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Modification de la Constitution : la prudence s’impose

Parce qu’elle est le produit de compromis, on pourrait même parler de compromissions, destinés à préserver un semblant d’unité face à un pouvoir Bacar séparatiste et arrogant, la Constitution de l’Union des Comores est fondamentalement nuisible. Pire, le changement de drapeau intervenu pourrait faire penser à la création d’un nouveau pays, que la France souhaiterait, composé de trois îles. Cette Constitution n’est pas à amender, il faut la jeter aux orties et en élaborer une autre, une Constitution qui ne serait plus celle d’un Président mais qui serait celle du pays et qui constituerait un cadre institutionnel nouveau et consensuel.
Le Président Sambi a donc raison et tort. Raison de dénoncer les incongruités de la Constitution, mais il a tort de la considérer comme « améliorable » puisqu’il ne propose que des amendements.
Le Président Sambi a encore raison et tort. Raison d’utiliser les dispositions de cette Constitution qui lui donnent le droit de proposer des amendements mais il a tort de vouloir amender ce que cette Constitution ne lui permet pas de faire : ne pas toucher à l’autonomie des Iles. Soit il reste dans le cadre institutionnel soit il en sort.
Le Président Sambi me semble, avoir totalement tort de mener le pays dans un débat sur la modification de la Constitution dans le contexte actuel.
Le pays à genoux : plus de six mois de crise énergétique avec pour conséquence une économie en ruine, des sociétés d’Etat stratégiques en quasi faillite, des résultats scolaires 2007-2008 catastrophiques, des hôpitaux qui fonctionnent cahin-caha, peut-on alors se lancer dans des affrontements à caractère politicien. Ne faudrait-il pas une situation apaisée pour penser rassembler le plus grand nombre afin d’élaborer une vraie Constitution comorienne.
N’oublions pas non plus que le pays est agressé par la France qui veut départementaliser Mayotte avec sa consultation de 2009. Il ne convient donc pas de se déchirer dans des affrontements politiciens partisans mais plutôt rassembler les forces du pays pour contrer l’assaut français contre l’intégrité territorial du pays.
La sagesse voudrait que les dirigeants du pays, Exécutif comme Législatif, s’entendent pour des lois organiques qui améliorent ce qui peut l’être, en sachant que quelles que soient la pertinence des lois, c’est la sincérité et la bonne volonté des hommes et des femmes qui décident finalement dans le concret.
Il faudrait s’entendre pour des élections législatives Union comme Ile en début d’année prochaine et une remise à plat de la Constitution après l’élection du Président originaire de Mwali.
Puisse le Président entendre la voix de la prudence et éviter au pays, des « problèmes insoupçonnés »

Idriss Mohamed 15/10/2008

Commentaires

Marcel Séjour a dit…
Bonjour Idriss et content d'avoir trouvé ton blog que je vais lire désormais.
J'ai aussi un blog sur lequel je publie des travaux faits ou en cours, et quelques réflexions sur Mayotte et la vie qu'on y mène.
http://www.comores-mayotte-art.blogspot.com
A l'occasion dis-moi ce que tu en penses.
Mon amical souvenir à toi et Naama
Marcel

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