Accéder au contenu principal

Mort d’un bébé au Centre de Rétention de Mayotte, Cause naturelle ou victime des lois françaises ??

"Je publie in extenso et autant que faire se peut dans sa présentation d'origine, le communiqué publié par les "INDIGNES DE MAYOTTE" suite à la mort d'un bébé dans le Centre de Rétention Administrative de mayotte en août dernier"

Samedi 18 Août 2012, après qu’un nouveau né de deux mois soit mort au centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte, un rassemblement pacifique a eu lieu à l’arrivée de la barge à Mamoudzou. En invitant les citoyen-n-e-s à un débat d’idée sur les raisons d’une telle tragédie, le collectif des indigné-e-s de Mayotte a voulu compléter et enrichir les éléments de l’enquête menée par les autorités : « L'enquête doit déterminer les causes de ce drame » CP ministère de l’intérieur/ministère des outre mer. Si aujourd’hui « L'autopsie […] tend vers l'hypothèse d'une mort naturelle » selon le Procureur de Mayotte, il nous est clair que c’est le Visa Balladur, la non-application de la Circulaire Valls, et plus largement la politique française dans un département où règnent des lois d’exception, qui sont à mettre en cause dans la mort de ce bébé.


Mayotte est une île de l’archipel des Comores, devenue en 2011 un département français, suite à un long combat politique afin d’obtenir ce statut. Pourtant, même si l’article 1er de la Constitution française dispose que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », une politique d’exception continue d’être menée à Mayotte, amenant les citoyen-n-e-s de ce territoire de l’océan indien à revendiquer aujourd’hui, un département « Mwakaka » (« en entier » en shimaoré), tant l’écart est grand entre les lois de l’ancienne colonie et celle de sa métropole. Aujourd’hui, c’est une mère et son enfant qui font les frais d’une géopolitique française absurde : Comment faire de Mayotte un département français en l’isolant du reste de l’archipel ?


Avant l’instauration du visa Balladur (1995), les habitant-e-s de ces îles (séparées de 70 km en moyenne) y circulaient librement. Comment ne pas comprendre une mère qui, voyant son bébé malade sans pouvoir le faire soigner à Anjouan, tente de se rendre clandestinement sur l’île d’en face, malgré les risques, espérant ainsi sauver la vie de son enfant en l’amenant dans un hôpital français ??

Hélas, l’enfant a été mis immédiatement en centre de rétention administrative, alors même qu’en France métropolitaine la circulaire Valls en a interdit l’accès pour les mineurs dans des infrastructures non adaptées (à Mayotte, le bâtiment faisant office de centre de rétention n’a jamais été habilité pour assumer ces fonctions). Faute de prise en charge évidente à l’égard d’une personne fragile, ce bébé de deux mois sera retrouvé mort quelques heures après sa mise en rétention. Cette mort rejoint la longue liste des personnes victimes des conséquences du Visa Balladur (10 000 morts estimées).

C’est avec étonnement mais un enthousiasme certain que nous avons constaté l’intérêt et la participation active des citoyen-n-e-s de tous âges pour ces débats d’idées, parfois contradictoires mais constructifs sur le devenir de Mayotte.


Nous demandons :

L’application de la circulaire Valls sur l’ensemble du territoire français sans caractère d’exception ;

La suppression du Visa Balladur au profit d’une procédure administrative cohérente avec le contexte régional


Le collectif des indigné-e-s de Mayotte indignes976@gmail.com

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MAORE : OFFENSIVES ANTI COMORIENNES DE LA FRANCE

Après le désastre provoqué par le cyclone Chido, tout le monde attendait de la France, la puissance occupante un plan de reconstruction de Maore. Que nenni. Trois mois après le désastre, le gouvernement français gesticule, fait du bruit sans parvenir à rétablir la situation des plus démunis. L’approvisionnement en nourriture, eau, électricité ne couvre pas tous les besoins, tant s’en faut. Au lieu de chercher des solutions provisoires pour loger les sans-abris, les autorités françaises ont interdit la vente de tôles utilisées pour la construction d’habitat de fortune sans pour autant proposer des alternatives comme les logements provisoires sous des tentes comme cela est d’usage après les catastrophes naturelles. Non, la France traite les Maorais en mendiants dans le cadre de son assistanat et tente de les enfumer en indexant les « clandestins », bouc émissaire de prédilection. Une tactique payante en vogue depuis toujours. Mais le gouvernement français est allé encore p...

𝟏𝟕/𝟏𝟐/𝟐𝟎𝟐𝟓 : 𝐥𝐚 𝐁𝐂𝐂 𝐜é𝐥è𝐛𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐂𝐢𝐧𝐪𝐮𝐚𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐨𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞

Une de ces grandes messes dont le pouvoir Azali a le secret. L’objectif est toujours le même : s’autocongratuler, méthode Coué classique et, peut-être surtout, mystifier la population. Rapprocher la situation du pays en 1975 à celle de 2025, conférait une « fierté nationale », une glorification du chemin parcouru. Penser donc, à peine une dizaine de médecins en 1975 et plusieurs centaines aujourd’hui. Un progrès indéniable mais pour quels résultats. La sanction ne se trouve-t-elle pas dans les multiples voyages sanitaires des citoyens, en commençant par les gouvernants eux-mêmes. 100% de scolarisation, une prouesse mais sabotée par la politique éducative, programme formant des étrangers (voir la Thèse de l’éminent anthropologue comorien Damir Ben Ali ( http://www.damirbenali.com ), par les établissements publics délabrés, par la place et le rôle du privé dans le système éducatif. Tout y est passé pour illustrer des grandes avancées : électricité, eau, infrast...

3ème séminaire gouvernemental : encore une messe d’autosatisfaction

Qui pourrait contester l’opportunité de tenir un séminaire gouvernemental pour évaluer le PCE (Plan Comores Emergent) à travers ses PTA (Plan de travail Annuel) dont l’objectif affiché est de servir « l’intérêt supérieur de la Nation et la volonté commune de bâtir des Comores prospères et paisibles » (Discours du président Azali cité dans Alwatwan du 13/05/2025). La pertinence de la démarche est malheureusement anéantie par des thèses du style « … des transformations structurelles et tangibles ont déjà été engendrées au bénéfice de notre peuple » (propos de la Commissaire au plan rapportés » par la Gazette des Comores du 14/05/2025). Inévitablement la montagne accouchera d’une souris. Comme à son habitude, le pouvoir se congratule dans des messes budgétivores niant complètement une réalité abominable qui pourtant saute aux yeux de tous. Car on n’a pas besoin d’indicateurs sophistiqués pour appréhender la ruine du pays. Oui des nouvelles routes ont été goudronnées mais cela compense-t-i...