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LE VÉRITABLE ENJEUX DES LÉGISLATIVES DE 2020


Nombre de commentaires portent sur le caractère autocratique du régime et l'impossibilité de tenir des élections équitables, transparentes, etc. Ils ouvrent avec fracas des portes ouvertes ! Car tout le monde en est conscient. C'est une donnée de base incontournable.
La question est de savoir quelle attitude adopter dans la situation concrète de l’heure ?
- utiliser les législatives pour s'adresser aux citoyens, leur insuffler du courage, de l'optimisme et dessiner des perspectives
- battre en retraite pour ne pas recevoir un autre coup et attendre le bon Dieu
- se replier hors du pays et miser sur la communauté internationale
- se lancer dans des aventures putschistes
Mon choix est clair, c'est mon droit de l'exprimer. Il ne s'agit pas de donner des leçons mais d'une opinion versée dans un débat nécessaire. Au diable les insultes de ceux qui sont au chaud devant leurs claviers. La démocratie c’est aussi et peut-être surtout la confrontation libre des opinions. Je ne m'adresse qu'à ceux qui s'interrogent sérieusement sur la voie à suivre pour sortir le pays du gouffre dans lequel il est enfoncé depuis la colonisation jusqu'à aujourd'hui.
La situation du pays est complexe. Depuis bien des années, la pensée politique comorienne s'est appauvrie. Les politiques de premier plan et leurs partis ont abandonné le terrain politique pour se concentrer sur le politicien. Le camp patriotique a quasiment disparu depuis la fin des années 1990. Aucune force ne porte les aspirations du peuple à la liberté et au progrès social.
Notre peuple voit se succéder au pouvoir les mêmes depuis bien longtemps sans que sa situation économique et sociale s'améliore. Au contraire, l'espoir s'amenuise. Les parents d'aujourd'hui ont du mal à croire que leurs enfants vivront mieux qu'eux. D'où peut surgir un mouvement de masse susceptible de conduire à des véritables changements ?
Comment faire pour initier une nouvelle dynamique ?
Tout repose sur le peuple. Sur son éveil, sur sa capacité de mobilisation. Il faut lui insuffler un nouvel espoir. Il ne viendra pas de cette opposition ravagée par des ambitions personnelles démesurées, cette opposition incapable de s’unir autour d’une vision politique commune susceptible de fonder une action commune d’envergure.
A l’occasion des dernières présidentielles, j’ai pris l’initiative de rencontrer Mamadou, Dossar et Razida sur la nécessité de présenter un candidat de rassemblement aux présidentielles, comme seule alternative pour battre Azali dans les urnes. Mamadou avait bien reconnu qu’avec un candidat de front uni, nous étions capable de sécuriser nous même les bureaux de vote, de créer des conditions qui mettraient Armiya, Djaza dans des beaux draps, mais il redoutait les ambitions des uns et des autres comme obstacle infranchissable. Quant à Dossar et Razida ils croyaient à un illusoire deuxième tour et excluaient toute unité au premier tour. Le résultat on l’a vu. Au lieu de tirer la leçon et envoyer des candidats unitaires dans les différentes circonscriptions, l’opposition opte pour la capitulation pour ne pas recevoir de deuxième coup. La fuite en avant de trop.
La présente période électorale offre la possibilité de s’adresser aux masses. Chacun sait qu’aujourd’hui il n’y a aucun respect des droits des personnes, élever la voix conduit en prison, on peut être détenu sans délais, il est impossible de tenir un rassemblement quelconque, etc. Nous avons l’opportunité de le faire pendant un mois ou plus. Ne doit-on pas alors tenter d’initier une dynamique nouvelle susceptible de rebâtir les cartes et ouvrir la voie au renversement de cette situation qui perdure depuis 1975 ? Car il ne s’agit pas de faire tomber Azali pour le remplacer par quelqu’un du même acabit, qui peut être fera pire que lui !
C’est cela le vrai enjeux des législatives. Que les jeunes se lancent hardiment au combat comme la jeunesse comorienne a su le faire aux divers périodes, notamment à partir de février-mars 1968.
Idriss (25/10/2019)

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