Accéder au contenu principal

Lettre ouverte au PROCUREUR GENERAL

IDRISS MOHAMED Moroni le 13 avril 2011
BP 1497
Moroni

Monsieur le Procureur Général
Tribunal de Moroni

Objet : les libertés individuelles sont menacées.

Monsieur le Procureur Général,

Je me dois, en tant que simple citoyen attaché au respect des libertés individuelles, de vous saisir sur l’incident significatif qui s’est produit à la société MAMWE en fin de semaine dernière et qui a été rapporté par la presse. A observer le cours des choses on semble s’acheminer vers une banalisation de l’affaire, son enterrement paraît déjà une chose faîte. Ce qui me paraît une faute grave qui vient conforter ceux qui pensent que dans notre pays, les lois ne sont pas systématiquement respectées. Et c’est cela qui me conduit à vous saisir publiquement. Publiquement puisque cette affaire ne me concerne pas personnellement mais intéresse tout le pays.
Monsieur le Procureur Général,
Pouvez-vous répondre publiquement aux questions que nombre de citoyens se posent sur les places publiques :
Face à la MAMWE, Monsieur le Procureur de la République est-il un citoyen comme tous les autres et doit par conséquent être traité avec le respect et l’attention qu’un fournisseur doit à son client ou bien bénéficie-t-il de privilèges particuliers liés à ses fonctions ?
Monsieur le Procureur de la République peut-il disposer de la gendarmerie et décider d’employer cet auxiliaire de la justice pour arrêter des citoyens dans des situations ordinaires comme ce fut le cas de l’arrestation de l’agent de MAMWE ?
Si ce n’est pas le cas, n’y a-t-il pas là un abus de pouvoir susceptible d’être puni par la loi ? Peut-on fermer les yeux sur les quelques heures que l’agent de la MAMWE a passé à la gendarmerie pour avoir simplement fait son travail en suivant les procédures d’exécution des taches courantes ?
Est-il possible de laisser impuni des comportements de cette nature qui sont à la source de certains maux qui gangrènent l’administration de notre pays ?
Monsieur le Procureur Général,
J’en appelle solennellement à vous de par vos fonctions puisque vous êtes le supérieur hiérarchique direct du Procureur de la République pour prendre les mesures qui s’imposent ne serait-ce que des excuses publiques et une indemnisation de l’agent de la MAMWE.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression de mon profond respect

Copie :
Ministère de la Justice
Présidence de la République

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

Adresse aux médias comoriens

Objet : le faible traitement de la question de Maore Mesdames et Messieurs les responsables des médias comoriens, Journalistes, éditorialistes, animateurs, chroniqueurs, vous qui formez le quatrième pouvoir de notre pays, Je m’adresse à vous avec gravité, mais aussi avec respect, car votre rôle dans la conscience nationale est immense. La question de Mayotte n’est pas une question secondaire, ni un simple sujet diplomatique parmi d’autres : elle touche à l’intégrité territoriale de notre pays, à notre mémoire collective, à notre souveraineté, et à notre dignité nationale. Aujourd’hui, je m’interroge sur le traitement médiatique de cette question fondamentale. Je suis abonné à Alwatwan, Lagazette des Comores et à Alfajr. Je suis régulièrement les sites d’info Habarizacomores et de temps en temps Comoresinfo. Je suis parfois le journal de FCBKFM. Mais je ne peux pas produire des statistiques précises sur le volume d’articles ou d’émissions consacrés à Mayotte, cependant mon s...

LA COI : L’ARME FATALE DE LA FRANCE CONTRE LES COMORES

Le 8 juin 2026, le sommet de la COI s’est tenu comme de coutume. Le ministre comorien affirmant haut et fort Mayotte comorienne et la ministre française cherchant à noyer le poisson dans l’eau avec son intégration de Maore dans la COI. Un peu d’histoire pour appréhender précisément la stratégie française En 1975, la France était complètement isolée. Le maintien de Maore sous sa domination coloniale soulevait l’indignation générale. Les référendums organisés à Mayotte en 1976 furent des mascarades. On ne légitime pas une situation contestée en organisant des consultations locales sous contrôle de la puissance qui en tire bénéfice. Aucune crédibilité donc au prétendu « choix des Maorais à rester français ». A cela il faut ajouter la falsification ubuesque du droit international par la France. En effet Il n’y a pas, d’un côté, l’intégrité territoriale des Comores, et de l’autre, un hypothétique “droit du peuple maorais à disposer de lui-même”. Cette symétrie est une const...