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Solidaire de la Jordanie et de l’Allemagne Puisse Dieu préserver notre pays

La barbarie a encore frappé en Jordanie et en Allemagne. Le minimum est de s’incliner devant les victimes, de témoigner notre solidarité envers les familles, les peuples et les pays directement touchés.

Comment comprendre que des êtres humains dotés d’intelligence, se réclamant d’une doctrine religieuse fondamentalement de paix, puissent commettre des crimes aussi abominables ? Comment peuvent-ils se livrer à des assassinats massifs de citoyens innocents vaquant à leurs préoccupations quotidiennes ?

Musulman appartenant à un pays musulman, je me sens particulièrement concerné et je nourris des sérieuses inquiétudes. Je demande la permission d’exprimer mes angoisses quitte à choquer par mes erreurs de jugement et je me soumettrai humblement aux rectificatifs des Comoriens qualifiés. Durant le dernier mois de ramadan, les débats du CNDRS (Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique) se sont penchés sur le terrorisme sanglant de fanatiques qui se réclament frauduleusement de l’islam. Des échanges riches qui n’ont pas franchi les portes du CNDRS. Peut-être s’est-on satisfait trop rapidement des démonstrations portant sur l’islam-religion de paix. En tout cas, ces débats ne semblent pas avoir eu l’impact salutaire escompté et par conséquent n’ont pas produit une conscience aigüe des dangers qui pointent à l’horizon. Danger rampant qui se faufile sans que l’on y prenne garde et qui peuvent mener le pays vers des gouffres innommables.

Car il ne s’agit pas d’une question purement formelle réservée à des spécialistes. Le pays ne peut pas se considérer comme en dehors de cette tragédie qui ensanglante le monde ces dernières années. Pour preuve la présence d’un Comorien dans l’état-major d’Al Kaida. Pour preuve les jeunes Comoriens, en particulier ceux de l’émigration, qui ont rejoint Daesh. Pour preuve, l’implantation au pays des divers courants qui commencent à se faire sentir. Pour preuve des étrangers de plus en plus nombreux qui se livrent à des activités religieuses incontrôlées. Etc. Mais qui peut soutenir que ces « fous » ne peuvent pas nous frapper comme ils le font plus près de nous au Kenya, en Somalie ?

Enfin il me parait judicieux de prendre conscience de cette violence bénigne qui prend forme peu à peu sans que l’on n’y prenne garde. Une violence qui se développe car s’y opposer c’est prendre le risque d’être traités de mécréants et d’être voués aux gémonies. Or c’est par là que le processus s’enclenche, gagnant peu à peu tous les secteurs de la vie sociale. Il s’agit de ces nuisances induites par les décibels des mosquées, certaines diffusent à longueur de journée et de nuit des enseignements sans aucun contrôle ; de ces mégaphones dans les rues pour prêcher et appeler à la prière, etc. Il y a pire encore, des autorités religieuses, passant au-dessus de l’Etat, proposent au cours de rassemblements publics l’intervention de la police pour arrêter les Comoriens qui ne seraient pas habillés « correctement ». On a même entendu un « fundi » qui est en même temps un élu d’un Conseil d’une île, tenter maladroitement de justifier les agressions subies par les femmes par des habits provocants et cela avait pour cadre la manifestation contre la violence faite aux femmes. Des sommités religieux du pays s’attaquent aux libertés individuelles en les taxant d’occidental et donc de perversion.

Le sujet est sensible, donne cours à toutes les passions, et je suis un des moins qualifiés pour en parler. Mais il faut susciter l’éveil pour éviter d’en être victimes. Il faut réussir à en débattre intelligemment. Nous sommes un pays musulman mais notre Etat est laïc. Son caractère musulman doit principalement s’exprimer dans la prise en charge et l’organisation de l’enseignement coranique. Il faut assurer l’éducation religieuse de nos enfants pour les prémunir des dérives extrémistes et de la débauche. Un enseignement général comorien de qualité, contrôlé et non des prises de position qui attisent des divisions insensées.

Puisse Dieu préserver notre pays des catastrophes naturels et humains.

Idriss 22/12/2016

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