Accéder au contenu principal

Azali n'a pas respecté la Constitution

Voilà le fameux article 12-3
"Art.12-3.- Lorsque les institutions constitutionnelles, 1’indépendance de la nation, 1’intégrité de son territoire ou 1’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles est interrompu le Président de 1’Union, après consultation officielle du Conseil des Ministres, du Président de 1’Assemblée de 1’Union et de la Cour Constitutionnelle prend les mesures exceptionnelles exigées par les circonstances. Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux institutions constitutionnelles, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Président de 1’Union en informe la Nation par message. L’Assemblée de 1’Union se réunit de plein droit. Elle ne peut être dissoute pendant 1’exercice des pouvoirs exceptionnels. Elle peut mettre fin à ces pouvoirs exceptionnels par un vote à la majorité des deux tiers des membres qui la composent."

Les juristes professionnels ont une longueur d'avance sur un quidam comme moi mais ils ne peuvent pas mystifier le peuple sur la base de leurs titres.

LES CONDITIONS EXIGÉES :

Première condition : "les institutions constitutionnelles (pluriel) OU l'indépendance de la nation OU l'intégrité de son territoire OU l'exécution des engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate" Elle n'est visiblement pas remplie. Aucune menace ne pointe à l'horizon.

Deuxième condition : "le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles est interrompu". La CC ne fonctionne pas mais les autres si. Elle n'est pas remplie, elle non plus sauf si on considère que la CC est la seule institution constitutionnelle. Ce qui n'est pas le cas.

1ère conclusion : les conditions exigées pour proclamer la "dictature constitutionnelle" invoquée par Maître Larifou ne sont absolument pas remplies.

LA PROCÉDURE

Elle est claire et elle a spécifié ce que le Président doit faire avant la proclamation des pouvoirs exceptionnels :

1. " consultation officielle du Conseil des Ministres, du Président de 1’Assemblée de 1’Union et de la Cour Constitutionnelle ". Aucun compte rendu de Conseil de Ministre n'a fait mention de cette consultation. Quant à ce qui reste de la CC, on peut dire qu'elle ne l'a pas été. Bien évidement on peut arguer de son incomplétude et du fait que c'est elle le problème. On peut aussi ergoter sur le terme de Consultation et considérer qu'il n'y avait aucune obligation ! Des arguments qui s'apparentent à des arguties juridiques ! A la limite acceptable.

2. " Le Président de 1’Union en informe la Nation par message " En principe ce genre de message à la nation prend la forme d'une déclaration officielle via les médias. Et cela n'est pas intervenu. Non respectée

Au total les conditions exigées n'ont pas été remplies et la procédure spécifiée n'a pas été respectée. On est donc en droit d'affirmer que le Président Azali a violé la Constitution. Comment des "sommités" juridiques du pays peuvent-ils soutenir le contraire ? L'esprit partisan aurait-il eu raison du droit ? Cette notion de "dictature constitutionnel" suscite la stupéfaction d'autant que les pouvoirs exceptionnels sont encadrés par l'Assemblée de l'Union qui siège de droit et ne peut pas être dissoute !?.

COMMENT EN SORTIR

Le Président peut se ressaisir, reconnaître que ses conseillers juridiques ont failli et œuvrer pour la complétude de la CC.

A défaut l'Assemblée de l'Union peut mettre fin à la période de la "dictature constitutionnelle" comme cela est prévue par la loi.

Idriss (19/04/2018)

Commentaires

Unknown a dit…
Et ou est là voie de l'opposition face à cette crise constitutionnelle que propose les groupes de l'opposition parlementaire?
Anonyme a dit…
What's up mates, its impressive post about educationand fully explained, keep it up all the time.

Posts les plus consultés de ce blog

𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐄𝐓 𝐋𝐄Ç𝐎𝐍𝐒 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐄𝐑𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒

Pendant une semaine, les Comores ont vécu un mouvement social massif sans précédent durant ces vingt dernières années. La flambée des prix des carburants a agi comme une étincelle dans une société déjà éprouvée par la vie chère, le chômage, l’affaissement des services publics et une gouvernance autocratique sans perspectives autre que le pillage des deniers publics. Encore des assassinats ! La mort confirmée d’au moins un jeune manifestant constitue un fait gravissime. Une fois encore, les forces de sécurité ont répondu à une mobilisation populaire par la violence, l’humiliation et le sang. Ce scénario est devenu tristement habituel dans notre pays : Le mouvement social ne devrait pas se terminer sans exiger justice. Les responsables sont connus. Ils sont identifiés, ils doivent être arrêtés et traduits devant les tribunaux. Les blessés doivent être pris en charge par l’État. Au-delà des procédures judiciaires, la nation doit reconnaître la gravité de ce drame. Une journée ...

𝐐𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄

(Un article proposé à " La Gazette des Comores qui n'a pas été publié) Je réagis, comme s’il s’agissait d’un droit de réponse, à l’important article de mon proche ami, Mohamed Djalim Ali, publié dans la Gazette du 15/01/2026 et dont le titre : « ce que doit être la diplomatie comorienne : le réalisme comme boussole ». Dans notre monde gouverné par les lois de la jungle, où les puissants agissent à leur guise pour défendre leurs intérêts, s’interroger sur l’orientation de la diplomatie de notre tout petit Etat mérite d’être salué. Djalim a bien raison de lancer le débat. Malheureusement l’objectif poursuivi semble être la défense d’une France qui perd pied en Afrique. La position de Djalim est explicitée clairement. « La coopération franco-comorienne, malgré ses limites et ses déséquilibres, s’inscrit dans une temporalité longue. Elle concerne des domaines structurants : formation des cadres, appui institutionnel, éducation, santé, sécurité, culture, gestion de la diaspora et ...

𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥'é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

L’école constitue le socle d’une société Il me semble utile de souligner avec force l’importance de l’école même si l’on peut considérer cela comme des banalités que l’on rabâche à tout bout de champs. Il s’agit d’œuvrer pour une large prise de conscience de la population comorienne.   L’école occupe une place centrale dans la construction du futur d’une société. Elle ne se limite pas à la simple transmission de savoirs : elle façonne les citoyens de demain, leur transmet des valeurs, des compétences et des outils essentiels pour s’insérer dans la vie sociale, économique et culturelle. Une éducation de qualité est l’un des leviers les plus puissants pour lutter contre la pauvreté, améliorer la santé, promouvoir l’égalité hommes-femmes, renforcer la cohésion sociale et assurer la stabilité politique. Elle favorise aussi la compréhension des enjeux politiques et sociaux, encourage la participation citoyenne et contribue à la réduction des inégalités. En somme, l’école est le socl...