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La leçon des ordures

Il s’agit bien sûr de la gestion des déchets aux Comores, particulièrement dans la capitale fédérale. Ces derniers jours la situation est devenue critique et la population s’est insurgée. Moroni a été quasiment bloquée mercredi 21 novembre, les routes ne furent ouvertes que tard dans la soirée, vers 21heures. Quels sont les faits marquants des événements ?

• Aucun parti politique ne s’est exprimé sur l’agitation qui gagnait Moroni. A quoi servent-ils donc ?

• Les notables ont voulu se saisir de l’affaire et calmer les esprits. Les femmes les ont remis à leur place : « on ne veut pas voir les notables. Ils sont là depuis longtemps et ils n’ont rien apporté de nouveau à cette question » (in LGDC 1822 du 22/11/2012).

• La manifestation des habitants de Moroni, en particulier des jeunes, a subi une répression particulièrement brutale. Un député a été brutalisé et arrêté quelques heures, des policiers et gendarmes se sont mis à plusieurs pour tabasser des manifestants. Ce qui a été l’élément déclencheur de l’intervention des femmes

• Les femmes ont paralysé la circulation durant près de 12 heures de temps, contraignant l’exécutif, en la personne du Directeur de Cabinet de la Présidence, à venir négocier.

Comme sur d’autres questions lancinantes, telle la fourniture d’énergie et eau, la gestion des déchets empoisonne l’existence de tous les Comoriens depuis plus d’une vingtaine d’années. Lorsque la situation devient critique, l’Etat cherche des échappatoires : des solutions palliatives. Après l’échec de Séléa, on s’est provisoirement dirigée vers l’ancienne aérogare Moroni – Ikoni. Les années s’écoulèrent, la situation devint intenable on s’est alors provisoirement tourné vers des containers. Et nous voilà aujourd’hui louchant vers Itsundzu ! Un autre provisoire ou une issue définitive !?

Ceux qui misent sur la passivité comorienne devraient ouvrir les yeux. Quand la coupe est pleine, il suffit d’un rien pour que tout bascule ! Qui aurait imaginé les habitantes de Moroni se soulevant comme une seule femme, organisant un sit-in à Badjani empêchant toute circulation, prête à dormir dans la rue, décidées à ne pas bouger tant qu’un accord ne sera pas trouvé entre elles et les gouvernants !?
Idriss(22/11/2012)

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