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Le meeting de Mitsamiouli : un tournant !

Après Mirontsi, Mitsamiouli confirme et accentue les tendances du moment.

ASSISES. Même si les appels à l’unité sont poursuivis, ils apparaissent de plus en plus formels. L’accent est plutôt mis sur une dynamique en marche que rien, ni personne n’arrêtera.

Les assises prennent l’allure d’assises de la division. Division accusée entre les pours et les contres. Divisions au sein de certaines Organisation comme l’UPDC, le Conseil de l’Ile de Ndzuani. Les chaises vides au CPAN suscitent des convoitises ! Quant à ceux qui n’ont pas répondu au décret, ils sont assimilés à des pestiférés, des pêcheurs à ramener sur le droit chemin !

D’un autre côté, les assises apparaissent de plus en plus comme celles des autorités. Imaginez donc, les dirigeants CPAN du Mouvement du 11 août à la tribune d’un meeting de propagande du pouvoir !?

SEPARATISME. On proclame la fin du séparatisme insulaire alors qu’il est de plus en plus fort. Tout le monde se proclame unioniste. Mais Les actes posés ne suivent pas. Le gouvernorat de Ndzuani se crispe sur le prochain tour qui revient à son île. Celui de Mwali nage dans l’ambiguïté tandis que celui de Ngazidja ne semble pas savoir sur quel pied danser.

A cela s’ajoute la perspective du retour de Mohamed Bacar, chef séparatiste non repenti. Les communicants de Beit-Salam ont ouvert le bal, et se répandent en généralités sur l’exil. On a même l’impression que la messe est déjà entendue, que Mohamed Bacar va bientôt rentrer au pays et être accueilli triomphalement. Le calcul ne semble pas reposer sur du solide. Car si Mohamed Bacar affaiblira politiquement Sambi, il n’en reste pas moins chef séparatiste insulaire avant tout. Et sur cette base il peut même s’unir à Sambi pour «défendre les droits de Ndzuani.

Enfin on proclame sa détermination à écraser par la force toute velléité séparatiste. N’est-ce pas une voie extrême? N’est-ce pas conduire le pays vers une guerre civile désastreuse ? Ne faudrait-il pas craindre de voir le pays basculer dans l’anarchie, le chaos !?

2021 pointe son nez. Les prochaines présidentielles déjà en ligne de mire. Salami fonde toutes ses positions sur les présidentielles de 2021, le tour de Ndzuani. C’est la substance de son opposition aux assises. Pour lui assises = tentatives d’Azali de rester au pouvoir. Et bien évidement l’ancien président Sambi n’est pas bien loin. Les intervenants de Mitsamiouli ont nourri ces craintes. Celui de Mbéni-Bankou fut le plus explicite en proclamant qu’Azali fut à la tête du pays, l’est aujourd’hui et le sera encore demain. Le grand notable de Mitsamiouli, Ali Nassor y ajouta un refrain plus subtil. Il proclama la jointure entre ASSISE et EMERGENCE comme axes essentiels de la pré-campagne présidentielle de son champion.

PRESERVER LA TOURNANTE. Le pays est en danger. Je suis profondément convaincu que les circonstances poussent au réveil des démons du séparatisme insulaire de Ndzuani, une situation qui risquent d’excéder les séparatistes de Ngazidja et de mener à l’embrasement. Les assises ne doivent pas supprimer la tournante. Il faut garder la tournante et la périodicité des 5 ans. Mais il faut corriger bien des aspects. Il faut un contre-pouvoir susceptible de faire entendre raison au Chef de l’Etat. Il faut que la primauté revienne au pays et non à l’île. Il faut que l’appareil administratif et les superstructures politiques correspondent aux moyens d’un petit pays pauvre.

Je fais partie de ceux qui se sont opposés à la constitution de 2001, principalement à cause de la tournante. Mais tout compte fait je crois qu’il s’agit d’une option pertinente pour notre pays. Les chefs d’Etat africains n’acceptent pratiquement jamais de quitter le pouvoir de bon gré, à la fin de leur mandat. Azali n’avait même pas pu exprimer son désir de rester en 2006. Sambi a prolongé son mandat d’un an, fait durer la passation faute de mieux. Ikililou, président par accident est une exception. Lui était pressé de partir. Azali ne semble pas prêt à attendre encore 10 ans pour revenir (il le pourrait pourtant étant donné son âge et ses talents). La tournante protégera le pays de ces types de soubresauts.

Un vœu pour finir : puissent les assises ne pas rentrer dans l’Histoire comme le déclencheur d’une guerre civile généralisée aux Comores.

Idriss (27/11/2017)

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