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Les prouesses françaises aux Comores

Dans une longue interview (La Gazette des Comores du vendredi 17 avril 2009) l'ambassadeur de France souligne les bonnes disponibilités de la France envers les Comores. Les relations entre les deux pays "fondés sur le respect mutuel et le partenariat " seraient bonnes. La question de Mayotte: un conflit bilatéral qu'il faudrait mettre de coté afin de favoriser la coopération, les Gouvernements comoriens et français s'entendent bien et sont décidés à aller de l'avant malgré les divergences, il n'y aurait qu'une petite minorité d'activistes qui font du bruit pour rien, son Excellence suggère même que ces gens là seraient mus par des intentions inavouées, que ce serait même des traîtres au pays. Mais pourquoi donc le Ministre comorien des relations extérieures a-t-il parlé de politique inamicale de la France envers les Comores lors du dernier sommet de la COI, simple incompréhension car voyez-vous, Mayotte est française, c'est un choix irréversible des maorais qui viennent enrichir la diversité française, le référendum ne concernait que le statut de Mayotte dans la République Française, simple question d'organisation interne à l'Etat français. Langage diplomatique convenue, mépris envers les Comoriens, cynisme d'une grande puissance capable de malmener sans risque un petit pays ou combinaison de tout cela !? Le fait en tout cas est là, posé, souligné avec force : Mayotte est française, les Comores n'ont qu'à s'y faire, plier, rompre, etc. Et l'ambassadeur enfonce le bouchon, sans ménagement, ni considération du vécu comorien face aux milliers de morts sur le bras de mer Anjouan-Mayotte, il affirme que la France prend en compte l'unité géographique de l'archipel, voire les liens familiaux, etc. N'est-ce pas révoltant !
Parallèlement, l'ambassadeur exerce une pression sans fard, digne d'une république bananière, contre tout ce qui bouge. SEDA, prestataire à l'école française est viré comme un mal propre pour avoir participé à une manifestation citoyenne contre la consultation française du 29 mars, manifestation hors de l'établissement. Pour cacher les vraies raisons de son licenciement abusif, l'homme est publiquement mis en cause et traité d'incompétent. Mais ce n'est pas tout, Il se confirme que des élèves comoriens de parents bi nationaux, bénéficiaires de bourses françaises seraient menacés, leurs parents ayant été vus dans des manifestations de défense de l'unité du pays. Il semble même que l'Alliance franco comorienne de Moroni fermerait ses portes aux artistes du genre SEDA, ceux qui ne cachent pas leur citoyenneté comorienne face à l'entreprise française d'absorption de l'île comorienne de Mayotte.
Au total ces "prouesses françaises" sont des indices tangibles de la fragilité des positions françaises sur la question de Mayotte. L'ambassadeur doit au moins savoir que cette question n'est pas un conflit bilatéral, le Gouvernement comorien est décidé à la porter aux Nations Unies, le monde va savoir et la France va se retrouver encore au banc des accusés.
Idriss (21/04/09)

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