Décembre 1974, suite à la consultation sur l’accès à l’indépendance, la France a manœuvré et réussit à maintenir Maore sous sa coupe, pire encore elle est parvenue à semer les divisions entre Maorais et ressortissants des autres îles.
Décembre 2024, 50 ans après, suite aux ravages causés par le cyclone Chido, la France est encore à la manœuvre pour parachever son projet colonialiste d’annexion de l’île comorienne.
Les Comoriens se doivent donc d’élever leur niveau de vigilance afin de trouver les moyens de faire échec à l’amputation de leur pays.
Car sous couvert de solidarité avec les sinistrés de Maore dont l’Etat français affiche ostensiblement l’appartenance à la France, le « plan d’urgence » est une vaste escroquerie. Les mesures envisagées ne produiront leurs effets qu’à court et moyen terme alors qu’on affiche le secours à des personnes en détresse, surtout les plus démunies, sans ressources, sans toit, privées de nourriture et d’eau. Qui pire est, le plan d’urgence souligne l’assouplissement des procédures d’expropriation qui incontestablement viseront les plus modestes.
Ce que l’on constate de concret ce sont les mesures contre les immigrés clandestins, entendez les Comoriens sans papiers français. La stratégie classique d’évitement des vraies questions qui minent Maore. Si on pousse l’analyse, on s’aperçoit d’autre part que la France renoue avec sa politique impériale qui consiste à vider ses Départements d’Outre-Mer de ses habitants pour consolider sa mainmise.
Voilà pourquoi les Comoriens doivent mesurer le danger existentiel qui se profile à l’horizon et réagir à la hauteur des enjeux.
De ce point de vue il faut parvenir à unir toutes les forces politiques, économiques, syndicales et sociales pour résister et prendre les initiatives qui s’imposent. Il est donc impérieux de parvenir à entraîner le gouvernement comorien, quel que soit l’opinion qu’on en a.
En 1975, les politiques comoriens s’affrontaient pour le pouvoir oubliant le pays. Résultat : indépendance incomplète et formelle. Nous n’avons pas le droit de commettre la même erreur, 50 ans après.
Il faut unir tout le monde, y compris le pouvoir. Il faut formuler des revendications acceptables pour tous et se battre pour rassembler derrière. On peut déjà en avancer trois :
• La création d’une Commission Nationale Maore chargée de la question et qui conduirait le combat comorien pour le retour dans son giron naturel jusqu’à la victoire. La question de l’île comorienne de Maore ne concerne pas seulement l’Etat mais tout le peuple. On doit doter le pays d’une stratégie nationale consensuelle
• Le combat pour qu’en septembre 2025, l’Assemblée Générale de l’ONU débatte de la question de Maore et adopte une résolution condamnant la politique française
• Organiser à Moroni, autour du 12 novembre, une grande conférence internationale sur la question de Maore.
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