La COI fête en grande pompe ses 40 ans aux Comores. Expo photo au CNDRS, grande manifestation au siège de l’UCCIA, d’autres activités seraient programmées.
Un « guide des exportations des biens et des services
culturels en Indianocéanie » consacre l’accent accordé à la culture, « une
économie ». La COI « n’est pas l’affaire des seuls diplomates »,
il faudrait « humaniser le bilan de la COI ». On assoit la campagne
sur les réalisations de la COI : des formations, des équipements, l’antenne
de Volo volo, la digue d’Itsandra. Tout est fait pour nous faire croire que « l’action
de la COI est tangible », (In Alwatwan du 5 juin).
Le ministre des affaires étrangères et le secrétaire général
de la COI nous prendraient-ils pour des demeurés ? Car la coopération
régionale se mesure à la facilité avec laquelle un citoyen peut voyager d’une
île à l’autre, commercer, étudier, se soigner ou simplement s’installer dans l’île
de son choix.
Le plus choquant, c’est cette habitude de parler de coopération
régionale, de connectivité comme s’il s’agissait de réalité vivante. Dans
l’océan Indien, la connectivité est encore un luxe pour quelques-uns et une
promesse pour les autres. La libre circulation des personnes et des biens
devrait être le cœur du projet régional. Et chacun sait qu’on en est loin, y
compris dans les discours.
Et puis il y a la question que l’on évite soigneusement : où
est la solidarité quand des pays de la COI ne soutiennent pas fermement les
Comores en lutte pour recouvrer son intégrité territoriale. On ne peut pas
célébrer l’unité régionale tout en passant sous silence une atteinte aussi
grave à la souveraineté d’un État membre. Une organisation qui prétend incarner
la solidarité ne peut pas se contenter d’un double langage ou d’euphémisme.
Tant que la libre circulation, la mobilité inter-îles, les
liaisons maritimes et aériennes, et le respect mutuel entre États membres ne
seront pas placés au centre du débat, la COI restera une machine à produire des
bilans diplomatiques et des frustrations profondes.
Il est évident que la situation n’est pas simple. Sa
complexité est induite par la présence de la France en tant que membre de la
COI. Cette appartenance ordinaire engendre une hypermétrie évidente.
Comment un pays membre d’une institution internationale
peut-il occuper une partie du territoire d’un autre membre ? Et on sait
toute la pression exercée par la France sur la COI pour reconnaître son fait
accompli par la force à Mayotte.
Les problématiques d’un grand pays européen au long passé
colonial, ne peuvent pas converger avec ceux de petites îles de l’Océan Indien.
Il faudrait envisager un statut spécial à la Réunion excluant toute
intervention directe de l’Etat français.
Comment créer de l’Indianocéanie avec un pays européen ?
Les questions sont multiples.
En tout cas, la vérité est claire : une organisation
régionale ne devrait pas inclure des pays si éloignés de la Région sans cela
les dés seront pipés, le fossé entre le discours et la réalité restera trop
large.
Idriss (05/06/2026)
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