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Discours du Comité Maore

Le 26 mars 2011, l'Etat comorien a organisé un rassemblement national de dénonciation de la "célébration" de la départementalisation française de l'île comorienne de Mayotte le 1er avril prochain. La manifestation a rassemblé les représentants des pays et institutions internationales présents dans le pays. Le Comité Maore a eu l'honneur d'y prendre la parole. Ci dessous son intervention.


Excellence, M le Président de l’Union des Comores,
Excellence, M le Président Elu,
Excellence, M le Président de l’Assemblée Fédérale,
Honorables Représentants des pays et organisations internationales ici présentes,
Chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
Comment traduire les sentiments de reconnaissance du peuple comorien envers les pays et organisations internationales qui, malgré des fortes pressions, soutiennent sans réserve le combat du peuple comorien pour la réintégration de Mayotte dans l’Etat comorien ?
Permettez-nous une mention spéciale pour le Comité des Sept, cet organe de l’Union Africaine qui accompagne notre pays depuis 1977.
Merci de donner du sens aux valeurs de solidarité entre les peuples
Merci de vous opposer à ceux qui veulent faire de notre monde, une jungle où le plus fort écrase le plus faible sans état d’âme.
Votre soutien conforte notre conviction inébranlable que Mayotte retrouvera un jour ou l’autre sa place dans un Etat comorien unifié, démocratique et ayant pleinement confiance en ses propres forces.
Excellences,
Comment comprendre et tolérer que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, ne respecte pas le principe de l’intangibilité des frontières au moment de l’accession des pays à l’indépendance, un principe fondateur de l’Organisation des Nations Unies ?
Comment comprendre et tolérer que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, ne respecte pas la vingtaine de résolutions de l’ONU sur la question de l’Ile comorienne de Mayotte ?
Les peuples ne peuvent que s’interroger sur la portée des résolutions de l’ONU. Ne s’imposent-elles qu’aux pays faibles ? Ne sont-elles valides que lorsqu’elles sont agrées par la France ?
Mais ce n’est pas tout. La France affirme, à qui veut l’entendre, que sa loi interne prime sur la loi internationale ! La Constitution française serait-elle au dessus de la Charte de l’ONU ?
Excellences,
Permettez-nous de vous rappeler et de bien mettre en relief le drame que subit notre peuple depuis l’instauration en 1995, du visa Balladur :
• Plus de 10 000 morts et disparus en mer, entre Anjouan et Mayotte, plus de 1% de la population comorienne. Représentez-vous l’ampleur d’une telle catastrophe humanitaire !
• Des centaines d’enfants comoriens abandonnés à Mayotte suite aux expulsions de leurs parents.
• A Mayotte, des Comoriens sont indexés comme bouc émissaires, pourchassés, traqués sans aucun ménagement. La France ne respecte même pas ses propres lois.
A Mayotte, la France se rend coupable, au vu et au su de la Communauté Internationale, de déplacements forcés de population au sein d’un même pays, un crime contre l’Humanité aux yeux de la Cour Pénale Internationale.
Excellence, M le Président de l’Union des Comores,
Permettez-nous de nous adresser solennellement à votre Excellence pour vous faire sentir le pouls de la population comorienne.
Chacun de nous se sent humilié par l’attitude inqualifiable de l’ambassadeur de France aux Comores. Comment peut-on tolérer qu’au moment même où la France célèbre son annexion de l’île comorienne de Mayotte, son ambassadeur chez nous menace notre pays et soumette nos dirigeants à un chantage lamentable sur un visa ? Et pourquoi tant d’agressivité ? Pour une mesure administrative banale. N’est ce pas un minimum que de demander aux personnes se présentant aux frontières, une pièce d’identité ! Est-ce là un crime abominable qui vaut à notre pays un tel déchainement de violence de la part de l’ambassade de France aux Comores.
Trop c’est trop, M le Président. Le peuple demande que la riposte de notre pays aux provocations insensées de l’ambassadeur de France soit à la mesure de l’affront.

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