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Fierté d’un coté, Stupéfaction de l’autre côté

Mwali frappée de plein fouet par la 2ème vague du coronavirus. Des cas se multipliant, des dizaines de décès. Tout le pays en ébullition. Initiative « peu commune » (la représentante du PNUD) de la « branche de Ngazidja du Collège des Sages (COS) » (in communiqué du COS) engage une action de solidarité avec Mwali et récolte vingt sept millions de francs. Une somme conséquente, initialement destinée uniquement à Mwali, mais la situation ayant évolué, cette contribution à la lutte contre le covid est étendue à toute la partie indépendante. Elle « permettra de mener des activités ciblées sur chaque île... » (in communiqué du COS).

N’est ce pas là une source de fierté incomparable. Elle nous rappelle la solidarité coutumière de notre peuple. On nous rabat les oreilles avec les « sultans batailleurs » en masquant que ces affrontements reflétaient les affrontements entre colonialistes en lutte pour conquérir notre pays. La tradition montre bien la solidarité qui a toujours existé entre villes, village, régions et île. On la sentait bien chez les dinosaures de nos quatre îles. Ils se concertaient, se soutenaient, se rendaient visite, etc. Tout récemment, le Dr Marcel Henry, un ancien, est sorti de son silence pour rappeler l’attachement des anciens à l’amitié et aux liens familiaux, comme pour désavouer l’agressivité d’Estelle Youssoufa, La Marine Le pen comorienne.

Cette solidarité est une preuve tangible de l’unité profonde de nos quatre îles. Certains ont cherché à distiller le venin du séparatisme : « Mwali abandonnée », « si c’était Ngazidja vous auriez assisté à une mobilisation d’Azali et de son gouvernement », et autres niaiseries propagées par des grands intellectuels de Mwali. Eh bien, lorsque les autres îles ont été touchées, il a fallu du temps, des luttes pour que Azali daigne enfin prendre la parole et annoncer les mesures d’urgence. Cela c’est le gouvernement. D’aujourd’hui mais comparable à celui d’hier, d’avant hier et d’aussi loin que l’on peut remonter. Par contre il en va autrement au niveau du peuple.

Mais il y a l’autre versant : le COS passe par un « partenaire », le PNUD sur lequel il y aurait beaucoup à dire comme sur tout le système de l’aide au développement de nos pays, près de 80 ans sans résultats tangibles.

Mais pourquoi donc le COS était-il obligé de passer par une institution étrangère comme s’il était un bailleur quelconque ? De l’argent comorien destiné aux Comoriens qui passe par l’étranger ?

Ébahi. Honteux pour nos gouvernants. Car le COS aurait pu remettre sa contribution au Chef de l’État ou au ministre des finances ou au ministre de la santé ou aux gouverneurs ? En recourant à l’étranger le COS témoigne de sa défiance aux gouvernants du pays et nourrit l’idée que le salut doit passer par l’étranger ! Tous ceux qui suivent la situation du pays ne peuvent que donner raison au COS d’assurer que sa contribution ne se volatilisera pas.

Et pourtant dans nos villes et villages, les communautés gèrent des sommes immenses et réalisent des œuvres appréciables.

Un exemple lénifiant. Pourquoi la ville de Mitsamiouli confient plus de deux cent millions à une simple association Alqibla pour construire une route, une entreprise de plusieurs mois et le COS ne peut pas confier vingt sept millions à l’État pour engager des actions de solidarité de quelques semaines ?

La vérité saute aux yeux. Le peuple n’a pas confiance au régime. On peut opprimer un peuple, emprisonner, tuer et s’imposer à la tête du pays pour un temps (Ben Ali en Tunisie, Compaore au Burkina, etc.) mais jamais on ne peut force l’adhésion, la confiance.

En réalité la manne de la diaspora aurait pu engendrer un fort développement du pays. Sans l’aide empoisonnée de la France. Elle ne donne pas la mesure de son potentiel parce que nos gouvernants, d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui, n’inspirent guère confiance. En fait pour la classe politique officielle, toute tendance confondue, les intérêts du pays sont le moindre de ses soucis

Puisse le Covid amener la nouvelle élite politique comorienne à œuvrer pour constituer une alternative crédible aux prédateurs de tout poil de notre pays

Idriss (04/02/2021)


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