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MAYOTTE : la capitulation comorienne

Dans sa célébration de sa journée du développement, la Délégation de l’Union Européenne aux Comores a outrepassé les limites de la décence. Comment peut-on, place de l’indépendance dans la capitale comorienne, heurter frontalement les aspirations comoriennes à l’unité des quatre îles Comores ? La provocation, car il n’y a pas de caractérisation plus fidèle de l’attitude européenne, est pourtant passée. La France peut se frotter les mains. Car ses pays frères d’Europe ont renié leur position sur le respect des frontières de l’Etat comorien. Mais le principal c’est la confirmation de la capitulation de l’Etat comorien qui n’a même pas protesté, même pour la forme. Car la réaction digne du Président du Conseil de l’île de Ngazidja est celle d’un « marginal » qui ne représente pas l’Etat. Le ministre des relations extérieures, présent à la cérémonie, est non seulement resté impassible mais il a prétendu ignoré l’existence des t-shirts et des plaquettes qui réduisaient la composition de l’Etat comorien aux seules trois iles, un témoignage de l’inexpérience et de la platitude éhontée du jeune ministre.

Incontestablement, le régime Ikililou laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la capitulation comorienne sur la question de l’ile comorienne de Mayotte. Eh oui, on citera le discours d’Ikililou devant l’Assemblée Générale de l’ONU de 2014, premier discours d’un Chef d’Etat comorien sans aucune mention du mot Mayotte ni Maore. Eh oui, on se rappellera qu’Ikililou, n’a pas daigné levé le petit doigt pour que la tournante aille à Maore, même pas une déclaration de principe, même pas une saisine de la Cour Constitutionnelle ou une convocation de l’Assemblée Nationale.

Par ailleurs il devient de plus en plus évident que les partisans comoriens de Mayotte française ont l’appui du régime Ikililou. Un président qui ne craint pas de piétiner la Constitution pour faire plaisir à la France. Un candidat déclaré au Gouvernorat de Ndzuani a pu déclarer que Mayotte était française sans être inquiété. Les séparatistes de Ndzuani, les partisans du colonel Abeid et encore plus ceux du colonel Mohamed Bacar peuvent occuper les devants de la scène politique comme si « kwatsina trontro ». Mohamed Bacar, remercie Ikililou qui lui promet un retour triomphal dans le pays malgré des crimes imprescriptibles contre des citoyens comoriens, un Mohamed Bacar qui affiche, non sans arrogance, son orientation séparatiste prônant un état confédéral : une île un état. Comme lors de son règne à Ndzuani.

Et que dire de ces partis politiques et de ces prétendus homme d’Etat de Ngazidja qui se précipitent vers les présidentielles 2016, comme si le tour revenait tout naturellement à leur île !? La capitulation comorienne se généralise. Elle inclut ceux qui prétendent que le « gouvernement manque de volonté » sur la question de la tournante, un sophisme cousu de fil blanc pour masquer un ralliement corps et âme au régime Ikililou.

Une capitulation généralisée dont le signe le plus tangible se trouve dans l’inexistence d’une structure nationale ad-hoc réclamant la tournante pour Maore comme ce fut la cas de la tournante pour Mwali. Aux patriotes sincères de relever les défis car, quelles que soient les circonstances, la lutte pour l’édification d’un Etat comorien composé des 4 iles Maore, Mwali, Ndzuani et Ngazidja ne finira que par la victoire. Ainsi finissent les luttes justes malgré les vicissitudes.
Idriss (16/05/2015)

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