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LA FRANCE DANS SES ŒUVRES

Important article dans Alwatwan de ce 03/05/2021 au titre très ronflant : « LA FRANCE AU CHEVET D’UN CONTINENT ». Il s’agit bien évidemment de l’Afrique. On peut s’interroger sur le sens de cette omission-suggestion ?

L’article commence par une citation du président Mitterrand : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21° siècle ». La cohérence entraînerait une démystification de l’aide française, une mise en lumière de la nécessité pour la France de s’appuyer sur l’Afrique pour se poser en grande puissance et prétendre jouer sur le terrain des grands pays.

Eh bien non. Au lieu de montrer que l’agitation française, toute sa propagande sur le soutien à l’Afrique ne sont que des manœuvres cousues de fil blanc on s’enfonce dans les ornières du néocolonialisme.

On chante l’Agence Française de Développement dont les « investissements seraient passés de 6,7 milliards en 2019 à 12 milliards en 2020 ».

On nous fait miroiter une initiative du président français qui convoque un sommet les 17 et 18 mai prochain, sommet « françafricaine » qui sera consacré au « financement des économies africaines ». Mieux il serait question « d’un new deal du financement de l’Afrique. »

Tout ce tralala illustré par une photo « diplomatique » des présidents de l’Union Africaine et de la France à Paris.

Mais quand on examine de près les choses, on s’aperçoit que la proposition française vise à endetter encore plus l’Afrique. Car il n’est question que de « tirages spéciaux ou des investissements directs auprès d’autres créanciers internationaux ». La dette africaine, une chaîne esclavagiste des XX et XXI° siècle.

En somme Macron se paie des mots pour enfoncer encore plus l’Afrique dans un système qui va renforcer sa dépendance. Le meilleur ou le pire c’est de se poser en défenseur de l’Afrique et de croire ainsi contrer la concurrence chinoise, russe et autres.

En réalité la pratique française reste la même : des paroles mielleuses et une pratique néocoloniale sans état d’âme.

Le président Chirac en fournit une illustration parfaite. Il déclare sans sourciller au sommet franco-africain de Canne en 2007 : « nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles » et demandait « qu’on rende aux africains ce qu’on leur a pris ».

Eh bien ce même Chirac dont Gbagbo a participé au financement de sa campagne ; une contribution de 3 millions d’euros (voir le figaro du 11/09/2011) s’est acharné sur son bienfaiteur parce qu’il ne « supportait pas que Gbagbo lui tienne tête » (le Courrier International du 11/10/2006). On sait jusqu’où il est allé et la suite des événements qui ont conduit, l’ami de Sarkosy au pouvoir en Cote d’Ivoire et Gbagbo dans les prisons de la Cour Pénale Internationale.

Le pauvre Gbagbo. Son crime avoir voulu que le président Chirac le traite comme un président d’un pays souverain et non comme un coursier français. Dans son livre « pour la vérité et la justice » il rend compte de son expérience. Il révèle que les 3 millions était à ses yeux, le « prix à payer pour avoir la paix en FrançAfrique ».

Macron et ses suivants pourront toujours poursuivre dans l’arrogance et le mépris envers les dirigeants africains, leur imposer ses desiderata. Penser donc, Macron convoquant de toute urgence les dirigeants du G5 Sahel pour qu’ils s’expliquent sur la montée d’un soi-disant sentiment antifrançais !

Il n’en reste pas moins que l’histoire suit son cours. Chaque jour qui passe voit des voix africaines s’éveiller et s’insurger contre l’exploitation de l’Afrique. Et cela touche des présidents qu’on attendait pas sur ce terrain sans que les médias internationaux s’en fassent l’écho bien sûr. Qui pouvait penser que le président Tsishekedi placerait sa direction de l’Union Africaine au service des peuples. Dans une vidéo il a ridiculisé ceux (FMI, Banque Mondiale, etc.) qui présentent l’Afrique comme pauvre et ne pouvant se développer sans leur aide. Des programmes, suivant ses déclarations, présentés depuis plus de 37 ans dont le résultat est calamiteux pour les pays africains.

Nombre de grands intellectuels africains prennent position pour le combat africain. Pour sa part le professeur Obenga Théophile s’insurge contre la naïveté des africains qui croît encore à l’amitié des Occidentaux et des Asiatiques. Quel pays se serait-il développé à partir de l’aide interroge-t-il ? Les Occidentaux nous apprennent que les pays ne connaissent que leurs intérêts ; la gouvernance mondiale est fondée sur la loi du plus fort. Les africains doivent avoir confiance en eux-mêmes et compter sur leurs propres forces insistent-ils !

Enfin le nouveau panafricanisme qui monte. De plus en plus d’africains exigent de constituer des vastes ensembles à l’image des USA, de la Chine, de l’Inde pour se donner les moyens d’exister dans un monde brutal et sans pitié

Idriss (03/05/2021)

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