Accéder au contenu principal

LE TCHAD DANS LA TOURMENTE

 Idriss Déby disparaît dans des conditions obscures ! Il est fort probable que l’on ne saura jamais la vérité. Mort au combat ou assassiné ? On en est donc réduit aux spéculations.

Fait essentiel que l’on se doit d’interroger : la succession en premier. La Constitution balayée sans sourciller. Même le président de l’Assemblée censé assurer l’intérim se soumet ostensiblement. On peut donc parler d’un coup d’État. La position de la France en second lieu. Par les voix de son président et de son ministre des affaires étrangères, elle semble tergiverser. On pouvait attendre à des leçons de respect des institutions, etc. On a reçoit plutôt des formulations ambigus qui laissent à penser que la France approuve ou ne voit pas d’un mauvais œil le putsch. Ce qui conduit à imaginer une implication de la France dans les événements qui bouleversent le Tchad.

Car la France joue toujours avec ses pions, se débarrassant sans état d’âme de celui-ci pour placer celui-là. On l’a vu aux Comores. Le jeu de passe passe du pouvoir entre Ahmed Abdallah - Ali Soilihi – Ahmed Abdallah. De nombreux exemples sur le continent illustrent aussi cette pratique coloniale de la France dans des conditions plus ou moins claires.

Idriss Déby subirait-il à son tour cette pratique d’airain. Car Idriss Déby avait dénoncé l’assassinat de Kadhafi et stigmatisé les responsabilités de l’OTAN et de l’ONU. Pire encore, dans une interview à France 24 et RFI, Déby avait souligné le rôle de la France dans le changement de constitution de son pays pour qu’il poursuit sa présidence. Il eût, malgré les obstructions des journalistes, ces mots plein d’humeur sur la « France qui fait et qui après, critique », sur la France maître du jeu politique dans son « pré carré africain ». De là à vouloir le changer et le remplacer par un autre chef militaire plus contrôlable, il n’y a qu’un tout petit pas.

Pour perdurer au pouvoir, les pions africains n’ont pas le droit de penser et encore de dire quelque chose qui puisse déplaire à la France sinon ils sautent. On comprend pourquoi Azali se couche et encaisse tout sans broncher sur la question de l’île comorienne de Mayotte. Du « larbinisme » pitoyable pour rester au pouvoir.

Ainsi va l’Afrique. Impuissante Afrique qui en tout et pour tout attend tout des « partenaires », des « bailleurs ». Afrique méprisée et marginalisée. Afrique, continent le plus riche et le plus miséreux.

Un éminent intellectuel africain considérait que l’Afrique se berce d’illusion, elle croît en l’amitié, elle croit en l’aide. Il soulignait que les Occidentaux détestent la faiblesse, se servent de la faiblesse africaine pour leurs intérêts. Il considérait que l’Afrique ne pourra s’en sortir et rivaliser avec les autres qu’en constituant des grands ensembles, capables de réaliser des grands projets ensemble. Pourquoi Éthiopie, Égypte et Soudan se disputeraient-ils sur un barrage sur le Nil au lieu de l’envisager et le réaliser ensemble en comptant sur leurs propres forces.

La question qui taraude les esprits : pourquoi s’enfermer dans le cadre de pays dessinés arbitrairement par les colonialistes européens et torpiller les grands ensembles en construction ?

Et pour nous autres Comoriens, pourquoi persister dans un « insularisme » comme si le salut se trouverait dans des nano-états ? Ne faudrait-il pas unir fortement nos quatre îles afin de gagner notre adhésion en tant qu’entité, aux grands ensembles attendus par les peuples africains ?

Idriss (26/04/2021)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MAORE : OFFENSIVES ANTI COMORIENNES DE LA FRANCE

Après le désastre provoqué par le cyclone Chido, tout le monde attendait de la France, la puissance occupante un plan de reconstruction de Maore. Que nenni. Trois mois après le désastre, le gouvernement français gesticule, fait du bruit sans parvenir à rétablir la situation des plus démunis. L’approvisionnement en nourriture, eau, électricité ne couvre pas tous les besoins, tant s’en faut. Au lieu de chercher des solutions provisoires pour loger les sans-abris, les autorités françaises ont interdit la vente de tôles utilisées pour la construction d’habitat de fortune sans pour autant proposer des alternatives comme les logements provisoires sous des tentes comme cela est d’usage après les catastrophes naturelles. Non, la France traite les Maorais en mendiants dans le cadre de son assistanat et tente de les enfumer en indexant les « clandestins », bouc émissaire de prédilection. Une tactique payante en vogue depuis toujours. Mais le gouvernement français est allé encore p...

𝟏𝟕/𝟏𝟐/𝟐𝟎𝟐𝟓 : 𝐥𝐚 𝐁𝐂𝐂 𝐜é𝐥è𝐛𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐂𝐢𝐧𝐪𝐮𝐚𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐨𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞

Une de ces grandes messes dont le pouvoir Azali a le secret. L’objectif est toujours le même : s’autocongratuler, méthode Coué classique et, peut-être surtout, mystifier la population. Rapprocher la situation du pays en 1975 à celle de 2025, conférait une « fierté nationale », une glorification du chemin parcouru. Penser donc, à peine une dizaine de médecins en 1975 et plusieurs centaines aujourd’hui. Un progrès indéniable mais pour quels résultats. La sanction ne se trouve-t-elle pas dans les multiples voyages sanitaires des citoyens, en commençant par les gouvernants eux-mêmes. 100% de scolarisation, une prouesse mais sabotée par la politique éducative, programme formant des étrangers (voir la Thèse de l’éminent anthropologue comorien Damir Ben Ali ( http://www.damirbenali.com ), par les établissements publics délabrés, par la place et le rôle du privé dans le système éducatif. Tout y est passé pour illustrer des grandes avancées : électricité, eau, infrast...

3ème séminaire gouvernemental : encore une messe d’autosatisfaction

Qui pourrait contester l’opportunité de tenir un séminaire gouvernemental pour évaluer le PCE (Plan Comores Emergent) à travers ses PTA (Plan de travail Annuel) dont l’objectif affiché est de servir « l’intérêt supérieur de la Nation et la volonté commune de bâtir des Comores prospères et paisibles » (Discours du président Azali cité dans Alwatwan du 13/05/2025). La pertinence de la démarche est malheureusement anéantie par des thèses du style « … des transformations structurelles et tangibles ont déjà été engendrées au bénéfice de notre peuple » (propos de la Commissaire au plan rapportés » par la Gazette des Comores du 14/05/2025). Inévitablement la montagne accouchera d’une souris. Comme à son habitude, le pouvoir se congratule dans des messes budgétivores niant complètement une réalité abominable qui pourtant saute aux yeux de tous. Car on n’a pas besoin d’indicateurs sophistiqués pour appréhender la ruine du pays. Oui des nouvelles routes ont été goudronnées mais cela compense-t-i...