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PRIORISER LA QUESTION DE MAYOTTE

Pouvoirs exceptionnels du Président relatif à la Cour Constitutionnelle; annonce d'une modification de la Constitution du pays. Ébullition en conséquence des politiciens comoriens de tous bords. Les enjeux de pouvoir passent spontanément au premier plan. Et l'on oublie la question de Mayotte.

Comment ne pas repenser à 2009 ! La France organisait sa "consultation" ultime pour annexer l'île comorienne. Et c'est à ce moment-là que Sambi organisa son référendum sur la Constitution, détournant du même coup l'opinion de la question essentielle du moment : la départementalisation. Résultat la France départementalisa l'ile comorienne sans protestation d'envergure ni nationale ni internationale. A l'époque lorsque nous parlions de Mayotte, nous apparaissions comme un "cheveu dans la soupe", au pire comme des soutiens à Sambi.

La même chose est en train de se reproduire. On a comme l'impression que lorsque la question de Mayotte se trouve à un tournant, une "main invisible", quel que soit le pouvoir en place à Moroni, parvient à détourner l'attention du peuple vers des questions nationales qui polarisent les politiciens comoriens. Toujours la même ficelle : changement de la constitution !

Le Collège des Sages dans une adresse à la "classe politique" a tiré la sonnette d'alarme. Apparemment il n'a pas été entendu!

Ne serait-il pas possible de différer les questions internes, y compris tout ce qui est entrepris par le pouvoir sur les changements constitutionnels afin de bâtir une union nationale tangible sur la question nationale fondamentale de ces quarante dernières années ?

A ce qu'il semble, les négociations Comores-France seraient menées avec fermeté et intelligence par Azali et son ministre des affaires extérieures. L'esprit de suite commanderait à œuvrer pour que tout le pays se rassemble derrière le pouvoir sur cette question et non créer des antagonismes superficiels.

Même si la France est une grosse puissance face à notre pays, le rapport de force semble favorable. La France ne peut rien contre la décision courageuse de ne pas céder sur les refoulements scandaleux et illégaux de la France. Si nous ne capitulons pas, si nous faisons jouer la condamnation universelle de principe de l'ONU, de l'Union Africaine et de la Ligue Arable, elle sera dans l'obligation de considérer des propositions comoriennes raisonnables de sortie de crise avec une perspective concrète de réintégration de l'île comorienne dans un Etat comorien rénové, démocratique, respectueux des lois et engagé dans la voie de son développement économique et social.

Pouvoir et oppositions devraient se retrouver, se parler et se rassembler sur des bases solides sur cette question de Mayotte. Rater le coche pour des intérêts étroits et à courts termes de politiciens serait un crime inexpugnable et imprescriptible.

Idriss (25/04/2018)

Commentaires

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