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Les promesses vont et viennent et les Comores traînent !

REHEMANI (le paradis sur terre), élimination des NYUMBA ZA MASATSA (taudis servant de logement), EMERGENCE ! Des mots d’ordre féconds rabaissés à des simples slogans démagogiques. Et voilà que les ASSISES NATIONALES suivent la même voie. Cette perspective si prometteuse a pris un chemin tortueux pouvant déboucher à une catastrophe nationale.

Depuis que certains ont fait de la Tournante le centre des débats des assises, l’atmosphère s’est viciée jusqu’à devenir irrespirable. Le processus a été rapide : des déclarations laissant supposer aux affirmations provocatrices sur la suppression de la Tournante. Les insultes ont rapidement pris le pas sur l’argumentation. Le Mouvement du 11 août appela au calme en vain. Il tenta de mettre le holà aux dérives des uns et des autres avec une déclaration publique : « LES ASSISES NATIONALES SERONT INDEPENDANTES, INCLUSIVES, DANS UNE ATMOSPHERE DETENDUE OU NE SERONT PAS ».Certains en furent excédés. Le mal était fait et le M11 n’était pas capable de faire revenir la sérénité nécessaire à des échanges apaisés visant la compréhension des maux qui rongent le pays. Les positions se raidirent et l’esprit partisan pris irrémédiablement le dessus.

Tout analyste honnête ne peut que constater que les assises sont celles du pouvoir avec une caution douteuse d’un M11 de plus en plus décrédibilisé. Tout analyste honnête ne peut que constater l’atmosphère exécrable qui prévaut dans le pays en ce moment. Les assises nationales ont complètement perdu leur intérêt. Elles sont devenues un slogan du pouvoir, à tel point que les « wahelezi » (ceux qui infiltrent les pouvoir pour se placer) s’y engouffrent sans retenue.

Mais il y a un danger précis qui menace le pays. Les séparatistes de Ndzuani clament à qui veut les entendre qu’ils sont prêts à se battre pour leur tour, pour leur autonomie. Les séparatistes de Ngazidja sont entrain de relever la tête. Ils seraient plus séparatistes que leurs compères de Ndzuani et ils menacent d’expulser les wadzuani de Ngazidja. Ils auraient même avancé une date fatidique : le 31/12/2017. Ce ne sont pas des choses à prendre à la légère. Notre pays est loin d’être à l’abri de ce genre de catastrophe qui a frappé bien des pays, y compris des pays très proches. Un simple incident peut allumer un incendie.

Les politiciens de premier plan de notre pays ont toujours fait prévaloir la lutte pour le pouvoir sans prendre en compte les intérêts du pays. Ils semblent oubliés que sans pays, il n’y a pas de pouvoir qui vaille. C’est le principal défi auquel le pays est confronté.

En 1975, le pouvoir des verts dirigés par Ahmed Abdallah d’un côté et de l’autre l’opposition incarné par Ali Soilihi se sont affrontés sans prendre en compte le cas de Maore. Une proposition avait alors circulé susceptible de promouvoir l’apaisement entre les tendances politiques comoriennes, il fallait s’entendre sur une proposition de constitution qui rallierait tout le monde. Mais cela ne garantissait pas le pouvoir à Ahmed Abdallah. Une fois ce dernier devenu Chef du nouvel Etat, l’objectif ultime pour Ali Soilihi était de le renverser sans en analyser l’impact que cela pouvait avoir sur Maore. L’état français put manipuler les uns et les autres à sa guise. Résultat l’impensable se produisit : Maore pris le large et les dirigeants comoriens penauds se révélèrent impuissants à contrecarrer la balkanisation du pays.

Il en est ainsi aujourd’hui. Dès qu’Azali s’est prononcé pour les assises, Salami n’y a vu qu’une tactique anti tournante. De son coté, au lieu de calmer les inquiétudes, le pouvoir les a renforcé. Situation de blocage qui envenime les choses, conduisant le pays vers un abîme, rendant les assises nationales INTSOGA MBAYA (un jeu consistant à embraser un conflit entre belligérants).

La perspective d’assises nationales salvatrices s’estompant, ceux qui veulent que ça change doivent trouver autre chose !

Idriss (05/12/2017)

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