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DES MAUVAIS PERDANTS

Que le pays ne veuille pas que le clan Mamadou-Msaidie prenne le relais d’Ikililou-Mamadou est clair et évident pour tout esprit indépendant. Des indices tangibles et incontestables l’attestent.

Ce fut en premier lieu les préliminaires. Malgré la détention de la machine d’Etat (utilisation des moyens de l’Etat, pressions sur les fonctionnaires, etc.), malgré l’argent qui avait circulé à gogo (corruption à grande échelle, achat des consciences, etc.), malgré les fraudes dénoncées, le clan Mamadou-Msaidie n'a recueilli qu’un peu plus de 17% des suffrages exprimés. Une misère malgré la première place.

Puis ce fut les résultats du second tour des gouverneurs, couplés avec les présidentielles. Un peu plus de 30% à Ngazidja et Mwali pour les candidats du clan Mamadou-Msaidie. Un rejet clair et sans bavure. En réalité, si les procédures avaient été aussi transparentes, l’écart entre Azali et Mamadou aurait dû être plus important. Reste le cas de Ndzuani où les deux candidats sont au coude à coude. Ndzuani, supposé fief de Sambi, la tête de turc de Msaidié. Ndzuani qui a vécu un traitement singulier et où on a failli mettre le feu dans la maison Comores. Des troubles qui servent aujourd’hui d’alibi pour réclamer une aberration anti constitutionnelle : des partielles d’une élection présidentielle ; pour réclamer une aberration de la pensée : annulation de résultats non prononcés pour procéder à une partielle locale d’une élection nationale !?

Comment se fait-il que des bureaux aient pu être saccagés sans intervention de l’armée ? Et pourquoi ces bureaux-là ? Les partisans de Mamadou clament à qui veut les entendre que ces bureaux leur étaient acquis (à voir ?), que les militaires chargés de ces bureaux n’étaient pas des leurs !!!???, Incroyable. Msaidie diviserait-il l’armée en coteries favorables à tel ou tel candidat ? Mais qui a choisi le détachement de militaires expédié à Ndzuani pour aider à la sécurisation, n’est-ce pas le pouvoir ? Et les voilà hurlant à tue-tête que l’Etat n’est pas de leur côté !!!???? Incroyable ! En somme lorsqu’aux préliminaires l’armée dispersait les « NARAWAZE », elle était parfaite, elle était nationale. Aujourd’hui, la grande muette ne serait pas unie, tout de même !? Mamadou-Msaidie crient au coup d’Etat institutionnel parce que la CENI a publié les résultats à la dernière minute. Ce sont eux qui avaient bloqué cette publication puisqu’ils se savaient perdants. Pour ce faire ils ont exercé des pressions inadmissibles, comme cette lettre scandaleuse du ministre en charge des élections adressée à la CENI pour différer les résultats et proposer des partielles. Si aux préliminaires, ils ont fait proclamer les résultats à 1h du matin pour les faire passer subrepticement, cette fois-ci c’est l’obstruction, il faut qu’ils se donnent le temps de changer la donne et tous les artifices sont bons. La CENI n’a qu’un rôle à jouer : recueillir les données, les compiler et publier les résultats provisoires pour permettre les recours. Elle n’a aucune décision à prendre. Que sur instruction du Chef de l’Etat, le Chef d’Etat-major fasse respecter la Constitution cela ne plait pas au clan Mamadou-Msaidie et devient donc un coup d’Etat. En l’évoquant, Msaidié nourrit cette image macabre qui colle au pays depuis Bob Denard et prépare le vrai coup d’Etat institutionnel qu’il cherche à perpétrer, en bénéficiant, comme cela a toujours été le cas des putschs, du soutien de la Communauté Internationale de Moroni, c’est-à-dire de la France. La Cour Constitutionnelle doit mesurer ce qu’on lui demande : être le bras droit d’un coup d’Etat institutionnel ou dire le droit, respecter la volonté des citoyens comoriens. Si le clan Mamadou-Msaidie réussit son coup foireux, le risque de « burundisation » (le terme est de Msaidié, voir la Gazette du 19/04/2016) du pays sera réel. Le pouvoir n’aura aucune légitimité, il aura pris le pouvoir par la force et la ruse. Il s’appuiera sur la force pour régner. Le pays acceptera-t-il une telle forfaiture ? C’est loin d’être évident. De quoi demain sera-t-il fait ? La Cour Constitutionnelle devra y réfléchir loin des interférences de la Communauté Internationale de Moroni. Idriss (19/04/2016)

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