coûté plus d’un milliard ?
On est en droit de se demander si les législatives ne sont pas l’arbre destiné à cacher la forêt présidentielle ? Sambi et les siens n’ont-ils pas déjà décidé que les présidentielles n’auront pas lieu en 2010 ?
On est en droit de se demander si tout le tapage sur la multiplicité des élections dans ce petit pays pauvre de surcroît, n’était pas une pure duperie sinon pourquoi ne pas organiser des élections générales en mars 2010 : Président, Gouverneurs, Députés et Conseillers en un coup ?
Comme son homologue nigérien, Sambi a modifié la Constitution et organise des législatives avec pour seul objectif son maintien au pouvoir ad vitam. Mais lui a réussi, jusqu’ici tout au moins, à échapper à la désapprobation universelle. La différence c’est que Sambi est plus malin, sa magie verbale opère encore, alors que son opposition, au lourd passé, semble déboussolée, incapable de répondre du tac au tac aux manœuvres du pouvoir.
Comme pour conforter nos craintes, son puissant Directeur de Cabinet a lâché dans une interview : « le mandat de Sambi est de 5 ans » comme le stipulerait la nouvelle Constitution. En réalité l’harmonisation des élections à la sauce Sambi c’est le prolongement de son mandat au mieux jusqu’en 2013 (fin du mandat de Moussa Toyb, le « président-gouverneur » de Ndzuani) au pire jusqu’en 2011, une prolongation, qui on l’imagine aisément en appellera d’autres.
Le décor étant planté, les Comoriens ont le droit et le devoir d’interroger leurs vrais amis :
Vous financez les législatives, vous savez que l’Etat comorien est incapable de financer une seule élection, êtes vous prêt à remettre la main à la poche dans la perspective de la tournante de 2010 ? Sinon ne financer pas les législatives car alors vous commettez un crime sans nom contre notre pays.
Etes vous sûr que Sambi n’abusera pas, avec sa façon singulière, celle pratiquée lors de l’adoption de « la loi sur la citoyenneté économique » pour prolonger son mandat quitte à plonger le pays dans le trouble car personne ne sait ce que sera la réaction du pays si la tournante est bafouée ? Même si on craint un séparatisme mohélien et une répression sauvage, ce sera le pays tout entier qui sera en ébullition.
Les vrais amis du pays l’auront bien compris : il ne faut pas financer les élections, il faut miser sur des élections générales en mars 2010 ou au moins aux seules présidentielles.
Il reste à espérer que le pays prendra rapidement conscience du véritable enjeu de ces législatives : la prolongation du mandat de Sambi qui semble séduit par les systèmes politiques et administratifs d’un moyen orient arabe quasi moyenâgeux. Que Dieu nous protège !
Idriss 20/11/2009

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