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AZALI 2024 : la stratégie de la terreur

Trois jeunes membres du Front Commun (FC) ont été arrêtés hier 03/10/2023. Flagrant délit au motif qu’ils voulaient remettre un courrier aux chancelleries présentes à Moroni. Ils seraient détenus à la gendarmerie nationale.

Azali et son clan déroulent leur stratégie pour les élections 2024 dont l’objectif est le triomphe d’Azali au premier tour. Pour le président du l’Union Africaine, ce serait un comble de ne pas parvenir à donner l’illusion d’élections crédibles. D’où son triple objectif.

Premier objectif :  présence de multiples candidats. Sans candidat de la principale force d’opposition, la crédibilité sera pour le moins suspecte. Alors tout pour diviser le FC. Obtenir au moins, un candidat dissident. Ainsi surgit subitement dans le FC, une tendance militant pour la participation aux élections, un débat interne qui s’est envenimé au fil du temps et qui mène à une forme de scission.

On comprend pourquoi Alwatwan, le canard du pouvoir, fermé à l’opposition, qui publie billets et éditos à la gloire d’Azali, ouvre ses colonnes à Mohamed Djanfar Abbas, (toute une page dans Alwatwan du 29/09/2023) qui affiche ses prétentions à incarner la scission du FC. Il est mis à la une « pour des élections libres, contre le boycott, … »

Deuxième objectif : éviter le scandale du hold-up électoral de 2019, trop voyant, qui n’a même pas permis à l’Union Africaine de valider le forfait. Alors le pouvoir peaufine le contrôle du processus électoral.

Multiplication des nominations avec possibilité de révocation immédiate si on transige sur les directives du pouvoir, une sorte d’épée de Damoclès sur la tête des nominés. Composition du CENI (Commission Nationale Electorale Indépendante) à large dominante CRC (le parti d’Azali). Le ministre chargé des élections multiplie les arrêtés : instauration arbitraire de directions régionales des élections, création ad-hoc d’un cadre de concertation et de dialogue, institution de secrétaires exécutifs, etc.

Changements à la direction de l’armée et de la gendarmerie. Comme si le pouvoir voulait s’assurer des nouveaux promus !

Troisième objectif : éviter toute manifestation populaire de protestation. Azali tient à un calme plat. Tout doit paraître normal. La Communauté Internationale y concoure comme elle peut. Mais chacun comprend bien que leur seule voie c’est la terreur.

Le porte-parole du gouvernement n’a pas lésiné sur la détermination du pouvoir, le ministre de l’intérieur menace à tout bout de champ, le porte-parole de la présidence a même parlé de « sang qui coule » (hutriha damu).

La répression arbitraire contre les jeunes du FC ouvre le bal. Azali et son clan n’hésiteront pas. Ils marcheront allègrement sur la loi, les procédures judiciaires, etc. Que vont-ils devenir ? Il s’agit d’un test grandeur nature.

L’abstention est une position politique qui devrait être respectée, avoir droit de cité. Tout indique qu’il n’en sera rien. Toute voix hostile à Azali sera réduite au silence de gré ou de force sinon éliminée. Quels choix laissent-il à l’opposition ? Simplement courber l’échine ou tendre l’autre joue ?

L’aveuglement d’Azali, sa volonté de demeurer éternellement au pouvoir risque de mener le pays dans l’abîme.

Idriss (04/10/2023)

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