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HARO SUR LA CORRUPTION

La détermination du Président Ikililou de briser le cou à la corruption suscite bien des débats.
Il y a les sceptiques de tout bord. C’est que le pays en a vu. On se rappelle du slogan de Sambi : « corruption tolérance zéro » et des dégâts subis par le pays tout au long des cinq dernières années. C’est qu’il est difficile d’appréhender les critères sur lesquels Ikililou s’est basé pour constituer son Gouvernement, comment ne pas y déceler des choix purement personnels. Cela ne confine-t-il pas avec le style et les méthodes de prédilection de la corruption !
Il y a ceux qui veulent y croire dont je fais partie et qui considèrent les arguments des sceptiques comme des mise en garde, des appels à aller de l’avant avec assurance. « Pessimisme de la raison mais optimisme du cœur ». Il ne convient pas de condamner le pays, de décourager toute tentative d’enrayer la corruption. Au contraire, il faut saisir toute ouverture et s’efforcer d’aller le plus loin possible. D’autant qu’Ikililou a été un des rares hauts dignitaires de l’ancien pouvoir à ne pas avoir puisé dans les deniers publiques et à avoir refusé les cadeaux empoisonnés des corrupteurs. Ce qui n’est pas rien, loin s’en faut. Au lieu de semer le doute, il faudrait l’encourager, l’aider de toutes les façons possibles.

POUR UN TRAVAIL PÉDAGOGIQUE SOUTENU

Le Président Ikikilou a bien compris qu’il faut mobiliser tout le pays. La rencontre formelle avec les Chefs des partis doit être suivie d’une véritable campagne de communication à travers les médias d’Etat, il faut susciter des pièces de théâtre, des romans, etc. Il faut effectivement encourager (moyens, protection, ..) le journalisme d’investigation. Il faudrait trouver des formules sociales pour indexer les corrompus et les corrupteurs. Changer de mentalité, renverser l’échelle des valeurs de sorte que les communautés, au lieu de soutenir « l’enfant du village » délictueux, le condamne, le mette au pilori.

POUR UNE APPLICATION STRICTE DE LA LOI

Il y a une multitude d’affaires qui ont éclaté au grand jour dans des grandes sociétés d’Etat : SNPSF avec les centaines de millions volatilisés ; PNAC avec une centaine de millions disparus entre la PNAC et la BCC ; MAMWE avec les groupes chinois fournis en février 2011 dont personne ne sait rien ; ANRTIC avec une gestion houleuse du code pays ; l’appropriation frauduleuse de biens de l’Etat (terrains, voitures, mobiliers,…), etc. L’Etat, à travers le ministère en charge de la justice doit agir avec fermeté et promptitude pour que ces affaires soient menées dans la transparence, le strict respect du droit de toutes les parties et que les procès se tiennent dans les meilleurs délais. Si des peines d’emprisonnement sont prononcées, elles doivent être appliquées avec rigueur et fermeté sans la moindre interférence. Ces affaires donnent l’occasion de donner à tous, une « leçon des choses » claire.

POUR UNE FEUILLE DE ROUTE QUI MOBILISE TOUT CE QUI PEUT L’ETRE

Le Président a souligné la complexité de la lutte contre la corruption, les échecs subis jusqu’ici ; Monsieur Said Hassane Said Hachin a préconisé la saisie des « biens mal acquis » ; le débat sur la FOP a aussi montré la nécessité de la révolutionner pour tordre le cou à la corruption, autant d’arguments pour une feuille de route réaliste qui procure une vision de longue haleine de la lutte contre la corruption et qui permettra de mobiliser le plus grand nombre.
Mais au dessus de tout, il importe de saisir que le facteur clé de réussite c’est le patriotisme. Si les dirigeants ne font pas primer les intérêts du pays quel qu’en soit le prix, si l’on n’est pas prêt à tous les sacrifices, s’il suffit d’une menace de la France pour plier, si l’on continue à suivre docilement des prescriptions étrangères à notre pays, aucun résultat tangible et durable, sur quelque domaine que ce soit, ne sera obtenu. Il faut avoir confiance en notre pays et à ses ressources humaines, penser par nous même pour espérer voir le pays engager une lutte conséquente contre la pauvreté. » Aides-toi et le ciel t’aidera » dit l’adage populaire. Idriss(14/06/2011)

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