Accéder au contenu principal

La France aux Comores : langue mielleuse et cœur de fiel

La France chante à tout bout de champ l’amitié entre les Comores et la France. Alors qu’elle endosse la responsabilité des exactions commises contre des Comoriens à Mayotte, alors qu’elle renforce la répression et annonce des expulsions massives des « clandestins», alors qu’elle ferme la porte à toute issue négociée sur la question de l’ile comorienne de Mayotte, elle vient par la voix de son ministre, Vallini, proposer le « renforcement du partenariat » entre les deux pays et « son soutien » au nouveau président.

Et fidèle à elle-même, on voit cette France occupante, interdire à des journalistes comoriens de se rendre à Mayotte pour faire leur métier. Voilà la réponse appropriée de l’ambassadeur de France aux Comores aux journalistes d’Alwatwan qui eux, lui ont offert toute une page pour servir à notre peuple la propagande mensongère de l’Etat français sur les crimes commis à Mayotte contre des Comoriens. Alwatwan qui a récidivé en rapportant sans la moindre observation les mêmes mensonges du Ministre français Vallini, Alwatwan qui subit frontalement la loi d’airain français devra riposter dans ses prochaines éditions en dévoilant systématiquement la politique anti-comorienne de la France.

Si nous Comoriens, sommes suffisamment naïfs ou manquons d’esprit de suite ou jouons au pragmatisme, il n’en est rien pour la France qui mène son entreprise d’annexion de l’ile comorienne sans état d’âme. La France ne peut pas accepter des reportages de Comoriens sur la situation actuelle à Mayotte puisqu’ils ne pourront que mettre à nu ses pratiques inacceptables par la communauté humaine.

Une des questions clé qui gouvernent les destinées de notre pays, ce sont nos relations avec la France. Pas seulement sur la question de principe relative à l’intégrité territoriale de notre pays, mais aussi et peut être surtout sur le développement économique et social. L’idée absurde généralement admise comme une vérité élémentaire impose la France comme un partenaire indispensable alors qu’il est clair que la France a tout intérêt à ce que la partie indépendante croule sous la pauvreté. C’est la meilleure façon pour elle de perpétuer son annexion, de convaincre les Maorais de rester sous sa domination. La stratégie française aux Comores est très pointue, elle nous fait croire à l’aide alors qu’en réalité elle nous administre un poison qui tue à long terme, elle combine judicieusement la carotte et le bâton, elle séduit et fait peur aux dirigeants comoriens de tous les niveaux, elle marginalise ses vrais opposants quand elle n’arrive pas à les dévoyer.

La nouvelle direction du pays saura-t-elle appréhender cette relation complexe ? Dans son discours d’investiture le Président Azali semblait conditionner le développement des relations entre les Comores et la France à la résolution juste et durable de la question de l’île comorienne de Mayotte. Les extraits de son discours parus dans Alwatwan de ce jour ne font pas ressortir cette orientation qui serait nouvelle et féconde pour notre pays.

Le pays attend du nouveau pouvoir des gestes forts en ce début de mandat pour nourrir ses espoirs. Il s’agit entre autres des positions qui vont être prises sur la question de Mayotte, notamment dans la perspective de l’AG de l’ONU débutant en septembre. Il s’agit aussi de la réduction de la masse salariale en réduisant les postes de complaisance, ces multiples conseillers inutiles, les doublons dans les exécutifs (un gouvernement ou commissariat d’une part et un cabinet du Président ou du Gouverneur d’autre part). Changement de culture au sommet de l’Etat ou continuation du gâchis ? Résistance ferme et judicieuse face à l’annexion ou capitulation honteuse ? Les prochains mois nous le diront.

Idriss (27/05/2016)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

LA COI : L’ARME FATALE DE LA FRANCE CONTRE LES COMORES

Le 8 juin 2026, le sommet de la COI s’est tenu comme de coutume. Le ministre comorien affirmant haut et fort Mayotte comorienne et la ministre française cherchant à noyer le poisson dans l’eau avec son intégration de Maore dans la COI. Un peu d’histoire pour appréhender précisément la stratégie française En 1975, la France était complètement isolée. Le maintien de Maore sous sa domination coloniale soulevait l’indignation générale. Les référendums organisés à Mayotte en 1976 furent des mascarades. On ne légitime pas une situation contestée en organisant des consultations locales sous contrôle de la puissance qui en tire bénéfice. Aucune crédibilité donc au prétendu « choix des Maorais à rester français ». A cela il faut ajouter la falsification ubuesque du droit international par la France. En effet Il n’y a pas, d’un côté, l’intégrité territoriale des Comores, et de l’autre, un hypothétique “droit du peuple maorais à disposer de lui-même”. Cette symétrie est une const...

𝐐𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄

(Un article proposé à " La Gazette des Comores qui n'a pas été publié) Je réagis, comme s’il s’agissait d’un droit de réponse, à l’important article de mon proche ami, Mohamed Djalim Ali, publié dans la Gazette du 15/01/2026 et dont le titre : « ce que doit être la diplomatie comorienne : le réalisme comme boussole ». Dans notre monde gouverné par les lois de la jungle, où les puissants agissent à leur guise pour défendre leurs intérêts, s’interroger sur l’orientation de la diplomatie de notre tout petit Etat mérite d’être salué. Djalim a bien raison de lancer le débat. Malheureusement l’objectif poursuivi semble être la défense d’une France qui perd pied en Afrique. La position de Djalim est explicitée clairement. « La coopération franco-comorienne, malgré ses limites et ses déséquilibres, s’inscrit dans une temporalité longue. Elle concerne des domaines structurants : formation des cadres, appui institutionnel, éducation, santé, sécurité, culture, gestion de la diaspora et ...