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KADHAFI ENTERRE : LES PROBLEMES DEMEURRENT

Les commentaires sur les derniers développements en Lybie ont été et sont encore nombreuses. Il y a ceux qui n’ont retenu dans Kadhafi que le dictateur sanguinaire et que la machine de propagande occidentale a rallié sans difficulté. Il y a ceux qui ont mis en relief le rôle positif joué par Kadhadi, le partisan de l’Unité Arabe puis de l’unité africaine, un des rares dirigeants du Tiers Monde qui osait défier l’occident arrogant, celui qui soutenait bien des pays et qui a joué un rôle indiscutable dans maints domaines. Il y a en a même qui ont considéré que tout compte fait la Jamhariya avait introduit des formes de démocratie populaire inexistantes ailleurs. Ceux là ont été choqués par le cynisme de l’Occident, en particulier de la France qui il y a encore quelques mois, accueillait Kadhafi en grande pompe, en déployant le tapis rouge. Des appréciations pertinentes qui témoignent de la complexité de l’appréciation à porter sur un pays et un régime lorsqu’on n’en fait pas partie ! C’est pour cela que les questions fondamentales posées par cette douloureuse expérience libyenne portent sur la gouvernance du Monde. Une tendance s’affirme : l’occident intervient comme il veut où il veut et quand il veut. Afghanistan, Irak, puis aujourd’hui Lybie. La loi du plus fort. La scène internationale devenue une jungle ! Et les institutions internationales, embarrassées, suivent piteusement comme l’a illustré les déclarations lamentables du Secrétaire Général de l’ONU tout au long de l’intervention de l’OTAN en Lybie. Pitoyable réclamation d’une enquête sur l’assassinat programmé de Kadhafi qu’il fallait enterrer avec ses secrets explosifs. Première question : qui décide de l’urgence humanitaire dans un pays ? Pourquoi l’OTAN intervient pour sauver des vies humaines en Lybie et pas en Syrie, et pas au Yémen, et pas en Palestine et pas aux Comores sur le bras de mer Anjouan/Mayotte ? Pour intervenir en Irak, Bush et son administration ont du mentir au monde et constituer une coalition ad hoc. Ce ne fut pas facile mais il a obtenu gain de cause. Le dictateur Saddam a été exécuté dans des circonstances qui rabaissent notre humanité à tous. Peut-on dire que la situation s’est améliorée pour les simples irakiens. Pour intervenir en Lybie, il a suffi de l’activisme d’un « intellectuel » français et celui du Gouvernement français soutenu par la gauche et le centre. L’OTAN intervint comme si cela allait de soi alors que les interprétations de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU témoignaient de l’existence de sérieuses divergences entre ses membres et les autres pays du monde. Il faut donc prendre conscience du bouleversement intervenu dans les rapports de force mondiaux : l’implosion du camp socialiste et de son bras armé, le pacte de Varsovie laisse le champ libre à un Occident de plus en plus arrogant, de plus en plus décidé à imposer ses valeurs et son style au monde entier. La mondialisation est celle des financiers du monde occidental, voilà pourquoi les crises se succèdent aux crises, voilà pourquoi la pauvreté s’étend aux grandes villes européennes, voilà pourquoi les brigades de choc de la finance internationale (le FMI et la Banque Mondiale) gagnent du terrain et s’occupent de la dette, non plus seulement des pays de la misérable Afrique mais aussi des pays de l’opulente Europe imposant de la même façon arbitraire et brutale, leurs traitements stéréotypés enfermant le monde dans une boucle destructrice. La situation est cependant entrain de s’inverser. De plus en plus de voix s’élèvent, y compris parmi les dirigeants des pays occidentaux, pour réclamer un contrôler de la finance, une taxation des transactions financières. De plus en plus de voix, y compris au sein même des institutions de Bretton Woods, pour dénoncer les pratiques des experts du FMI et de la Banque Mondiale. Les peuples sont entrain de chercher à travers divers forums, alter mondialismes, mouvements écologiques, les voies à suivre pour renverser l’état inique actuel qui mène le monde vers des gouffres innommables comme le terrorisme d’État et le terrorisme de groupe. L’Histoire n’est pas finie, loin de là. Puisse l’Homme Kadhafi reposer en paix. Idriss (26/10/2011)

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