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CORONAVIRUS : APPLIQUER LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION


Nous n’avons pas les moyens de détecter formellement le covid-19 puisque nous ne pouvons pas encore effectuer des tests. Mais cela n’a pas empêché le gouvernement de décréter bien des mesures salutaire pour armer le pays contre la pandémie.
Nous observons plusieurs cas de détresse respiratoire entraînant parfois la mort. Sans test, nous ne pouvons pas dire que c’est la dengue ou le covid-19. Nous pouvons par contre agir comme si c’est l’un ou l’autre des deux maladies. Quelle est la meilleure attitude ?
Le principe de précaution, mais aussi la cohérence avec l’ensemble des graves mesures prises (prière collective, couvre-feu, etc.) devraient amener le gouvernement comorien à agir comme si c’était le coronavirus. Concrètement, protéger rigoureusement les soignants, isoler radicalement les malades, revoir les modalités de la toilette mortuaire et des enterrements.
Nous sommes nombreux à réclamer depuis plusieurs semaines au gouvernement d’agir comme si le covid-19 a atteint le pays. Notre conduite ne doit pas être étroitement lié à notre capacité à effectuer des tests mais à notre volonté de protéger de façon optimale notre population.
Face aux nombres de malades en détresse respiratoire, reconnu par le Directeur Général de Santé, le pays sombre dans l’inquiétude et l’atmosphère devient vicié. Les transferts vers Samba Kuni, l’établissement dédié au coronavirus aiguisent les contradictions. Les déclarations du ministre Msaidié, loin de calmer excitent, confinent au déni politicien incompréhensible et ouvrent la voie aux rumeurs les plus folles. Pourquoi ne pas dire : nous ne pouvons pas déclarer de cas formel de coronavirus faute de test, mais par mesure de précaution, nous agissons comme si c’était déjà le cas. Et compléter les mesures : obligation du masque en public partout, spécifier les modalités des enterrements, etc.
Le président Azali devrait s’exprimer dans ce sens. Il faut calmer la population pour que nous puissions tous affronter dans la sérénité la situation qui se présente.
Idriss (28/04/2020)

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