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Mayotte : du « dialogue avec les concernés »

Voilà la nouvelle trouvaille de M. Soeuf ElAmine, notre ministre des relations extérieures. Il aura fallu quelques 42 ans et un travail laborieux de réflexion consacré dans des livres sur « la géopolitique de l’Océan Indien ». Et l’on énumère des références des anciens présidents Ahmed Abdallah et Mohamed Djohar. Le miracle du dialogue ! Poussant son argumentation de « spécialiste de la question » et de ministre en exercice, M.Soeuf délivre un cours sur la place et le rôle des Commissions mixte Comores-France, de feu le Groupe de Travail de Haut Niveau, du Haut Conseil Paritaire, etc.

Tout compte fait notre ministre ouvre avec fracas des portes ouvertes pour zapper les questions de fond sur lesquelles le pays attend des réponses claires.

Expliquez-nous pourquoi depuis 2005, depuis la rupture de l’isolement régional de Mayotte avec sa participation aux jeux des îles de l’Océan Indien, la France a pu, sans frais, marquer autant de points dans sa stratégie d’annexion de Mayotte ? Mayotte est départementalisée et intégrée à l’Union Européenne sans levée de boucliers des Comoriens et sans la moindre condamnation de la politique française par la communauté internationale !

Levez nos interrogations sur le processus engagé par ce « dialogue avec les concernés ». Qui sont les concernés ? Les séparatistes à la Mansour Kamardine ou les unionistes comme Youssouf Moussa et les opposants au colonialisme français à Mayotte comme Mahamoud Azihary, etc. ?

Dites-nous que l’Etat comorien va enfin soutenir ceux qui à Mayotte combattent pour l’unité du pays malgré des conditions de dénuement extrême et une répression sans nom. Un devoir imprescriptibe que les autorités successives de ce pays n’ont jamais rempli. Ce qui les couvre de honte pour l’éternité.

Dites-nous que vous ne tomberez pas dans un pragmatisme au ras des pâquerettes qui accepterait sous quelque forme que ce soit l’annexion de Mayotte.

Dites-nous que vous allez contraindre la France à accepter de dialoguer sur le fond de la question de Mayotte, qu’il ne pourra pas être seulement question de « bon voisinage avec Maore ( !) », d’économie, de culture, etc.

Dites-nous qu’il ne sera pas question d’aménager le visa Balladur mais uniquement de sa suppression.

Dites-nous que vous êtes revenu de l’infructueux dialogue bipartite Comores-France et que vous allez remettre la question de Mayotte sur le terrain international qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Dites-nous que tout sera fait pour qu’en septembre 2018, à l’ouverture du prochain AG de l’ONU, la question de l’île comorienne de Mayotte soit inscrite à l’ordre du jour définitif.

Apprenez M. Soeuf que le combat des simples citoyens se fait dans la rue, dans des tracts, dans les réseaux sociaux, faute mieux. Et heureusement que cela soit encore possible !

Idriss (25/12/2017)

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