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Célébration du 12 novembre 2016 : une dynamique nouvelle prend forme

On peut l'affirmer au regard de l'implication de l'Etat dans la préparation de la célébration, dans la participation d'un nombre important de ministres à la tribune du Palais du Peuple le 12 novembre. Et dans l'assistance, une jeunesse qui s'éveille, qui témoigne de son dynamisme par ses réactions à vif et qui s'est certainement reconnue dans l'intervention pertinente de NGOSHAO. L'espoir renaît. Néanmoins il reste des obstacles à surmonter.

La célébration à Mutsamudu n'a pas vu la participation du gouvernorat de l'île alors que le représentant de celui de Ngazidja figurait en bonne place. A Moroni, ce sont les dirigeants de premier plan de l'opposition qui ont brillé par leur absence. La question de l'ile comorienne de Mayotte dépasse tous les clivages. La nation entière doit s'unir, se forger une stratégie et la suivre de façon conséquente et continue, sans fluctuations engendrées par les salutaires alternances à la tête de l'Etat. Il nous faut trouver les moyens d'instaurer un dialogue constructif pour rassembler tout le monde.

Il y a enfin le début de polémique autour de la place que le pays doit accorder à l'ONU. Le Directeur de Cabinet du Président a raison d'indiquer que la question de Mayotte ne sera pas réglée par une résolution de l'ONU. Mais cela n'implique nullement qu'il faille déserter le terrain de l'ONU. En fait c'est notre terrain principal de lutte pour recouvrer notre intégrité territoriale.

Il suffit de se poser la question des armes à utiliser pour le mesurer pleinement. Peut-on penser aux armes de guerre ? Manifestement insensé ! Peut-on croire que l'on peut amadouer la France jusqu'à nous faire cadeau de cette intégrité qu'elle a brisé et à lui faire renoncer à son annexion de l'île comorienne ? Illusion de prestidigitateur malhonnête. Quelle force pouvons-nous utiliser pour obliger la France à reconnaître la vocation de Mayotte à réintégrer l'Etat comorien et par conséquent à négocier ? La pression internationale de toute évidence. Et on peut l'appréhender.

La France a tout fait pour que la question de l'île comorienne ne soit pas inscrite dans l'Ordre du Jour de l'ONU et ne fasse donc pas objet de débat. Les résolutions de l'ONU condamnant la France sont mal vécues par les dirigeants français qui se posent frauduleusement en chantre de la liberté dans le monde. Autre fait, c'est parce que la question de l'ile comorienne de Mayotte n'est plus débattue à l'ONU que la France a pu imposer facilement son visa Balladur, sa départementalisation de Mayotte et l'intégration de cette île comorienne dans l'Europe dont la plupart des pays s'opposaient à sa politique coloniale.

Il convient donc d'engager dès maintenant le combat diplomatique pour que la question de l'île comorienne de Mayotte revienne à l'ordre du jour définitif des AG de l'ONU, un combat qui sera rude car la France mettra tout son poids dans la balance, faisant chanter les pays africains; car la question a disparu de l'actualité depuis plus de vingt ans et la plupart des diplomates ignorent de quoi il retourne. C'est ce combat qui témoignera de l'engagement effectif du pouvoir actuel, c'est ce combat qui pourra mettre un frein définitif au processus d'annexion de Mayotte et initier une nouvelle dynamique.

La situation à Mayotte reste encore favorable malgré les apparences. Les 41 ans de séparation n'ont pas anéanti notre nation à telle enseigne que le droit commun ne passe pas dans cette ile fondamentalement comorienne. En plus des questions liées aux impôts, il y a d'innombrables et d'insurmontables obstacles sociétaux tirant leur origine de la culture comorienne.

Il faut réagir pendant qu'il est encore temps car la France met en œuvre une politique migratoire perfide visant à transformer l'identité de la population de l'île. La délégation maoraise à la célébration, en la personne de l'inébranlable patriote Youssouf Moussa a suffisamment mis en lumière ce grave danger national.

Idriss(14/11/2016)

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