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Le compte rendu de la honte

Le contexte : la France départementalise Mayotte et l’ambassadeur de France affiche son mépris insolent envers le Gouvernement comorien qui a osé exiger une pièce d’identité à ses frontières malgré (ou avec intention) les conséquences que cela allait avoir sur les Comoriens non français expulsés de Mayotte. Inacceptable pour M Hallade que les Comoriens refusent les refoulés de Mayotte ! Et il n’a pas eu de mots assez durs « retournements », « double langage des Comoriens », « mauvaise volonté » pour stigmatiser le Gouvernement comorien, au premier chef le MIREX accusé du crime de « collaborer » avec le Comité Maore. Les binationaux sont indexés et taxés d’anti français !

Les rencontres : malgré le chantage au visa aux détenteur de passeport diplomatique, malgré l’interdiction faite au Président comorien de se rendre à la Réunion, Sambi, en personne, avait reçu Hallade et ouvert le bal de la honte. Un simple ambassadeur du coté français et du coté comorien : Secrétaire Général du Gouvernement élu Vice Président pour Ndzuwani, Ministre de l’Education élu Vice Président pour Mwali, Ministre de la Justice et Ministre de l’économie. La messe était dite.

Hallade a obtenu la reconnaissance du fait accompli français à Mayotte.

Sous couvert d’aspects sécuritaires, la délégation comorienne a avalisé l’appartenance de Maore à la France. « Les autorités comoriennes vont biométriser les Comoriens présents » à Maore. En somme, les Comoriens de Mayotte pour Hallade, ceux des 3 îles bien sûr. Pire encore, « la partie comorienne s’engage …pour lutter contre les flux migratoires par kwassa-kwassa » en somme la délégation comorienne accepte de considérer les flux de personne entre Mayotte et les autres îles comme migratoires et cerise sur le gâteau offert à la France, les forces de sécurité comoriennes vont s’attaquer aux Kwassa et délester la partie française de la sinistre besogne !

Sous couvert de droits humanitaires, la délégation comorienne a avalisé l’appartenance de Maore à la France puisque face aux expulsions de Mayotte, elle engage des discussions sur les conditions de ces expulsions et non sur leur cessation. Elle avalise que des Comoriens puissent être traités de « clandestin » à Maore et négocie leur détention au CRA de Mayotte

Sous couvert de visas, la délégation comorienne a avalisé l’appartenance de Maore à la France puisqu’elle accepte de discute sur les conditions d’assouplissement de la délivrance du Visa Balladur sans aucun engagement sur sa suppression.

Que pouvons-nous dire aujourd’hui au monde, à ceux qui nous soutiennent ? La manifestation du 26 mars était-elle une simple farce ? Dans quel but ?

Au total la délégation a piétiné la Constitution comorienne et devrait passer devant un tribunal pour haute trahison.

En tout cas force est de s’interroger sur la portée de ce simple compte rendu. Peut-il engager le pays sur une question stratégique dont la délicatesse n’est pas à démontrer ? L’Assemblée qui a voté une résolution pertinente va-t-elle rester les bras croisés ? Le Ministre Fahami va-t-il avaler la couleuvre ou s’insurger ?

Pour finir, que croyait Sambi ? Pensait-il que son décret sur le contrôle des frontières n’allait pas susciter l’ire des français ? S’il n’était pas décidé d’aller jusqu’au bout, pourquoi l’avoir signé pour après reculer honteusement et plonger la nation comorienne tout entier dans l’ignominie !

Tient-il lui aussi à être hué le jour de son départ de Beït salam ?
Idriss (04/04/2011)

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