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FREE OUBEID

Mot d’ordre pertinent formulé par Fayiza que je reprends totalement. Il correspond parfaitement à la situation.

En premier lieu on aimerait savoir qui a porté plainte contre Oubéid ? Le parquet s’est-il auto saisi ?

Si c’est le parquet alors on est en droit de l’interpeller. Ces derniers jours, un avocat franco-comorien, Mhadjou, s’est répandu dans la presse d’insultes contre la justice comorienne. Pire il s’attaque à la Constitution du pays en menant une propagande agressive sur Maore française et non comorienne. Comment un tel individu peut-il être laissé en liberté alors qu’on va se saisir d’Oubéid pour troubles à l’ordre public ? Qui trouble l’ordre public, celui qui s’attaque avec arrogance à la Constitution ou celui, journaliste de son état, qui aurait été maladroit dans un reportage ? Pourquoi une telle appréciation de l’actualité du pays ?

Les avocats d’Oubéid ont avancé des arguments juridiques qui démontrent l’iniquité manifeste du maintien du jeune journaliste en mandat de dépôt. Ces hommes du droit ont martelé le principe : la privation de liberté est l’exception et non la règle.

Pourquoi alors le parquet comorien prive-t-il Oubéid de sa liberté ? Son affaire est-il si grave ? Doit-on l’empêcher de contacter des complices ? Peut-on craindre une fuite ? Un contrôle judiciaire ne serait-il pas suffisant pour rassurer le parquet de la disponibilité d’Oubéid ? Quelle est donc la raison profonde de cet emprisonnement ? Croit-on rendre service au pays ?

On aboutit à s’interroger gravement. La liberté du Comorien tient-elle à un fil ? Est ce que la moindre incartade peut conduire en prison ? Peut-on maintenir des gens en prison durant plusieurs jours voire plusieurs mois pour finalement s’apercevoir qu’il n’y avait pas de délit ? Le parquet comorien mesure-t-il l’impact d’un emprisonnement sur la vie de quelqu’un ?

Oubéid est un jeune journaliste qui paraît s’être formé sur le tas. Il aime son métier et il se déploie sans compter. Son honnêteté est incontestable ! C’est un des rares journalistes du pays à oser se lancer dans l’investigation et qui fait des révélations sur des affaires sensibles. Il est courageux puisque ses nombreux séjours « au Moroni » ne l’empêchent pas de continuer. Son énième détention ne le découragera pas. C’est un homme déterminé qui fraie une nouvelle voie au journalisme dans ce pays : celle du courage et de la vérité, celle qui dépasse les peurs et les auto-censures, celle de la vérité qui éclabousse les « en-haut-de-en-haut ».

Certains, et non des moindres, lui dénie sa qualité de journaliste. Comme si la profession n’était pas ouverte aux autodidactes. Comme si un journaliste serait une personne parfaite. Comme si l’interprétation de la déontologie serait unique et serait le fait de notables de la profession !

Oubéid a ses qualités et ses défauts. Si quelqu’un se sent offensé par ses reportages, il peut porter plainte. La justice devrait alors faire son travail avec clémence envers un journaliste dévoué à son métier et à son pays.

Chaque fois qu’un journaliste est emprisonné sans des raisons sérieuses, l’horizon s’assombrit et un vent néfaste souffle sur le pays.

FREE OUBEID est devenu le credo des citoyens avertis de ce pays.

Idriss (16/12/2020)


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