Accéder au contenu principal

COI : des problèmes de souveraineté multiples

Entre la France et les autres pays insulaires de la Région Sud-Ouest de l’Océan Indien, les problèmes de souveraineté concernent pratiquement tous les pays de la COI. Prolongement d’une domination coloniale persistante.

Si l’annexion de l’île comorienne de Mayotte est souvent aux devants de la scène, surtout au regard des dizaines de milliers de morts et disparus du bras de mer Anjouan – Mayotte, les autres questions donnent lieu à des échanges de plus en plus acérés. Les gisements de pétrole et de gaz découverts dans le Canal de Mozambique induisent des nouvelles attitudes.

Les Iles éparses entre Madagascar et la France

Les Glorieuses, Juan de Nova, Bassas da India et Europa s’égrènent de l’extrême nord du canal du Mozambique jusqu’au sud, certaines à moins de 150 km des côtes malgaches. Pour la France, La souveraineté française sur ces îles est une question réglée. Ce que conteste Madagascar qui dénonce une violation du principe onusien du respect de l’intégrité d’un territoire au moment de son accession à l’indépendance puisque la France a séparé les Iles éparses de Madagascar arbitrairement un mois avant l’indépendance de la grande île. Madagascar appuie ses revendications sur deux résolutions de l’ONU en 1979 et en 1980 qui invitaient la France à ouvrir des négociations pour une réintégration de ces îles à Madagascar. Mais bien évidement, les résolutions de l’ONU sont ignorées par les grands pays qui ne risquent pas d’être sanctionnés.

Ile de Tromelin entre Maurice, Madagascar et la France,

Le 7 juin 2010, à Port-Louis, un accord de cogestion de l’île de Tromelin a été signé entre la France et Maurice. Pour la France c’était une simple concession face aux revendications mauriciennes. Un comité de cogestion fut alors chargé de mettre en œuvre ces accords. Mais Madagascar s’insurge. Si Tromelin est relativement lointain de Madagascar (nettement moins cependant que de l’île Maurice ou de la Réunion), Madagascar appuie sa position sur le fait que les seuls habitants de ce coin de terre quasiment inabordable ont été des esclaves malgaches laissés à l’abandon.

L’attitude de la France

Elle comporte une constante. Affirmation sans sourciller de la souveraineté française sur ces terres qui ne lui appartiennent pas. Piétinement des règles et usages de la Communauté Internationale et mise en avant arrogante de sa Constitution envers et contre la Charte de l’ONU. Usage de la loi du plus fort. La COI est son instrument principale pour tenter d’avaliser son fait accompli. Particularité comorienne : l’humiliation. Pour avoir exigé une pièce d’identité dans les déplacements inter îles, les Comoriens furent punis : pas de délivrance de visa Shengen jusqu’à ce que le Gouvernement revienne sur sa décision. Sommet de l’amitié française : l’intégration de l’île comorienne de Mayotte en tant que département français dans la Région doit être acceptée par les gouvernants comoriens à Moroni, la capitale des Comores.

Quel avenir pour la COI

Elle porte l’empreinte de la politique française. Peut-on être allié lorsqu’un pays malmène un autre sur un sujet aussi sensible que l’intégrité territoriale ? Comment parler de libre circulation entre les pays de la COI quand la France érige un mur marin entre Mayotte et les autres îles de l’Archipel des Comores ; quand obtenir un visa pour la Réunion relève d’une gageure ? Les pays insulaires de la COI se laissent piéger par des intérêts à courte vue qui, en tout cas pour ce qui concerne les Comores, plombent leur développement. Si la France parvenait à ses fins en obtenant le changement de statut de la COI, ce serait à coup sûr, la fin de cette organisation régionale.
Idriss
23/07/2014

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

LA COI : L’ARME FATALE DE LA FRANCE CONTRE LES COMORES

Le 8 juin 2026, le sommet de la COI s’est tenu comme de coutume. Le ministre comorien affirmant haut et fort Mayotte comorienne et la ministre française cherchant à noyer le poisson dans l’eau avec son intégration de Maore dans la COI. Un peu d’histoire pour appréhender précisément la stratégie française En 1975, la France était complètement isolée. Le maintien de Maore sous sa domination coloniale soulevait l’indignation générale. Les référendums organisés à Mayotte en 1976 furent des mascarades. On ne légitime pas une situation contestée en organisant des consultations locales sous contrôle de la puissance qui en tire bénéfice. Aucune crédibilité donc au prétendu « choix des Maorais à rester français ». A cela il faut ajouter la falsification ubuesque du droit international par la France. En effet Il n’y a pas, d’un côté, l’intégrité territoriale des Comores, et de l’autre, un hypothétique “droit du peuple maorais à disposer de lui-même”. Cette symétrie est une const...

𝐐𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄

(Un article proposé à " La Gazette des Comores qui n'a pas été publié) Je réagis, comme s’il s’agissait d’un droit de réponse, à l’important article de mon proche ami, Mohamed Djalim Ali, publié dans la Gazette du 15/01/2026 et dont le titre : « ce que doit être la diplomatie comorienne : le réalisme comme boussole ». Dans notre monde gouverné par les lois de la jungle, où les puissants agissent à leur guise pour défendre leurs intérêts, s’interroger sur l’orientation de la diplomatie de notre tout petit Etat mérite d’être salué. Djalim a bien raison de lancer le débat. Malheureusement l’objectif poursuivi semble être la défense d’une France qui perd pied en Afrique. La position de Djalim est explicitée clairement. « La coopération franco-comorienne, malgré ses limites et ses déséquilibres, s’inscrit dans une temporalité longue. Elle concerne des domaines structurants : formation des cadres, appui institutionnel, éducation, santé, sécurité, culture, gestion de la diaspora et ...