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Ouvrir les présidentielles de Ndzuani

A suivre les propos du Président intérimaire de Ndzuani, la liste des candidats aux présidentielles est close depuis plus d’un an (la gazette du 21 avril). Il ne se serait donc rien passé depuis mars 2007. On reste dans le cadre du report des élections d’une semaine, report qui a fait couler tant d’encre depuis mars 2007 ! Suivant cette logique, pour le moins curieuse, les listes électorales ne devraient pas bouger non plus. Cette logique absurde a conduit le Président de Ndzuani à examiner la candidature de Mohamed Bacar, un non sens aujourd’hui.
On dirait que certains ne veulent pas reconnaître que le pouvoir de Mohamed Bacar a été renversé par la force, il s’ensuit qu’il n’y a pas de transition dans la continuité du séparatisme mais rupture avec le séparatisme. On s’entête à rejeter le caractère exceptionnel de la situation de Ndzuani et on s’en mêle les pieds. Prenons l’exemple de l’article de la loi fondamentale utilisée pour imposer le Président de la Cour d’Appel de Ndzuani, à la tête de l’Ile, on a ignoré que ce même article interdit au Président de modifier la composition du gouvernement de l’Ile, et pourtant... On ne peut pas et on ne doit pas appliquer les dispositions d’une loi, qui plus est fondamentale, quand on en a envie, on ne peut pas saucissonner ainsi la loi dans son application. Ces aberrations montrent s’il en était encore besoin que les circonstances à Ndzuani ne permettent pas de suivre la loi fondamentale de cette île dans la gestion de la transition. Que faut-il faire alors pour ne pas sombrer dans l’arbitraire ? Il faut sen remettre à la représentation nationale, à l’Assemblée de l’Union, que le Gouvernement soumette des propositions de lois adaptées aux circonstances exceptionnelles.
On est conduit à se poser des questions : s’agit-il de tentatives maladroites de néo-séparatistes encore attachés au « shisiwa miliki » ou de manœuvres grotesques pour ouvrir la voie à une nouvelle forme d’autocratie, un système qui a fait tant de mal au pays.
En tout état de cause, il faut arrêter la machine infernale avant qu’elle ne s’emballe. S’agissant des élections présidentielles de Ndzuani, des questions se posent et l’opinion est en droit d’attendre des réponses respectueuses des lois : qui va décider que les listes électorales à Ndzuani sont closes ? Et au nom de quoi va-t-il le faire ? Qui va décider de la révision ou non des listes électorales à Ndzuani, de la composition de la Commission électorale de l’Ile, de la Commission Nationale, etc.
Sans apporter des réponses appropriées aux questions brûlantes de l’heure, Sambi risque de casser la dynamique positive qui pointe son nez et donnera raison à ceux qui craignent des dérives despotiques de son pouvoir. Puisse le pays avoir renoué avec un patriotisme éclairé, avec une pratique démocratique respectueuse des lois, les vraies bases d’un réel développement économique du pays. Ainsi verra-t-on « ce-qu’on-n’a-jamais-vu » dans ce pays qui nous est cher.

Commentaires

Lc a dit…
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