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Sarkozi en Corse : 2 poids 2 mesures


En visite en Corse, le Président français se trouve confronté aux manifestations des nationalistes corses qui vont jusqu'à caractériser de colonialiste la tenue mercredi 30/10/07 du Conseil des Ministres du Gouvernement français dans leur île.
On ne peut s'empêcher de comparer l'attitude française sur ce que l'Etat comorien appelle l'île comorienne de Mayotte et sur ce que l'Etat français appelle l'île française de Corse. Bien sûr "comparaison n'est pas raison" comme on dit; bien sûr l'ambassadeur de France aux Comores risque d'être super excité, mais la tentation est forte et les similitudes l'imposent.
Des habitants de l'île comorienne de Mayotte s'insurgent contre l'Etat central (cela a commencé sous le colonialisme français qui avait alors réprimé violemment les manifestations du Mouvement Populaire Maorais), des manifestations classiques avec quelques débordements. L'Etat français brandi "le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", organisent des consultations "bananières" et s'y appuie pour tenter de légitimer le maintien de l'île comorienne sous sa coupe.
Des habitants de l'île française de Corse se soulèvent contre le colonialisme français, revendiquent l'indépendance de leur île les armes à la main, tiennent tête à l'armada française des dizaines d'année durant, et contrairement à ce qui se passe aux Comores, l'Etat français ignore superbement ce mouvement incontestablement populaire en Corse, pire tout fonctionnaire français s'indignerait si on demandait à l'Etat français d'organiser une consultation du peuple corse sur son devenir, etc.
Eh oui, la Corse serait française depuis des lustres alors que Mayotte ne serait comorienne que par la volonté du colonisateur. Eh oui, la culture corse est la française c'est la même chose, les langues sont les mêmes tandis que la culture maoraise et la comorienne sont fondamentalement différentes, les langues : deux mondes. Imaginez donc Mayotte est principalement créole et malgache. Voilà la magie française; un tour de passe-passe qui ne tient que parce que la France est une puissance qui impose sa loi, qui peut se permettre de narguer la communauté internationale sans risques, qui peut piétiner les principes fondateurs de l'ONU sans soulever les consciences, qui peut imposer aux autorités comoriennes de se rallier à ses positions anti-comoriennes, qui peut prostituer des consciences comme celle de cet ancien ambassadeur comorien qui a poussé la veulerie jusqu'à crier dans la presse comorienne, son soutien à un ambassadeur de France aux Comores sous les feux de la critique pour avoir humilié la nation.
Deux poids, deux mesures donc. On nous annonce d'ailleurs une nouvelle consultation en 2008 pour "ancrer définitivement Mayotte dans la France". Comme s'il s'agissait d'une simple question de statut, comme si la loi du plus fort triomphe partout, tout le temps et en toute circonstance. L'expérience pourtant nous enseigne que pratiquer la loi du plus fort, c'est se préparer des lendemains désastreux, la plus forte puissance mondiale en a fait l'expérience hier et aujourd'hui l'éprouve dans sa chair tous les jours. N'est ce pas un poète français qui a chanté : "un jour viendra couleur d'orange, où les oiseaux chanteront sur la plus haute branche, " où les peuples comorien et français consolideront leur fraternité par des relations d'Etat à Etat sans question de l'Ile comorienne de Mayotte ni autre séparatisme appuyé par la France.
Idriss 0/11/07

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