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Les grandes étapes de l’annexion de Mayotte par la France


Première étape fatidique le retrait de la question de Mayotte de l’ordre du jour (OJ) des Assemblées Générales (AG) de l’ONU :1996
Au lendemain de l’indépendance des Comores dans leurs frontières naturelles et reconnues par le Monde, la France et Mayotte furent isolés dans la région et dans le Monde. Il y avait même des pays de l’Union Européenne qui dénonçaient le non respect de la Charte de l’ONU par la France et la balkanisation d’un minuscule archipel.
La France visait alors le retrait de la question de l’île comorienne de Mayotte de l’OJ de l’ONU. Suite au putsch contre Papa Djo, le Gouvernement composé de Caambi El Yachourty ouvrit la voie en prétextant son impréparation. La question ne fut pas débattue à l’AG de 1996. Maître Mzimba, ministre des affaires étrangères du président Taki, la retira provisoirement. Elle n'est plus débattue depuis. Elle reste dans les OJ provisoire !
Par la suite M. Abdou Soefo, ministre des affaires étrangères sous la présidence Azali 1 chercha à retirer définitivement la question des OJ de l’ONU. Sa lettre adressée à la Représentation comorienne à l’ONU avait circulé à l’époque et suscité une vive indignation.
La question disparut de la scène.
Deuxième étape fatidique : la participation de Mayotte aux jeux des jeunes des îles de l’Océan Indien (JIOI) en 2005
Après 1996, la participation aux JIOI de Mayotte fut mis en avant. Face aux arguments fallacieux sur la jeunesse maoraise privée de JIOI, les gouvernements comoriens proposaient l’intégration des Maorais dans l’équipe nationale des Comores. Des disciplines sportives pouvaient même leur être reversées. Mais cela ne satisfaisait pas les séparatistes maorais. Ils engagèrent un bras de fer contre le Gouvernement français jusqu’à obtenir du candidat Chirac un engagement électoral :
Le président Azali céda en dépit de la forte réprobation de la communauté sportive du pays. Une prime à la séparation. Car pourquoi la jeunesse maoraise aurait-elle le privilège de participer en tant qu’entité aux JIOI et pas la jeunesse de Dzuwani ni celle de Gazidja ni celle de Mwali. Une brèche néfaste fut ouverte.
Troisième étape fatidique : l’intégration de Mayotte en tant qu’entité distincte dans les instances de la Commission de l’Océan Indien
Tout naturellement les pressions et chantages français imposèrent l’intégration de Mayotte dans la COI en tant qu’entité indépendante. Les « dispositions » spéciales du style refus d’arborer les insignes de l’État français furent de pure forme, destinées à jeter de la poudre aux yeux des naïfs. La voie vers la départementalisation fut pavée.
Quatrième étape fatidique : elle commence en 2018 avec la « francité » de Mayotte.
Forts de leurs victoires, les séparatistes maorais critiquent le gouvernement français de tergiverser dans la reconnaissance internationale de la « francité » de Mayotte et exigent de participer à toute discussion entre la France et les Comores. Un pas vient d’être accompli avec la déclaration de Souef et Le Drian puisqu’une place est faite aux « élus maorais » dans la nouvelle structure de haut niveau.
Toutes ces étapes ont été franchies avec la complicité active des présidents en place depuis 1996. Une place particulière revient à Azali 1 pour 2005 et Azali 2 pour 2018. Plus la France progressait dans son annexion, plus nous chantions l’amitié franco – comorienne, plus les citoyens comoriens perdaient espoir, plus la solidarité internationale s’amenuisait.
Le président Azali va-t-il se ressaisir ou non ? Va-t-il entrer dans l’Histoire du pays comme celui qui a ouvert la voie à la départementalisation et à la validation de l’annexion de Mayotte par la France ?
Idriss (08/11/2018)

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