Il est permis de célébrer un demi-siècle d'existence étatique ; il est même nécessaire de se souvenir de ceux qui ont lutté pour la liberté. Mais comment fermer les yeux sur la réalité que nous vivons lorsque nous entamons le deuxième demi-siècle d’indépendance ?
En réalité la célébration officielle ressemble davantage à une mise en scène du pouvoir qui rassemble ses courtisans. Il est loin le temps où les trois îles dites indépendantes, célébraient dans la communion le 6 juillet, où le président parcourait l'archipel pour partager la fête. La désunion institutionnalisée affaiblit l'idée même de nation. L’absence d’enthousiasme populaire souligné par les journalistes à Moroni en est une traduction frappante.
Le clou de la « fête » fut incontestablement le discours du président Azali.
Comment peut-il brosser un tableau rassurant : paix, quiétude, progrès économique ? Se peut-il qu’il ignore la réalité ?
𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐩𝐚𝐢𝐱 𝐨𝐮 𝐪𝐮𝐢é𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭-𝐢𝐥 ê𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧
Peut-on parler de quiétude quand la population ne peut pas exprimer sa colère, revendiquer sans un déchainement de violence qui conduit souvent à des blessés et même à des morts. Les deux jeunes de Page à Ndzuwani assassinés lors du mouvement sur les prix des hydrocarbures en témoignent. Des assassinats sans suite dont le nombre s’accumule.
Peut-on parler de paix et de quiétude quand l'ancien président Sambi, détenu depuis plus de huit ans est privé de soins adaptés à son état de santé.
Et puis il y a le banditisme de grand chemin qui pointe le nez, les violences sexuelles qui prennent des proportions hallucinantes
𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫è𝐬 é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐭-𝐢𝐥 ê𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧
Le président en apporte la preuve par des indicateurs macroéconomiques retenus par des institutions internationales qui classent les Comores parmi les pays à revenus intermédiaires.
Mais la réalité est têtue. Combien de Comoriens ne sont pas sûrs d’avoir à manger par jour ? Combien de Comoriens ne font qu’un repas par jour ? L'indicateur qui compte pour les familles reste celui du pouvoir d'achat et de l'accès aux services de base, et sur ce plan la situation s'aggrave pour un nombre croissant de ménages. Et là on n’évoque pas le manque d'eau et d'électricité, le délabrement de l'enseignement public, l’exode sanitaire massif.
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐜é𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐨𝐫𝐞
Le président s’est relativement attardé sur cette question nationale de premier plan, soulignant l'unité fondamentale des quatre îles. Si le président s’est illustré en refusant fermement l’inclusion de Maore dans la Commission de l’Océan Indien, il n’en reste pas moins que l’orientation de la diplomatie comorienne pose problème. Comment continuer à prôner un dialogue bilatéral Comores – France alors que les autorités françaises clament à qui veut les entendre que Mayotte est française qu’il n’est pas question d’en discuter avec qui que ce soit ! Pire encore, la diplomatie française a franchi un pas supplémentaire : rechercher la validation internationale de son occupation
Le Comité Maore a raison de rappeler la nécessité d'un combat diplomatique : réinscrire la « question de l'île comorienne de Mayotte » à l'ordre du jour effectif de l'Assemblée générale des Nations unies et de préconiser de déférer devant la Cour Pénale Internationale la France en général, Mr Balladur particulièrement, pour crime contre l’humanité
En tout état de cause, notre pays doit prendre des initiatives et faire progresser notre cause nationale, en premier lieu en obtenant la suppression du criminogène visa Balladur
Nous avons le droit d'être fiers de notre histoire ; d’être optimistes. Mais fêter l'indépendance sans s’interroger, sans évaluer les contradictions qui enserrent le pays serait une erreur.
D’autant que les jeunes générations montrent des signes d’éveil au combat national et social comorien. Puissent-elles rompre avec les égos démesurés, s’unir autour de programmes politiques qui cristallisent une compréhension profonde des maux qui rongent le pays et une orientation qui recueillera l’adhésion des masses populaires.
Idriss 06/07/2026
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