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ECHEC DIPLOMATIQUE OU TRAHISON NATIONALE

Quel peut être le sens de la diplomatie comorienne sinon de préserver et conforter la position de l’immense majorité des pays du monde selon laquelle MAYOTTE EST COMORIENNE, que la politique de la France bafoue la charte des Nations Unies, marche sur les résolutions des Assemblées Générales de l’ONU.

De ce point de vue l’échec est flagrant, cuisant et s’étale au grand jour. Même les pays de notre région nous tournent le dos. Même les pays les plus proches se résolvent à considérer l’île comorienne comme un département français.

La Tanzanie solidaire des Comores depuis le début de la lutte pour l’indépendance, le pays qui a mis la vie de ses enfants en jeu pour déloger Mohamed Bacar et ses séparatistes de Anjouan, fini par traiter Mayotte comme un territoire français

Madagascar, l’île la plus proche de nous, celle avec laquelle nous menons un combat similaire contre le même ennemi, est allée encore plus loin. Madagascar a avalisé formellement l’annexion de Mayotte par la France. Madagascar a accepté l’ouverture d’un bureau du département de Mayotte. Madagascar signe des accords commerciaux avec le département de Mayotte.

Faut-il plus pour démontrer l’échec de la diplomatie comorienne. Entre le moment où le monde entier était solidaire de notre cause imprescriptible et aujourd’hui, on mesure le fossé.

On cherche à nous faire croire que le monde a changé. Les égoïsmes nationaux auraient pris le pas sur la solidarité, etc. Des arguments qui ne tiennent pas la route. Car à chaque fois que notre pays a sollicité l’appui, en particulier celui  de l’Afrique, la réponse fut positive. Même sur des affaires purement internes comme la sécurisation d’élections (2006), l’écrasement du séparatisme anjouannais soutenu par la France (2008)

En réalité nos gouvernants ont peu à peu capitulé, la palme revenant incontestablement à Azali.

·         Ahmed Abdallah I s’était insurgé contre la partition des Comores.

·         Son suivant Ali Soilihi s’est rebellé contre le maintien de Mayotte sous domination coloniale.

·         Ahmed Abdallah II a continué sa « guerre de la salive » et n’a jamais renoncé.

·         Papa Djo est resté sur la même ligne malgré sa mollesse et les AG de l’ONU continuaient à mettre la France le dos au mur en la dénoncer dans des résolutions claires et fermes.

·         La chute commença avec le gouvernement intérimaire dirigé par Caambi El Yachourty. Il prétexta une impréparation (une injonction française) pour demander que la question de l’île comorienne de Mayotte soit retirée de l’ordre du jour de l’AG de l’ONU de 1995. La dernière résolution date de 1994.

·         Taki formalisa le retrait de la question de l’île comorienne de l'ordre jour (OJ) des AG de l’ONU et son inscription dans les OJ provisoires. Son ministre des affaires étrangères de l’époque s’est attribué « fièrement » cette paternité à plusieurs reprises.

·         Azali I a ouvert la brèche en permettant la participation de Mayotte, en tant qu’entité indépendante, aux Jeux Internationaux des Jeunes de l’Océan Indien. La porte fut ainsi ouverte à la départementalisation de Mayotte par la France

·         Azali II, III, valide quasiment la départementalisation de Mayotte.

Nous ne nous défendons plus.

Notre terrain principal de lutte demeure la scène internationale. Nous l’avons abandonné sous la pression de la France.

Même les paragraphes consacrés à Mayotte dans les discours du président Azali sont de moins en moins étoffés. Ils se réduisent en des phrases générales entre deux sujets.

On ne note plus de prises de position internationale condamnant la politique coloniale française aux Comores depuis bien longtemps.

S’imagine-t-on l’impact de la non dénonciation par aucune institution internationale de la départementalisation de Mayotte ? Même notre pays, plongé dans un débat référendaire sur un changement constitutionnel, ne l’avait pas fait avec la fermeté nécessaire. La manifestation du Comité Maore à cette occasion n’était même pas autorisée.

Pire nous participons à la défense des frontières françaises de l’Océan Indien sous des prétextes fallacieux et grossiers de sécurité.

Pire encore, nous continuons à chanter les louanges de la France, notre ami indéfectible, notre principal partenaire. Qui peut procéder au bien de l’aide française aux Comores ? Qu’est ce qui peut contrebalancer les dizaines de milliers de morts du Visa Balladur ?

En réalité notre pays a accepté l’annexion de Mayotte. Les autres pays ne font que suivre. On peut donc invoquer la TRAHISON NATIONALE DE NOS DIRIGEANTS.

La peur qu’inspire la France, conduit nos dirigeants de premier plan à ramper devant les gouvernants français.

Peur d’être assassiné si on ne suit pas les ordres : Ali Soilihi, Ahmed Abdallah. Papa Djo fut déporté. Taki a disparu dans des conditions jusqu’ici obscures qui sèment le doute sur le rôle qu’ont pu jouer les services spéciaux français.

A leurs yeux, sans le soutien de la France pas d'accès au pouvoir. L'exception Sambi confirme la règle puisque lui aussi fut plus ou moins aux ordres sous la pression des laquais de la France infiltrés dans son gouvernement

C’est donc la compétition des courbettes au détriment des intérêts nationaux du pays. Comme c’est le cas dans nombre de pays africains.

Cependant le vent commence à tourner. L’ingérence insolente et grossière de la France dans son prétendu pré-carré africain est remise de plus en plus en cause. Le Mali en fournit le meilleur exemple. La fin du monde unipolaire dominé par l’Occident impérialiste est une promesse tangible des nouveaux bouleversements qui verront l’Afrique dont les Comores refaire surface.

Idriss (07/07/2022)


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