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6ème commission mixte Comores – France : que va-t-il encore nous arriver ?

Les 15 et 16/12/2017 s’est tenue la commission mixte. Les observateurs avertis n’ont pas manqué de noter que la 5ème s’était tenue en 2005, sous présidence Azali. Il a fallu attendre le retour d’Azali au pouvoir pour une nouvelle réédition. Entre temps rien. Ils ont aussi noté qu’en 2005, les élus maorais avaient été interdits de participation sur demande comorienne alors qu’aujourd’hui, ils sont accueillis à bras ouverts par le Ministre comorien des relations extérieures.

Jusqu’en 2005, l’île comorienne de Mayotte était isolée dans la région.

Aucun pays de la zone Océan Indien, malgré les pressions françaises n’était prêt à briser l’encerclement. La stratégie française se focalisait sur la participation maoraise aux jeux des îles de la Commission de l’Océan Indien (COI) pour venir à bout de cet enfermement. Azali céda à Chirac sans concession française connue et la 5ème commission brisa le blocus et consacra la capitulation comorienne.

Des petits pas au départ : les sportifs maorais furent intégrés dans une délégation France de l’Océan Indien composée par la Réunion et Mayotte, puis la délégation de Mayotte obtint de participer de façon autonome sans pouvoir arborer le drapeau français ni chanter la marseillaise. Du chemin fut parcouru depuis. Mayotte fut intégrée dans toutes les institutions de la COI puis départementalisé puis intégré dans l’Union Européenne.

Aujourd’hui l’île comorienne de Mayotte est bien intégrée dans la zone en tant que département français. Les pays de la zone ne peuvent pas être « plus royalistes que le roi ». La fameuse lettre du Ministère des affaires étrangères de l’époque, demandant le retrait définitif de la question de l’île comorienne de Mayotte de l’ordre du jour des AG annuels de l’ONU ; les louanges à la France, principale partenaire des Comores et autres niaiseries, les ont convaincus. Les dirigeants séparatistes maorais ont donc gagné en assurance et rivalisent d’arrogance envers les pauvres Comores qui envahissent l’île française. Aujourd’hui ils menacent de quitter les jeux de la COI si on leur refuse leur prétendu drapeau et hymne.

On est donc en droit de s’interroger sur ce que va accoucher cette 6ème commission. Le discours mielleux de l’actuel Ministre des Relations étrangères mettant Maore au même niveau que la Réunion, « Mayotte et la Réunion ne peuvent évoluer que dans leur environnement … », saluant les frères et sœurs maorais qui seraient venus aider les pauvres Comores, etc. sont de mauvais augure.

A-t-on évoqué les dizaines de milliers de morts du visa Balladur ? Rien ne permet de l’affirmer. Au contraire. La feuille de route de septembre 2017 qui avait frauduleusement fait illusion et qui avait suscité le courroux des élus maorais, Mansour Kamardine en tête, serait discutée en coulisse. Elle serait en tout cas remise aux calendes grecques en attendant les assises françaises de l’outre-mer. Les dirigeants séparatistes maorais, avec l’appui français bien sûr, semblent avoir la main sur les échanges. Donc pas question d’aborder les questions de fond ! On s’acheminerait plus vers une validation du fait accompli français à Mayotte. Comme si « Mayotte pays ami » n’était pas un simple lapsus !

A son retour au pouvoir, le président Azali semblait plein de bonne volonté. Il avait noué une discussion franche et courageuse avec le Comité Maorais. Il promettait de se doter d’un Conseil spécial et de créer une structure gouvernementale dédiée à la question de l’île comorienne de Mayotte. Voir sa brochure bilan de la première année. Il s’était aussi engagé à mener une bataille pour l’inscription de la question de l’île comorienne de Mayotte dans l’ordre du jour définitif de l’AG de l’ONU de 2017, nous étions en 2016. Il avait décliné l’invitation de participer à la célébration du 12 novembre 2016 et avait promis que l’Etat organiserait désormais les célébrations du 12 novembre à partir de l’année 2017. De l’espoir était né, il fut de courte durée et voilà que les nuages s’amoncèlent faisant craindre un cyclone dévastateur.

La tendance serait de nous servir un dialogue constructif fondé sur un pragmatisme au ras des pâquerettes. De la poudre de perlimpinpin pour abuser un peuple suiviste ! Une réédition de l'ouverture à la jeunesse maoraise de 2005.

Le combat doit donc continuer de plus bel. La jeune et prometteuse direction du Comité Maore doit rapidement se hisser à la hauteur des enjeux, se montrer plus réactif. Il faudra aussi que les partis politiques s’en mêlent. Face aux manœuvres séparatistes de tout bord, les citoyens attachés à l’unité de leur pays doivent s’insurger !

Idriss (16/12/2017)

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