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IKILILOU A L'ONU : UNE CAPITULATION HONTEUSE

Les Comoriens s'interrogeaient sur le tour qu'allait prendre la diplomatie comorienne après les déclarations du président français en août 2014 proclamant que Mayotte est définitivement française et qu'il n'était même pas question d'en débattre. Le président français fermait ainsi la porte à toute négociation de fond sur la question de l'île comorienne de Mayotte. Pire encore, répondant à Mayotte à une question d'un journaliste, FrançoisHollande souligna que laFrance allait forcer les Comoriens à coopérer pour arrêter «l'immigration clandestine». La tenue de la 69ème AG de l'ONU en septembre serait le révélateur de la nouvelle diplomatie comorienne.

On a d'abord constaté que rien n'avait été entrepris pour que la question de l'île comorienne de Mayotte soit inscrite à l'ordre du jour de l'AG de l'ONU avec débat et adoption d'une résolution condamnant la politique française aux Comores, mais l'on pouvait croire que les délais étaient trop courts. Les jumelles furent donc braquées sur le discours du président comorien qui fit encore une fois le déplacement à New York à la tête d'une importante délégation. Ce fut un désastre, un coup de massue porté à ceux qui s'illusionnaient sur lepatriotisme du président comorien. La timide résistance lors du 4ème sommet de la Commission de l'Océan Indien n'était qu'un feu de paille, vite éteint. Ikililou capitule lamentablement.

Jamais discours d'un président comorien n'a été aussi bas sur la question de l'île comorienne de Mayotte. Constatez donc, le mot MAYOTTE, ne figure même pas sur le discours. Ikililou s'est contenté d'une référence vague à la résolution 3385 du 12 novembre 1975 portant sur le respect de l'intégrité territoriale d'un archipel des Comores, dont il n'ose mêmepas nommer les composantes.

Et le voilà dans sa «nouvelle démarche» consacrant l'essentiel de son discours au «Haut Conseil Paritaire»qui allait siéger pour résoudre les drames qui endeuillentles Comoriens dans le bras de mer qui sépareAnjouan et Mayotte. Voilà comment Ikililou compte ouvrir «la voie à la construction d'une relation (avec la France) rénovée et tournée vers l'avenir». «Le règlement du contentieux vieux de quarante ans» apparaît comme une clause de style, même pas de la poudre aux yeux pour faire bonne figure. Au total les autorités comoriennes acceptent l'annexion de Mayotte et s'engageront, dans l'esprit de la déclaration de Paris, à des pourparlers sur le co-développement, sur la «lutte contre l'immigration clandestine» et des bonnes relations de voisinage.

Et les faits suivent. Un accord est en cours de négociation sur la circulation des personnes et des biens entre les îles comoriennes sans qu'il soit question de supprimer le visa Balladur. Une formation vient d'être dispensée auxbrigades maritimes comoriens pour leur fournir des outils dans la lutte contre l'immigration clandestine (entendez les Comoriens non Maorais voulant se rendre à Mayotte, la Police française de l'Air et des Frontières transmet le fardeau aux brigades comoriennes).

Au total, il est permis de parler de trahison nationale. Si les institutions du pays fonctionnaient correctement, Ikililou devrait être destitué et poursuivi pour haute trahison devant une cour de justice comorienne.

Il est étonnant que jusqu’ici aucun parti politique ne s'est prononcé sur le discours pitoyable, honteux du président des Comores à l'ONU.

Toute cette crise mûrement planifiée par la partie française, connaîtra son épilogue, non dans le récurrent huis clos néfaste et improductif, avec une France emmurée dans son rôle de puissant juge et partie, mais plutôt, dans une réactivation de toutes les structures et synergies susceptibles de prendre à bras le corps, le problème de l’annexion de l’île comorienne de Mayotte, dans le cadre d'un arbitrage international.

Le Comité Maore (CM)aux Comores et le Collectif de Défense de l'Intégrité et de la Souveraineté des Comores (CDISCOM)en France, tiennent par la présente à inviter le président Ikililou à se ressaisir et à marquer sa législature du sceau du courage, de l'honneur et de la morale, en s’engageant:

- à émettre une déclaration solennelle, mettant fin au «Haut Conseil -Paritaire»,

- à mettre en place, conformément à la résolution de l’Assemblée de l’Union Fédérale de 2011, un département ministériel, dédié à la question de Mayotteet dirigé par un Maorais;

- A mettre sur pied, sous l’égide du Gouvernement et du Parlement comoriens, des assises nationales, sur la question de l'île comorienne de Mayotte, en vue de doter le pays d'une stratégie nationale cohérente et faire définitivement du triptyque «Souveraineté, Intégrité et Unité», un casus belli non cessible ni négociable et encore moins monnayable!

- à faire enfin en sorte, que l’île comorienne de Mayotte jouisse, autant que faire se peut, de toutes ses prérogatives au sein de l’Union des Comores, notamment du siège du vice-président maorais et par-dessus tout, qu’après Ngazidja, Ndzuani et Mwali la «Tournante»tourne vers Maoré.

Le Comité Maoréet le CDISCOM
Paris le 30/09/2014

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