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Jeux des Jeunes de l'Océan Indien : calmer les esprits.

Comment ne pas comprendre la frustration de Mayotte quand on lui impose le retour à la normale. Car ce qui s'est passé n'est qu'un simple retour au simple respect de la charte signée entre les îles sur la participation de Mayotte aux différents jeux de la région du sud-ouest de l'Océan Indien. A Mayotte on a raison de s'insurger contre l'Etat français qui a cru pouvoir piétiner la Charte des jeux et imposer par la force le drapeau et l'hymne français comme symboles de Mayotte. Dans l'île de la Réunion, la loi du plus fort a pu passer quoi que cahin-caha mais ailleurs la loi est la plus forte et elle est respectée à Madagascar. La stratégie française consistant à croire à une illusion contre nature qu'elle imposerait par la force est minée, elle ne conduira qu'à des impasses de plus en plus dures à contourner, elle fait peser des gros risques sécuritaires dans la région !

Il conviendrait que ceux qui ironisent sur les Comores Unies, sur les va-t-en-guerre comoriens se rendent compte que la participation de Mayotte aux jeux et aux autres instances de la Commission de l'Océan Indien est un geste de bonne volonté des Gouvernements comoriens à l'endroit de Mayotte, un geste destiné à promouvoir l'apaisement entre frères et sœurs qui se déchirent. Comment Soibahadine IBRAHIM RAMADANI, actuel Président du Conseil départemental de Mayotte, esprit brillant s'il en est (je l'ai personnellement connu), ne peut pas comprendre que les jeunes de Ngazidja, comme ceux de Ndzuani et de Mwali pourraient participer aux jeux au même titre que ceux de Maore ? L'Etat comorien a donc concédé un statut privilégié aux jeunes Maorais dans un esprit d'ouverture, c'est cela qui devrait ressortir et être perçu en tant que tel. Bien sûr il y a ceux qui ont opté pour Mayotte française, mais ils ne sont pas seuls. A Mayotte même il y a des gens qui voudraient l'unité du pays tandis que d'autres militent pour Mayotte indépendante et des Comores et de la France. Enfin le destin d'une région d'un pays ne peut pas être décidé par les seuls habitants de cette région, c'est tout le pays qui doit décider. Sinon expliquez-nous pourquoi la Corse n'est pas indépendante, elle qui s'est battue les armes à la main durant des dizaines d'années et dont le conseil de l'ile est majoritairement nationaliste.

La question du séparatisme comorien est complexe, elle suscite des vives passions mais il serait temps de dépasser les invectives stupides et les voies sécessionnistes qui ferment les portes à tout dialogue apaisé sans lequel rien de productif n'émergera condamnant ainsi les Comoriens à rechercher le salut dans l'exode rural (mouvement vers Mamoudzou, Moroni) ou l'exil (principalement la Réunion, Marseille, etc.).

Unies et libres de gérer leurs propres affaires sans ingérence extérieure, les quatre îles pourront faire de leur Archipel un lieu de bien-être. Séparées et s'empoignant à tout bout de champ, chaque île verra l'immense majorité de sa population croupir dans une misère crasse pendant qu'une poignée de serviteurs d'intérêts étrangers se vautreront dans un luxe insolent et nous pousseront à nous entre déchirer toujours plus.

Malheureusement rien n'indique que nous prenons un chemin salutaire. Au contraire, ceux qui hier portaient les aspirations du pays se révèlent aujourd'hui pire encore que les fossoyeurs du passé. Par ailleurs le nouveau pouvoir qui aurait pu (et pourrait encore) frayer un chemin, semble mal parti du fait de ses largesses envers "ceux qui ont poussé le camion"

Idriss (01/08/2016)

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