Accéder au contenu principal

Mayotte : une riposte à la mesure du défi

Après la consultation française à Mayotte et les déclarations du Gouvernement comorien tout le monde attendait le discours du Ministre comorien des relations extérieures à la dernière session du Conseil des Ministres de la Commission de l'Océan Indien. Beaucoup applaudirent des deux mains, certains d'une main tandis que d'autres campent dans leur scepticisme. Et oui quant au fond, les déclarations n'ont guère changées et puis rien de bien concret n'est sorti de la COI. Pire encore, le communiqué parle de simples "divergences" et invite à poursuivre le "dialogue dans un cadre bilatéral". Cependant s'en tenir là revient à nier les évolutions et ne favorise pas l'unité d'action. Car pour la première fois, M Ahmed Jaffar a dénoncé la "politique inamicale" de la France et a osé demander des sanctions contre la France. Ce n'est pas rien. Notons aussi que pour la première fois, une délégation ministérielle française aux Comores n'a pas foulé un tapis rouge ni entendu des you-yous. A ce qu'il semble, personne ne se serait même déplacée à l'aéroport pour l'accueillir. On dit aussi qu'un Vice-Président aurait tancé le Ministre français, que ce dernier se serait fâché en public contre son ambassadeur qui ne l'aurait pas mieux informé sur l'atmosphère qui prévaut aux Comores, etc. Des actes significatifs qui témoignent du changement d'attitude des autorités du pays, des actes qui tempèrent s'il le fallait le déploiement de l'armée place de l'indépendance le 4 avril dernier, déploiement qui finalement ne visait pas la manifestation prévue par le Comité Maore mais se proposait de sécuriser le rassemblement face à des groupes para-militaires composés d'anciens GP, fiers enfants de Bob Denard, qui menaçaient de créer des troubles.
La vraie question concerne la suite et tout le monde est concerné. Les partis politiques qui brillent par leur absence, qui traînent les pieds face aux initiative des Organisations de la société civile, les plus actifs se contentant de quelques déclarations. Les Exécutifs des Iles qui donnent l'impression de ne pas être directement concernés et qui se laissent enfermer dans ce "conflit de compétences" sans fin. Le gouvernement comorien qui semble tanguer et dont on attend qu'il se dote enfin d'une politique systématique de défense de l'unité de l'Archipel, politique devant s'articuler autour 1) du refus d'accueillir les déplacés de Mayotte, 2) d'une mobilisation par le biais d'une réunion à Moroni, du Comité des 7 de l'Union Africaine afin de saisir le Conseil de Sécurité de l'ONU et marquer ainsi la fin d'un dialogue bilatéral stérile, 3) de la saisine de la Cour Pénale Internationale contre la France pour déplacement forcé de population et contre Balladur pour crime contre l'Humanité et 4) de la constitution d'une structure de large front uni qui porterait cette politique, soulagerait le Gouvernement et montrerait au monde que les Comores unies comme un seul homme ne capituleront jamais sur la question de l'île comorienne de Mayotte et sont décidées à relever le défi arrogant de la France.
Idriss(09/04/09)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

𝐐𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄

(Un article proposé à " La Gazette des Comores qui n'a pas été publié) Je réagis, comme s’il s’agissait d’un droit de réponse, à l’important article de mon proche ami, Mohamed Djalim Ali, publié dans la Gazette du 15/01/2026 et dont le titre : « ce que doit être la diplomatie comorienne : le réalisme comme boussole ». Dans notre monde gouverné par les lois de la jungle, où les puissants agissent à leur guise pour défendre leurs intérêts, s’interroger sur l’orientation de la diplomatie de notre tout petit Etat mérite d’être salué. Djalim a bien raison de lancer le débat. Malheureusement l’objectif poursuivi semble être la défense d’une France qui perd pied en Afrique. La position de Djalim est explicitée clairement. « La coopération franco-comorienne, malgré ses limites et ses déséquilibres, s’inscrit dans une temporalité longue. Elle concerne des domaines structurants : formation des cadres, appui institutionnel, éducation, santé, sécurité, culture, gestion de la diaspora et ...

𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥'é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

L’école constitue le socle d’une société Il me semble utile de souligner avec force l’importance de l’école même si l’on peut considérer cela comme des banalités que l’on rabâche à tout bout de champs. Il s’agit d’œuvrer pour une large prise de conscience de la population comorienne.   L’école occupe une place centrale dans la construction du futur d’une société. Elle ne se limite pas à la simple transmission de savoirs : elle façonne les citoyens de demain, leur transmet des valeurs, des compétences et des outils essentiels pour s’insérer dans la vie sociale, économique et culturelle. Une éducation de qualité est l’un des leviers les plus puissants pour lutter contre la pauvreté, améliorer la santé, promouvoir l’égalité hommes-femmes, renforcer la cohésion sociale et assurer la stabilité politique. Elle favorise aussi la compréhension des enjeux politiques et sociaux, encourage la participation citoyenne et contribue à la réduction des inégalités. En somme, l’école est le socl...