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Crise de la connexion EASSY : les enjeux.

1. Les Comores un petit pays mais un Etat comme tous les autres. Il n'est pas acceptable que notre Etat puisse être puni à tout bout de champ.
Hier c'était la France avec son refus de visa à tout Comorien désirant se rendre dans l'espace Schengen : une réaction à l'exigence élémentaire, la détention de papier d'identité dans les déplacements inter-îles.
Aujourd'hui c'est un privé, le consortium EASSY qui coupe la connexion internet du pays via le câble EASSY, parce que deux sociétés concurrentes n'arrivent pas à s'entendre. Les arguments juridiques des uns et des autres ne peuvent pas et ne doivent pas masquer ce fait : le pays à la merci d'une société privée.
Ceux qui ont les destinés du pays en charge doivent oser prendre leurs responsabilités.

2. Le contrat signé par le gouvernement Ikililou-Mamadou-Msaidié, soulève d'innombrables problèmes. La Convention d'établissement signé entre le gouvernement des Comores et Telma a spécifié des dispositions particulières anormalement avantageuses pour Telma, sans respecter les textes réglementaires du domaine ni le cahier des charges élaboré par l'ANRTIC. Comble de l'absurdité on a fixé une redevance annuelle particulière à Telma de 25 millions de francs comoriens là où le barème applicable devrait s'élever à 500 millions. Et puis que penser de cette confusion Telma, Telco. S'agit-il de la même entité ou de deux entités différentes, cela n'ouvre-t-il pas la porte à des manipulations face au Consortium.

3. Comores Télécoms s'est habitué au monopole d'état et malmène ses clients depuis des lustres : des services payés mais non rendus, une qualité épouvantable, une assistance technique laissant à désirer et des prix exorbitants. Le clientélisme conduisant à d'innombrables recrutements de complaisance, surtout à la veille d'élections ont fini par plomber la société et à la rendre quasi inapte à affronter une concurrence sérieuse.

Telles me paraissent être les contradictions essentielles à appréhender et à résoudre. La société civile animée par les organisations professionnelles MODEC, les associations de consommateurs (FCC, ACTIC) et les citoyens qui se sont réveillées et ont exercé une forte pression sur le Gouvernement pour le rétablissement immédiat de la connexion ne peuvent pas relâcher leur vigilance d'autant que rien n'est véritablement réglé. La coupure peut intervenir à tout moment. A mon sens, nous devons formuler nos revendications :

1. L'Etat ne peut pas laisser le pays à la merci du Consortium. Plaisantant quelqu'un a soutenu qu'il suffira que Telma fronce les sourcils pour que le pays subisse des pertes colossales et voit son PIB régresser encore plus ! Une telle épée de Damoclès sur nos têtes qui confine au chantage n'est absolument pas acceptable.

2. L'Etat peut et doit revoir la Convention d'établissement signé avec Telma

3. Comores Telecom doit payer le prix qu'il faut pour se mettre à niveau car nous ne voulons pas qu'un monopole d'état soit remplacé par un monopole privé. 4000 agents ne peuvent pas prendre en otage une population de près d'un million de personnes et l'enfermer dans un carcan improductif.

4. Sur la base des données à rassembler il faut évaluer les pertes subies, identifier les responsables et les faire payer

5. La concurrence doit devenir effective dans les meilleurs délais. On en voit déjà les effets bénéfiques puisque Comores Télécoms commence à réagir !

6. Les organisations représentatives doivent poursuivre le combat maintenant que l'étreinte étouffante s'est desserrée.

Idriss (18/11/2016)

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