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JE SUIS BEYROUTH

Mardi 4 août, Beyrouth est ravagé par une gigantesque explosion. Plus de 150 morts, plus de 4 000 blessés. Une catastrophe planétaire qui devrait interpeller tout le monde.

Comment a-t-on pu stocker, à un endroit névralgique de cette ville historique, plusieurs milliers de tonnes d’un produit dangereux qui avait déjà fait parler de lui ? Comment ce stock a-t-il pu végéter pendant plusieurs années au même endroit ? Les interrogations fusent et amènent à s’interroger sur le fond de l’affaire.

Car indexer le gouvernement libanais et les dirigeants du port se comprend mais ressemble à s’y méprendre à du bouc émissaire pour éviter les vrais responsabilités.

En effet ce stock de nitrate d’ammonium répondait à un besoin : la fabrication d’engrais chimiques largement utilisé par l’agriculture libanaise. On sait que ce type d’engrais est extrêmement nuisible à l’homme et aux terrains. C’est vers le produire plus pour maximiser du profit qu’il faudrait rechercher les vraies raisons, la responsabilité première.

Ces milliers de tonnes de nitrate d’ammonium ne trouvaient pas preneur pour, à ce qu’il semble, des raisons judiciaires. Personne ne pouvait les exploiter. Qui donc allait payer pour trouver un autre lieu de stockage et déplacer ces milliers de tonnes gratuitement ? Et cela quel que soit le gouvernement en place ! L'Etat libéral au service des citoyens est de notoriété publique un chimère.  C’est toujours le profit qui se trouve à la base d’une telle énormité qui confine à un crime à grande échelle !

En somme c’est notre société qui est à la base de cette catastrophe. C’est la mondialisation libérale qui mène le monde à sa perte. Une énième preuve de plus que l’ADN du système qui réduit l’Homme et la Nature à des simples ressources pour produire du profit conduit à la ruine.

On avait cru que les grands de ce monde avaient compris. Certains l’évoquaient à demi mots dans les bilans de la crise sanitaire mondiale du coronavirus. On espérait un changement de logiciel ou au moins des évolutions significatives annonçant le monde nouveau à imaginer et à construire. Eh bien les lendemains du fin du confinement en Occident montrent qu’il n’en est rien. On continue à considérer le profit comme le moteur de la société, les salariés sont encore mis au rencart pour préserver les profits des entreprises.

Et pourtant les démonstrations par la pratique furent lumineuses.

L’exploitation furieuse de la nature réduit l’espace réservé aux animaux, créent une proximité dangereuse entre l’homme et les animaux favorisant des infestions par des virus extrêmement nocifs. D’ailleurs certains spécialistes nous annoncent des virus plus désastreux que la corona-19 dans un avenir pas si lointain.

Le confinement a fait découvrir la place et le rôle de l’homme dans la vie sociale. Certains s’étaient insurgés contre la notion capitaliste de « ressources humaines ». Des professions dédaignées se sont révélés plus utiles, nécessaires et indispensables que celles des stars. La loi du profit maximum dans le système de santé fut enfin dénoncée alors que les en-haut-de-en-haut ignoraient les manifestations des professionnels de santé malgré la présence de professeurs confirmés. Le bien être de l’homme et non une consommation bestiale devrait être mis au centre de la vie économique et sociale !

Est ce que le drame libanais sera une piqûre de rappel ? On a du mal à le croire.

La solidarité avec le peuple libanais dépassera-t-elle les messages de sympathies, les fournitures de matériel pour soulever un mouvement d’opinion mondial contre la mondialisation basée sur le profit maximum ? On ne peut que le souhaiter.

Idriss (06/08/2020)


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