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Référendum du 30/07/2018 : les premiers enseignements


L'échec du président Azali est un fait qu'aucune propagande ne peut ni cacher ni atténuer. Car la participation était très faible. Les 63% reconnus par le ministre de l'intérieur est un aveu, lui qui annonçait en fin de matinée plus de 40%. Les résultats provisoires annoncés pour le début de la soirée n'ont pas encore été publiés ! Les 10h sont largement dépassées en ce 31/07/2018. Des signes tangibles d'un échec cuisant.

Les méga meetings électoraux de la mouvance présidentielle ne furent que des cirques, des gigantesques tromperies des proches du président. M. Azali va-t-il enfin ouvrir ses yeux sur ses errements ou va-t-il encore foncer tête baissée, accentuer son isolement et ses dérives totalitaires.

Rien ne l'indique, au contraire on doit s'attendre à une polarisation accrue de la "classe politique" qui risque d'ouvrir la porte à toutes sortes d'aventures sur fond de rivalités de puissances impérialistes se disputant les ressources pétrolières et gazières du pays.

Un militaire a vu sa main coupée à la machette dans un bureau de vote. Un fait gravissime, sans précédent dans le pays et qui montre qu'on est en train de passer de la guerre de la salive à des affrontements armés, notre pays n'est pas à l'abri des horreurs qui ensanglantent bien de pays africains.

Et là, force est d'indexer la mouvance présidentielle et l'union de l'opposition au même titre et au même degré. Car il s'agit de la suite directe des attitudes des uns et des autres. Quand le Directeur de Cabinet du Président, le ministre de l'intérieur et d'autres dirigeants de la mouvance profèrent des menaces insensées ! Quand de l'autre côté les dirigeants de l'opposition tiennent des propos irresponsables, affirment leur détermination à répondre à la violence des forces de sécurité par la violence, menacent même de s'en prendre aux familles des militaires ! Cela après le défilé arrogant de jeunes armés de machettes dans un quartier de la capitale sans une riposte unanime de tous les "politiques". A quoi pouvait-on s'attendre.

D'autant plus que les affaires criminelles mettant le pouvoir au-devant de la scène (clous à l'aéroport de Mwali, tirs contre la voiture d'un vice-président, etc.) portent le sceau de l'irresponsabilité : réalité ou fiction montée de toutes pièces, traitement ultérieur partisan, justice au pas, etc.)

Il ne s'agit donc plus aujourd'hui de simplement s'indigner, de rejeter la responsabilité sur autrui. Il faut réparer, mettre fin à la dynamique des paroles en l'air. Les dirigeants de tout bord doivent agir en responsables de haut niveau, être maître de leur attitude. Comment peut-on sur une affaire aussi grave dont l'enquête n'est même pas encore lancée indexer des responsables lorsqu'on est ministre de l'intérieur ? Il ne suffit pas de se réclamer partisan de la paix, de se gargariser de mots, il faut agir pour apaiser les tensions sociales et politiques et non les accuser. Il faut un mea culpa général des "politiques de premier plan" qui s'accompagne d'une enquête honnête et transparente pour dénicher les responsables de l'agression du 30 juillet, organiser un procès équitable et que la justice passe.

Le pays était absent du débat sur le référendum. Ce n'est pas exagéré de soutenir que la plupart des citoyens ne se retrouvaient dans aucune des positions : ni oui ni non ni boycott. L'ampleur de l'abstention reflète un désaveu de la classe politique. Chacun perçoit que tous ces gens sont de la même mouture. Ils se disputent le pouvoir pour leurs intérêts de clan. Aucun parti ou mouvement, vieux ou nouveau ne se distingue des autres. Même le Front Démocratique a fini par être emporté par cette dynamique du "uhelezi".

Ce sentiment d'impuissance des citoyens prend forme. La conscience que l'on ne doit pas laisser le terrain politique aux plus véreux d'entre nous s'étend dans la jeunesse. Reste à s'organiser, à tirer les leçons du MOLINACO, du PASOCO, de l'ASEC, du "Soilihisme" et du FD pour hisser plus haut encore le drapeau du combat pour la liberté et le progrès économique et social.

Idriss (31/07/2018)

Commentaires

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